Réunion sur la crise migratoire à Paris « Le Niger est très fortement engagé dans la lutte contre la migration irrégulière pour deux raisons : morale et sécuritaire», a déclaré le Président Issoufou Mahamadou

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou, a pris part lundi après-midi, 28 août 2017, au Palais de l’Elysée à Paris, aux côtés du Président français SEM Emmanuel Macron et de six autres dirigeants africains et européens (Tchad, Libye, Allemagne, Espagne, Italie et Union Européenne), à une réunion de travail sur le contrôle et la gestion maîtrisée des flux migratoires en provenance d'Afrique.
Lors d’une conférence de presse conjointe des huit Chefs de délégation, peu avant de recevoir les questions des journalistes, le Président Issoufou Mahamadou a évoqué les principales causes de l’immigration clandestine, les efforts fournis par le Niger contre ce fléau et les solutions à y apporter à court et long terme.
Le Chef de l’Etat a d’abord salué l’initiative du Président français de convoquer cette importante rencontre autour de cette question majeure.
En novembre 2015, a rappelé SEM Issoufou Mahamadou, le Sommet entre l’Europe et l’Afrique sur la Migration à la Valette,   a diagnostiqué la situation et a mis l’accent sur les causes profondes de la migration.
Il s’agit de l’insécurité, une des conséquences du terrorisme et du crime organisé (qui sévissent dans certaines régions notamment au Sahel et dans le Bassin du Lac Tchad) et de  la pauvreté d’où les problèmes de développement que cela pose.
Le Chef de l’Etat a également cité le changement climatique et le défi démographique. A ce sujet, SEM Issoufou Mahamadou  a  expliqué qu’il y a une telle pression démographique dans certains pays que les populations sont obligées de migrer compte tenu  de la rareté des ressources.
« Je note avec satisfaction que nous avons décidé  de continuer à nous attaquer à ces causes profondes des migrations », a affirmé le Président de la République.
En ce qui concerne le Sahel, le Chef de l’Etat s’est également réjoui de ce que la réunion  a décidé de « soutenir les efforts que nous sommes en train de faire pour chasser le terrorisme du Nord Mali en appuyant la Force Conjointe du G5 Sahel. »
« J’ai noté la préoccupation sur la Libye, la nécessité de sortir du chaos libyen et  de stabiliser ce pays, l’appui qu’il faut apporter aux pays qui sont en butte contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad », a encore dit le Président Issoufou Mahamadou.
Tout cela se tient et permettra de contribuer à mettre en place des solutions à long terme par rapport à la migration irrégulière, a-t-il expliqué.
Le Niger est très fortement engagé dans la lutte contre la migration irrégulière pour deux raisons, a-t-il dit.
« La première raison est morale parce que le dirigeant africain que je suis, trouve insupportable que des milliers d’africains viennent mourir dans le désert et en Méditerranée. Donc je me suis engagé très fortement pour cette raison-là, pour mettre fin à ce fléau. »
« Mais aussi le Niger est fortement engagé pour des raisons securitaires parce que les passeurs qui amènent les migrants en Libye reviennent au Niger avec des armes, cela nous pose donc un problème de sécurité », a-t-il ajouté.
C’est pour cela que le Niger, un peu avant la rencontre de la Valette, a conçu un Plan de lutte contre la migration clandestine sur deux aspects : sécuritaire et développement économique et social, a expliqué le Président de la République.
L’aspect sécuritaire concerne le soutien à la justice et le renforcement des capacités  des Forces de Défense et de Sécurité du Niger (pour mieux contrôler les frontières du pays et surveiller le territoire, apporter le soutien aux migrants) tandis que  le  volet ‘’développement économique et social’’ permettra d’offrir des activités alternatives aux passeurs pour les inciter à abandonner cette activité criminelle, à se  tourner vers des secteurs comme   le tourisme, l’artisanat, l’agriculture …
« Je me réjouis du soutien de l’Union Européenne pour la mise en place de ce plan et du soutien que nous recevons de manière bilatérale des pays dont certains sont représentés à cette réunion (Allemagne, France, l’Italie et l’Espagne), a dit le Chef de l’Etat.
Mais le Président Issoufou Mahamadou a indiqué que « nous n’avons pas malheureusement la totalité de la couverture des besoins de ce programme » et  pour cela, il a également salué « le soutien que la réunion nous apporte afin de pouvoir trouver la totalité du financement pour mettre en œuvre ce Programme de lutte contre la migration clandestine dans ces deux aspects sécuritaire et développement économique et social.»
Au sujet des demandeurs d’asile, SEM Issoufou Mahamadou a noté que les mesures prises par la réunion permettront de mieux venir en aide à ces personnes.
« Au Niger, nous sommes en  train de travailler avec le HCR et l’OIM dans ce secteur et la décision que la réunion vient de prendre permettra de renforcer nos actions dans ce sens», a-t-il indiqué. 

Le Président Issoufou Mahamadou s’est également réjoui du fait que le mini sommet des dirigeants africains et européens  a mis en place une Task Force, une équipe opérationnelle de suivi des décisions que la réunion a arrêtées.

En prenant le premier la parole lors de cette conférence de presse, le Président français SEM Emmanuel Macron a rappelé que les flux migratoires illégaux et massifs affectent les pays africains et européens de façon très différente mais nous déstabilisent tous « parce que nous ne sommes pas parvenus à les maitrisons et que nous continuons à les subir. » 
« Nous devons agir tous ensemble de façon efficace, des pays d’origine jusqu’à l’Europe en passant par les pays de transit (Niger, Tchad et Libye) pour mener une action efficace», a-t-il dit, soulignant que  s’attaquer à cette question de l’immigration,  c’est un défi aussi bien pour l’Union Européenne que l’Union Africaine.
Evoquant les actions salutaires menées dans ce domaine, M. Macron a affirmé qu’il mesure « les efforts consentis par le Niger et le Tchad qui font face à des flux très importants qui s’ajoutent aux défis securitaires et de développement.»
Il a également remercié le Premier Ministre libyen car « la Libye est aussi déstabilisée par les flux migratoires massifs qui viennent du sud alors qu’elle fait face à des défis internes extrêmement conséquents.»
Face à ces problèmes, le Président français a annoncé que la réunion a adopté un Plan d’action à court terme qui porte plusieurs réponses très concrètes  pour démanteler les trafiquants d’armes, de vies humaines, de drogues et les groupes  liés au terrorisme.
« Nous allons avec les partenaires européens  renforcer la coopération avec les pays d’origine et les pays de transit pour démanteler ce réseau de trafiquants illégaux», a-t-il ajouté.
« Depuis juin 2016, a dit le Président Macron, le Niger a commencé un travail extrêmement conséquent que je vais saluer et qui a produit les premiers résultats, c’est cela que nous voulons généraliser, aider le Tchad à le mettre en œuvre, la Libye également et permettre un démantèlement à travers l’identification des coupables, à travers un vrai travail sécuritaire et judiciaire. »
A cela s’ajoutent les mécanismes de contrôles aux frontières, les actions ciblées, le développement économique des communautés locales, a-t-il  noté. 
Cette réunion   a également  permis de mettre en œuvre des actions très concrètes en amont de ces flux migratoires et en particulier dans les deux grands pays de transit en amont de la Libye que sont le Niger et le Tchad, a indiqué le Président français, saluant à nouveau le « travail des deux présidents nigérien et tchadien à cet égard, leur engagement profond pour lutter contre les trafics et réussir à contenir ces flux.»
Les autres chefs de délégation ont également évoqué les différents aspects liés à l’immigration clandestine, insistant  sur les réponses urgentes à apporter et celles à moyen et long terme.

PRN HONEYPOT