Le président du Niger demande " un mandat plus offensif " pour la force de l'ONU au Mali

Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, dont les forces de sécurité ont été frappées à plusieurs reprises ces dernières semaines par des groupes jihadistes venus du Mali, a demandé samedi "un mandat plus offensif" pour la force onusienne dans ce pays voisin.
 
"Il faut que la Minusma (la Mission de l'ONU au Mali) ait un mandat plus offensif", a affirmé Mahamadou Issoufou à l'occasion de la venue au Niger du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, qui a déjà formulé cette exigence à maintes reprises.
 
"La Minusma ne peut plus être passive et compter les morts", "nos éléments ne sont pas là pour servir de chair à canon", a lancé "IBK" en demandant également "un renforcement" du mandat onusien lors d'une conférence de presse.
 
"Si le Niger a été victime récemment d'attaques, cela montre bien que les menaces terroristes n'ont pas disparu" dans le Nord malien voisin du Niger, a observé le président nigérien, qui propose une "synergie" entre Barkhane, l'opération française dans le Sahel, la Minusma et les troupes des pays de la zone.
 
L'ouest du Niger, proche du Mali, a été victime de trois attaques depuis fin octobre, faisant une dizaine de tués, essentiellement des militaires.
Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), lié à Al-Qaïda, a revendiqué la plus sanglante, qui a coûté la vie fin octobre à neuf membres des forces de sécurité.
 
Fin septembre, l'ONU s'était inquiétée de la résurgence "incontestable" des jihadistes dans le nord du Mali, où plusieurs soldats de l'ONU ont été tués ces derniers mois, les Tchadiens en particulier ayant payé un lourd tribut depuis leur engagement au Mali.
L'assaut le plus meurtrier contre l'ONU avait été perpétré le 3 octobre dans une localité de la région de Gao (nord-est du Mali) contre un convoi de militaires nigériens. Neuf soldats avaient été tués.
 
D'après des chiffres de l'ONU, au 1er septembre, la Minusma comptait près de 9.300 membres de forces militaires et de police au Mali - dont quelque 1.200 Tchadiens et 900 Nigériens -, essentiellement déployés dans les régions du Nord.
 
Source AFP
PRN HONEYPOT