Discours

Déclaration de Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Lors de la Session 2017 des Rencontres Mondiales pour la Paix organisées par la Communauté de Sant ‘Egidio

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer et de remercier Madame Angela Merkel pour l'hospitalité qui nous est toujours offerte chaque fois que nous sommes en Allemagne.

Permettez-moi aussi d'exprimer mes remerciements aux responsables de la Communauté de Sant ’Egidio et en particulier à son Président Monsieur Marco Impagliazzo, pour m’avoir convié aux assises de la présente session.

Je tiens à saluer le travail irremplaçable de Sant ‘Egidio qui, des décennies durant, a mené des initiatives les plus audacieuses pour développer le dialogue entre parties à différents types de conflits, pour rapprocher des dirigeants et des peuples divisés, pour promouvoir la paix dans le monde.

La Communauté Sant ’Egidio, grâce à son travail au niveau international dans l’éducation, l’action humanitaire, la promotion et la protection des droits humains, la promotion du développement économique durable ainsi que la promotion de la compréhension, la tolérance et la solidarité, apporte à l’humanité une contribution inestimable dans le renforcement de la culture de la paix.

Alors qu’elles paraissaient souvent improbables, ces initiatives ont été couronnées de succès parce que Sant ‘Egidio incarne et promeut les valeurs de notre humanité commune ; ces mêmes valeurs, si essentielles, qui doivent pousser tous les peuples du monde, quelles que soient leur religion, leur couleur de peau ou leur appartenance géographique, à la solidarité et à la poursuite des objectifs du bien-être collectif.  La très bonne réputation de Sant ‘Egidio fondée sur son brillant palmarès est bien méritée, parce qu’elle reflète si justement son apport inestimable et unique en son genre dans la résolution des conflits et la promotion de la paix et de la réconciliation.

En tant que dirigeant et acteur de la vie politique nigérienne, des souvenirs vivaces me lient à la Communauté de Sant'Egidio : C’est notamment le cas de l’aide apportée au Niger par Sant’egidio, à un moment où mon pays en avait le plus besoin, à travers l’initiative d’un Pacte Républicain, signé par de nombreuses personnalités politiques Nigériennes en 2010 à Rome, et qui a permis de restaurer le cadre démocratique et institutionnel au Niger. 

C’est aussi le cas pour la visite à Niamey en février 2012 de Monsieur Andrea Riccardi, alors Ministre des Affaires Etrangères à l’occasion de son premier voyage en Afrique, tout comme pour ma propre visite au siège historique de Sant ’Egidio en avril 2017.
Je tiens donc à réaffirmer ici le grand intérêt que le Niger accorde au travail original de Sant ’Egidio, à son magistère bienfaisant au service des peuples du monde.

Mesdames Messieurs,

Permettez-moi de saluer la pertinence du thème des présentes assises à savoir « les chemins de la paix ». La question de la paix est toujours d'une brulante actualité. Il me parait indispensable d'évoquer, ici, certaines des causes profondes des conflits qui secouent le monde.

D'abord les inégalités. Les inégalités qui existent aujourd'hui dans le monde, inégalités entre pays et inégalités à l'intérieur d'un même pays sont générateurs de conflits. L'histoire de ces 30 dernières années montre que le fossé entre riches et pauvres ne fait que s'élargir.

La deuxième cause de conflit que je souhaite aborder est la pauvreté. Des millions d'êtres humains sont toujours exposés à la faim et n'ont accès ni à l'éducation, ni à l'eau potable, ni aux soins de santé. C'est le cas en particulier des femmes et des enfants qui constituent les couches les plus vulnérables dans beaucoup de pays.

L'intolérance est une autre cause de conflit. Étymologiquement, "tolérer" veut dire "souffrir la présence de l'autre". "L'autre", c'est aussi bien une opinion qu'un individu, une culture qu'une société, aussi bien une religion qu'une communauté. Ainsi, appelle-t-on barbares ceux qui sont d'une autre civilisation, ignorant que les cultures s'enrichissent en s'interconnectant. En effet, pour citer un exemple, on oublie souvent que des innovations comme la charrue, le cheval de trait, la boussole, la poudre à canon, l'imprimerie, venaient de Chine, et ont contribué à féconder la civilisation occidentale.

Comme on le sait, le problème clé de la relation à l'autre est la reconnaissance. Il est important de reconnaitre que tous les êtres humains, quels que soient leur origine, leur religion, leur race, leur âge leur sexe, ont la même dignité. Il faut aussi accepter que le monde est culturellement divers. Il faut avoir l'esprit ouvert et construire des ponts entre civilisations et non des murs. Une culture close est une culture qui se refuse à être fécondée par des apports extérieurs.

L'intolérance est inséparable du dogmatisme. Or, avec ou sans Dieu, le dogmatisme est toujours dangereux. Il conduit au terrorisme aussi bien sur le plan politique que sur le plan religieux.
Parler du terrorisme et de l’intégrisme aujourd’hui, renvoie presque exclusivement à la religion musulmane alors qu’historiquement les musulmans se sont montrés tolérants dans leurs sociétés, en Andalousie comme dans l’empire Ottoman à l’égard des Chrétiens comme à l’égard des Juifs. Dans l’histoire passée, l’Islam a eu une tradition d’ouverture et de tolérance, et le Jihad veut dire non pas la guerre sainte mais l’effort de résistance au mal en soi et de réforme de soi vers le bien.

Sur le plan idéologique et historique nous disposons donc de toutes les armes pour combattre le terrorisme jihadiste. Sur le plan militaire, nous nous efforçons de le vaincre dans le bassin du Lac Tchad où la Force Mixte Multinationale composée des contingents de quatre pays (Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad) combat Boko Haram. Nous nous efforçons également de le vaincre au Sahel, notamment au Mali avec la force conjointe du G5 Sahel composée des contingents du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad. Cette force manque cruellement de moyens, je profite de la présente tribune pour lancer un appel à la communauté internationale afin de la doter de moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Mesdames, Messieurs,

Il est important de promouvoir le dialogue inter-religieux et intra religieux. Nous avons le devoir d'en parler, surtout ici en Westphalie où a été enterrée, en 1648, la hache de la guerre des religions. Pour qu’il soit fécond, ce dialogue doit se faire dans le respect, en absence de tout prosélytisme et de tout syncrétisme.

C’est dans cet esprit que nous avons créé au Niger, des comités de dialogue inter-religieux et intra religieux. Ces comités de dialogue inter-religieux et intra religieux sont créés au niveau départemental et au niveau régional pour débattre de toutes questions ayant trait aux pratiques religieuses, ainsi que de tout différent entre associations qu’elles soient de la même obédience religieuse ou non. Compte tenu du succès enregistré par ces comités, un comité National de dialogue inter religieux est en cours de création pour la prise en charge des mêmes questions au niveau national.

La démarche du Niger part du constat que toutes les religions monothéistes prônent les mêmes valeurs positives essentielles à la culture de la paix notamment le pardon, la tolérance, la générosité, l’altruisme, le respect de la personne et de la vie humaine, etc.

Par ailleurs, il a été créé une Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP). Elle déploie ses activités sur le territoire national avec beaucoup de succès. Les activités de cette institution ont été recentrées autour des actions de développement pour marquer le lien indéfectible entre paix, Sécurité et Développement. Les actions de la HACP visent ainsi à revitaliser l’économie nationale en produisant des dividendes de paix immédiats au profit des populations cibles. Il s’agit entre autres des activités relatives à l’établissement de services administratifs essentiels, à l’encadrement technique et à l’appui institutionnel aux collectivités des zones sensibles, à la réalisation des services sociaux de bases comme la santé, l’éducation, l’hydraulique.

La HACP a également mis l’accent sur le renforcement des capacités dans la promotion de la coexistence et la résolution pacifique des conflits entre les communautés d’éleveurs et celles d’agriculteurs, à travers des rencontres de la paix. Il s’agit de renforcer la culture du débat démocratique contradictoire et développer les capacités de compromis et de consensus chez les acteurs intéressés ou concernés par les conflits.

Mesdames et Messieurs,

Les inégalités, la pauvreté, l'insécurité provoquée par le terrorisme et les organisations criminelles notamment de trafic de drogue, constituent, comme on le sait, certaines des causes profondes de la migration clandestine contre laquelle nous nous battons au Niger. Ce combat, nous le poursuivrons car il nous parait moralement inacceptable que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants meurent dans le désert et en méditerranée. Nous le poursuivrons également pour la sécurité de notre pays car les passeurs sont à la fois des trafiquants d'armes et d'êtres humains. 

 

Mesdames et Messieurs,

Ce que je viens de dire peut être résumé en quelques mots par cette phrase de Nelson Mandela, ce leader visionnaire qui inspire au-delà de l’Afrique: ‘’ Personne ne pourra se reposer en paix tant que des gens seront courbés par le poids de la faim, des maladies, du manque d’éducation, et tant que des millions d’autres personnes à travers le monde vivront dans l’insécurité et la crainte quotidienne’’

J'encourage donc Sant'Egidio à poursuivre son combat pour la paix, contre la pauvreté et la faim, contre les inégalités, pour le dialogue inter et intra religieux et pour un monde plus juste et plus humain.

Je vous remercie.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU NIGER CHAMPION DE L'UNION AFRICAINE POUR LA ZONE DE LIBRE-ECHANGE CONTINENTALE, A L’OCCASION DE LA TROISIÈME RÉUNION DES MINISTRES AFRICAINS DU COMMERCE

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Ministres,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Commissaire Chargé du Commerce et de l'Industrie, de la Commission de l'Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Consulaires,

Mesdames,  Messieurs.

 

Je voudrais avant tout propos souhaiter la bienvenue aux participants à cette  troisième réunion des Ministres africains du Commerce sur la zone de libre-échange continentale. Le Niger et son peuple sont fiers et heureux  d’abriter cette importante rencontre consacrée à la promotion du  développement économique et social et à l’accélération de l’intégration de notre continent.

 

Le Président Kwame Nkrumah, un des pères fondateurs de l’organisation de l’unité Africaine, ancêtre de l’Union Africaine actuelle, disait parlant de l’avenir de notre continent : « l’Afrique doit s’unir ou périr ».  Chaque fois que je regarde la carte de l’Afrique avec ses 54 Etats, j’ai l’impression de regarder un miroir brisé et je mesure la justesse des propos de ce grand leader Africain.

 

Les chefs d’Etat et de Gouvernement Africains ont pris conscience, certes avec un peu de retard, de la nécessité de l’union des  Etats  du continent, et ont engagé un certain nombre d’initiatives dans ce sens, notamment la transformation institutionnelle de l’organisation de l’unité Africaine en Union Africaine et l’élaboration d’un cadre stratégique de développement à long terme dénommé Agenda 2063. L’Agenda 2063 est une vision à long terme qui fixe les objectifs à atteindre par le continent, en 2063,  année du centième anniversaire de la création de l’organisation de l’unité Africaine.

 

L’Afrique, a en effet besoin d’accélérer la mise en œuvre des engagements de la vision 2063, qui constitue désormais le but commun vers lequel doivent tendre toutes les actions.

 

 

L’avenir que nous voulons pour l’Afrique est bien défini. En effet nous nous sommes solennellement engagés à atteindre les aspirations suivantes :

 

-         Une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ;

-         Un continent intégré, uni sur le plan politique et ancré dans les idéaux du panafricanisme et la vision de la renaissance africaine ;

-         Une Afrique où bonne gouvernance, démocratie, respect des droits de l’homme, justice et état de droit sont à l’ordre du jour ;

-         Une Afrique vivant dans la paix et dans la sécurité ;

-         Une Afrique dont le développement est axé sur les populations, qui s’appuie sur le potentiel de ses populations, notamment celles des femmes et des jeunes, qui se soucie du bien-être des enfants. Et

-         Une Afrique qui agit en tant qu’acteur et partenaires forts, unie et influente sur la scène mondiale.

 

 

C’est  justement pour répondre à ces aspirations que nous avons notamment décidé de la création de la Zone de Libre Echange Continental (ZLEC) d’ici la fin de l’année 2017. Une zone de libre-échangeest un espace économique dans lequel des États membres éliminent entre eux les droits de douaneainsi que les restrictions quantitatives à l'importation. Avec la mise en place de la ZLEC, l’Afrique toute entière, ne sera qu’un marché unique de 1,3 milliards de consommateurs où les produits circulent et s’échangent librement. La ZLEC constituera un cadre harmonisé de production et de commercialisation en mesure de booster la croissance de l’ensemble des Etats du continent. L’Afrique pourra réaliser son ambition de transformation locale de ses matières premières et d’amélioration de son poids dans le commerce mondial.

 

 Du fait de l’importance accordée à ce projet, l’Union Africaine en a fait le premier objectif de son Agenda 2063, et les chefs d’Etat et de Gouvernement portent à sa réalisation une attention particulière. C’est à ce titre qu’ils m’ont fait l’honneur de me désigner champion pour ce projet, c’est-à-dire responsable du suivi de sa préparation à son achèvement, à charge de leur rendre compte lors de nos rencontres au sommet.

 

C’est une responsabilité exaltante qui m’honore et que j’ai acceptée avec le plus grand plaisir car je sais que je peux compter sur votre engagement personnel en tant que Ministres chargés de la promotion du commerce dans vos pays respectifs ainsi que sur le soutien de Chefs d’Etat et de Gouvernements africains.

 

 C’est une charge dont je mesure la gravité au regard des contraintes spécifiques auxquelles pourraient faire face certains pays du continent sur cette question, mais je ne doute pas que la volonté d’intégration des peuples africains primera sur les intérêts particuliers des Etats et sera la boussole qui vous guidera pour  progresser rapidement vers l’atteinte de notre objectif, celui de soumettre à la sanction des autorités de l’union Africaine un projet de protocole consensuel à l’échéance de Décembre 2017.

 

   Mesdames et Messieurs,

 

 Votre réunion d’aujourd’hui constitue par conséquent une étape cruciale pour la concrétisation de la décision des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Union Africaine de janvier 2012, relative au Plan d'action pour le renforcement du commerce intra-africain, qui a convenu d'une feuille de route pour la création d'une Zone de Libre-échange Continentale  à l’horizon 2017.

 

Vous avez entre vos mains les conclusions du Forum de négociations de libre échange qui, après six sessions, vous a soumis ses propositions sur le Protocole portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale. Il vous appartient de les examiner de manière approfondie, pour apporter le cas échéant, les améliorations nécessaires.

 

Je ne doute pas que vous allez adopter une méthodologie de travail dynamique qui vous permettra de faire de grandes avancées afin que, à  la quatrième session que vous prévoyez de tenir ici à Niamey, au mois d’octobre prochain, vous puissiez  finaliser le projet de protocole,  atteignant ainsi à temps l’objectif de la haute mission qui vous a été assignée.

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Nous pouvons mettre fin au  paradoxe d’une Afrique qui regorge d’énormes ressources naturelles et dont les populations sont les plus pauvres du monde, une Afrique exportatrice de matières premières sans aucune transformation et dont les pays sont victimes de la détérioration des termes de l’échange, une Afrique dont la contribution au commerce mondial est marginale. Il suffit tout simplement d’avoir  foi dans l’entreprise commune consistant à rassembler les 54 Etats africains dans une zone de libre-échange Continentale, avec un marché de plus d’un milliard d’habitants et un Produit Intérieur Brut de plus de 3400 milliards de dollars.

 

Notre devoir sera alors, en tant qu’africains, de nous investir davantage sur nos propres priorités, sur notre propre marché, et de sortir nos économies de l’extraversion qui les a trop longtemps caractérisée. Et, à cet égard, la jeunesse et les opportunités  offertes par l’économie numérique représentent justement des éléments clés pour créer une nouvelle économie de la production fondée sur le développement  des start-ups propres à élargir la classe moyenne africaine et le développement du continent.

 

 

Il est aujourd’hui déplorable de constater que le commerce intra africain ne dépasse pas 13% des échanges globaux de l’Afrique, faute de filières industrielles endogènes à même de satisfaire les marchés intérieurs. Selon l’Organisation Mondiale du commerce, la part des exportations de l’Afrique destinées à ses propres marchés, ne représentent que 17,7% du total en 2014, contre 36% vers l’Europe et 23% vers l’Asie.

 

La Zone de Libre Echange Continentale pourrait contribuer à développer le commerce intra africain, à améliorer la compétitivité au niveau de l’industrie et des entreprises, en exploitant les possibilités d’une production à grande échelle, l’accès aux marchés continentaux, et une meilleure réaffectation des ressources. Elle constitue,  par conséquent, l’une des conditions de l’affirmation de la place de l’Afrique dans l’Economie mondiale.

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

         L’Afrique s’est résolument engagée dans la voie de son développement économique et social, en adoptant des stratégies volontaristes dans ce sens, dont la lame de fond est l’Agenda 2063. C’est une vision qui est en phase avec les autres initiatives mondiales et en particulier les Objectifs du Développement Durable des Nations Unis.

 

         La bonne gouvernance constitue désormais une exigence que les citoyens africains mettent en avant pour désigner leurs dirigeants et mettre en place les  institutions qu’ils choisissent. Les conséquences de ce choix par les africains ont abouti à une relative stabilité économique dans le cadre des communautés économiques régionales africaines. Cette situation démontre la pertinence des politiques d’intégration de nos pays et la nécessité de la conforter pour garantir nos pays contre les chocs exogènes. Il est en effet incontestable que l’insécurité et le terrorisme, les migrations illégales et les trafics criminels d’êtres humains, qui  sapent nos efforts de développement économique et social, seront plus efficacement combattus par des pays africain prospères et  intégrés.

 

         Il est heureux de constater le niveau élevé d’intégration atteint par les pays africains, au niveau de certaines de nos communautés économiques régionales. Certaines, parmi elles, sont dans une dynamique tripartite, comme c’est le cas au niveau de l’Afrique de l‘Est, australe et centrale, avec l’accélération de la coordination du processus d’intégration entre le Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA), la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), et la Communauté de l’Afrique de l’Est (’EAC). C’est ce même esprit qui prévaut au niveau de la CEDEAO, où les efforts d’intégrations sont réels, avec la libre circulation de personnes et des biens et la volonté d’approfondir le processus, y compris en accélérant la mise en place d’une monnaie unique.

 

         C’est dire, Mesdames et Messieurs les Ministres, que les bases de l’intégration africaine à travers le libre-échange continental sont déjà jetées. Il s’agit pour nos pays de garder ce cap qui nous est prescrit par l’Agenda 2063. Il s’agit de renforcer notre engagement dans nos communautés économiques régionales et d’aborder les prochaines étapes de l’Union douanière et de l’Unité de notre continent.

 

Nous pouvons donc être fiers de contribuer ainsi au processus d’intégration de notre continent. Les Ministres de Commerce que vous êtes sont les artisans de cette transformation qualitative de la place de l’Afrique dans le commerce mondial, une place qui tiendra désormais compte du poids véritable de l’Afrique et des africains dans la création de la richesse globale et, par voie de conséquence,  de l’influence du continent sur la scène internationale.

 

Avant de terminer mon propos, je tiens à remercier chacun et chacune de vous pour  votre dévouement au service de l’Afrique, qui vous a permis  d’atteindre dans des délais très courts, le niveau actuel d’avancement dans l’exécution de la mission qui vous a été confiée.

 

Je voudrais aussi vous exprimer l’engagement du gouvernement nigérien à adhérer aux décisions communes qui seront adoptées par nos instances continentales sur la zone de libre-échange continentale. Le Gouvernement nigérien est, en cela, en phase avec les aspirations profondes du peuple nigérien, qui est un fervent partisan de l’intégration. Je ne doute pas que les populations africaines sont animées du même esprit d’unité et d’engagement.

 

Sur ce je déclare ouverte la troisième session de la réunion des Ministres Africains du Commerce sur la zone de libre-échange continentale.

 

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER, CHEF DE L’ETAT, A LA CONFERENCE SUR LE « PARTENARIAT AFRIQUE G20 – INVESTIR DANS UN AVENIR COMMUN »

Excellence Madame la Chancelière;

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs ;

 

Permettez-moi tout d’abord de m’acquitter d’un agréable devoir, à savoir adresser au Gouvernement et au Peuple allemands notre profonde gratitude pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et pour tous les soins dont nous sommes entourés depuis notre arrivée dans cette ville combien belle et historique de Berlin.

 Qu’il me soit également permis de remercier très sincèrement la Chancelière Fédérale Dr Angela Merkel pour l’intérêt tout particulier qu’elle accorde à l’Afrique.

La présente conférence qui porte sur le partenariat G20-Afrique qu’elle a bien voulu organiser ici à Berlin, en témoigne éloquemment. En témoigne aussi sa décision de faire de 2017, l’année de l’Afrique en Allemagne.

 

Mesdames et Messieurs

 

L’Europe et l’Afrique ont un destin commun. En témoignent la proximité géographique, une partie de leur histoire commune ainsi que les brûlants problèmes de la migration, du terrorisme et de crime organisé. Par ailleurs, le développement de l’Afrique peut soutenir la croissance en Europe et de manière générale dans le monde. L’Afrique a besoin de l’Europe qui, à son tour, a besoin de l’Afrique. Il est donc normal que les deux continents investissent dans un avenir commun. Cela nécessitera, des efforts de part et d’autre dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Cela justifie que l’Europe et l’Allemagne pèsent de tout leur poids, au sein du G20, pour qu’un véritable plan Marshall, désormais plan Merkel, soit conçu  et mis en œuvre pour le développement de l’Afrique.

 

Mesdames et Messieurs

Le premier Plan Marshall, celui des Etats-Unis d’Amérique en faveur de 13 pays Européens, a nécessité la mobilisation de 4% du PIB des Etats-Unis pendant cinq ans, de 1947 à 1951. Le plan Merkel en faveur de l’Afrique nécessitera plus de temps et certainement beaucoup de ressources. Déjà, dans le cadre des objectifs de développement durable(ODD), les besoins d’investissement de l’Afrique sont évalués à 600 milliards de dollars par an, jusqu’en 2030. Cela représente environ 1% du PIB des pays du G20 ou 1,5% de celui des pays du G7.

En 2015, le montant de l’aide publique étant seulement de 50 milliards, il est évident qu’il faut d’autres sources de financement pour couvrir ces besoins. Ces sources de financement sont :

-        L’accroissement des recettes fiscales internes des Etats africains dont la pression fiscale moyenne n’est que de 17% contre 35% pour les pays de l’OCDE. Au Niger, notre objectif est un taux de pression fiscale de 20% en 2020 et de 25% en 2030. Pour réaliser cet objectif il faut que l’Afrique cesse d’être un simple réservoir de matières premières et il faut que le commerce entre elle et le reste du monde soit équitable.

-        Les investissements privés qui peuvent être catalysés par l’aide publique au développement. Pour les attirer, les Etats Africains doivent promouvoir la bonne gouvernance politique et économique. Plus précisément il s’agit de garantir les libertés et de lutter contre la corruption. Il s’agit aussi de créer les conditions d’un climat favorable aux affaires, d’assurer la paix et la sécurité.

C’est à tout cela que nous nous attelons au Niger où les libertés sont garanties, la lutte contre la corruption progresse, les réformes sur le climat des affaires se poursuivent, une lutte implacable est menée contre le terrorisme et le crime organisé, pour garantir la paix et la sécurité. Le Niger a également mis en place un excellent cadre de partenariat public-privé.    

Par ailleurs, l’accélération de l’intégration peut aider au développement du Continent. C’est le lieu de rappeler que le processus de mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale doit déboucher sur un accord d’ici la fin de l’année. La réunion des Ministres du Commerce qui se tient à Niamey les 15 et 16 Juin 2017 constitue une étape importante de ce processus.

 

Mesdames et Messieurs

L’Afrique a une vision, celle qui est définie dans l’agenda 2063. Elle a aussi une structure démographique favorable avec un actif démographique qui peut être transformé en dividende économique.                                                                                                                                                    

Il s’agit là de deux conditions favorables à la mise en œuvre d’un plan Merkel dont les objectifs doivent être centrés sur :

-        Le développement du capital humain.  Au Niger nous avons décidé de consacrer 25% de nos ressources budgétaires à l’éducation notamment celle des jeunes filles. Nous mettons un accent particulier sur la formation professionnelle et technique qui représentera 40% du système éducatif en 2020. Nous mettons également l’accent sur l’accès aux soins de santé notamment en matière de santé de la reproduction afin de relever le défi de la transition démographique

-         Les infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et de télécommunication. Il s’agit ici de créer les conditions d’une meilleure compétitivité de l’économie et d’exploiter les avantages offerts par la révolution numérique.

-        La promotion du développement agricole qui se traduit au Niger par la mise en œuvre de l’initiative 3N « les Nigériens nourrissent les Nigériens » qui vise la faim zéro en 2021. La promotion du développement agricole est le meilleur instrument de lutte contre la pauvreté qui, en Afrique, est rurale et féminine. La promotion de développement agricole suppose, bien entendu, la lutte contre le changement climatique qui dégrade les terres cultivables.

 

Mesdames et Messieurs

« J’ai voyagé à travers l’Afrique. Je n’ai pas vu de mendiants ni de voleurs. J’ai vu des personnes avec de hautes valeurs morales et je pense que nous ne pouvons pas conquérir ce pays à moins que nous ne brisions/ effacions la colonne vertébrale de cette nation qui est sa spiritualité et son héritage culturel. Par conséquent je propose que l’on remplace son ancien système éducatif et culturel, ainsi quand les Africains penseront que ce qui vient de l’étranger et en particulier de l’Angleterre est meilleur que ce en quoi ils croyaient, ils perdront l’estime de soi, leur culture et ils deviendront ce que nous voulons qu’ils soient, à savoir une véritable nation dominée ». Ces mots sont de Lord Macaulay qui, le 2 février 1835, prononçait un discours devant le parlement Britannique. Pour que le plan Merkel réussisse, l’Afrique doit se redresser, retrouver cette estime de soi indispensable aux grandes ambitions. Elle doit renaitre sur le plan culturel et se moderniser sur le plan social, politique et économique. Elle doit aussi être mieux représentée au sein des instances internationales notamment au sein du conseil de sécurité conformément à la position commune définit dans le consensus d’Ezulwini.

 

Je vous remercie.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER, CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DE LA SIXIEME REUNION DU COMITE DE HAUT NIVEAU SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS L’ESPACE UEMOA

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie, tous, d’avoir marqué de votre présence la sixième session du Comité de Haut Niveau sur la Sécurité Alimentaire et nutritionnelle dans l’espace UEMOA. Je vous souhaite naturellement un excellent séjour au Niger.

Depuis six ans, notre Comité a eu à se réunir une fois par an pour entériner l'information relative au statut alimentaire de notre région sur la base des analyses du dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires et du Réseau de Prévention des Crises Alimentaires, pour partager les expériences sur les approches pertinentes en matière de développement agricole et de promotion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le Comité est aussi un cadre d'orientation stratégique et technique.

 

Sa présente session est consacrée à l’examen de la situation agropastorale 2016-2017 et aux perspectives de la campagne d’hivernage 2017-2018. Elle se tient dans un contexte particulier marqué par la persistance de la situation sécuritaire dans le Sahel et le Bassin du Lac Tchad, l’apparition dans la région, de la chenille légionnaire d’automne après l’épidémie de la fièvre de la vallée du Rift.

 

A cette situation s’ajoutent, la crise alimentaire qui sévit dans la région, malgré la bonne production agricole enregistrée l’année passée, et la baisse des revenus des populations due à la récession économique au Nigeria.

 

Prenant en compte l’importance des échanges intracommunautaires dans le renforcement de la sécurité alimentaire, lors de la cinquième session, j’avais insisté sur le respect des textes communautaires en matière de libre circulation ainsi que le développement des infrastructures terrestres (routières, ferroviaires) mais aussi, la prise en compte de l’impact des échanges au sein de la CEDEAO sur la sécurité alimentaire.

J’avais également demandé d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine session, la possibilité d’ouverture du Comité aux Ministres en charge de l’Environnement, de la Pêche et de l’Aquaculture.

 

Lors de la précédente session, j’avais également insisté sur la nécessité de disposer d’une énergie en quantité suffisante et à faible coût mais également sur :

 

-      l’instauration d’un mécanisme de suivi des recommandations et la nécessité de systématiser l’état de leur mise en œuvre, à chaque réunion des Ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche de l’UEMOA ;

-      l’amélioration de la maîtrise de l’eau ;

-      l’accroissement de la productivité agricole ;

-      le renforcement de la qualité de stockage des produits ;

-      le suivi des statistiques agricoles et l’information des marchés agricoles ;

-      la systématisation de l’estimation de la production fourragère chaque année.

 

Je me réjouis de constater que sur l’essentiel de ces sujets, des mesures ont été prises par les acteurs concernés, en particulier les Organes et Institutions de l’Union, tel qu’il ressort des conclusions de la réunion des Ministres qui vient de se tenir.

 

Mesdames et Messieurs,

Le rapport de la réunion des Ministres fait ressortir pour la campagne agricole 2016-2017, une situation agricole globalement satisfaisante avec toutefois, la persistance dans tous les Etats membres, à l’exception de la Côte d’Ivoire, de zones avec des populations en situation de crise alimentaire.

S’agissant de l’élevage, un déficit fourrager et hydrique dû à l’épuisement des ressources fourragères et au faible remplissage des points d’eau de surface, est noté dans les zones pastorales et agro-pastorales des pays sahéliens.

C’est le lieu pour moi d’inviter les Organes et Institutions de l’UEMOA ainsi que les partenaires techniques et financiers à prendre les mesures diligentes en vue de faire face à cette situation d’urgence.

Au demeurant, je voudrais, au nom de mes collègues Chefs d’Etat, vous féliciter pour votre engagement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans notre espace.

L’élaboration du Programme communautaire décennal pour la transformation de l’agriculture pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’espace UEMOA constitue une réponse appropriée en vue d’une solution durable.

A cet égard, j’exhorte la Commission de l’UEMOA à accélérer et intensifier sa mise en œuvre.

Il me plait d’évoquer la contribution du Niger depuis 2011 en matière de développement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Dans la mise en œuvre de l'initiative 3N, le Niger a mis l'accent à la fois sur les solutions structurelles et sur les solutions d'urgence.

Les solutions structurelles ont porté sur:

-      l'accroissement des productions sous-irrigation et des cultures de décrue;

-      L'accroissement et la diversification de la production par la modernisation des cultures pluviales;

-      La sécurisation des systèmes de production animale avec intensification des systèmes à cycle long et à cycle court;

-      La gestion durable des terres et des écosystèmes;

-      La valorisation des produits forestiers ligneux et non ligneux;

-      L'approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agro-alimentaires;

La maîtrise de l'eau et la mise en place de la maison du paysan sont au centre des solutions structurelles.

Par ailleurs, chaque année, le Gouvernement élabore et met en œuvre un plan de soutien pour faire face aux situations d'urgence. Ce plan est axé sur les opérations d'achat des céréales pour le Système National de Sécurité (SNS), les opérations de distribution gratuite ciblée, les appuis en semences d’urgence, les opérations de vente à prix modérés d’aliments bétail aux éleveurs vulnérables, les ventes à prix modérés des céréales aux ménages vulnérables, la mise en œuvre de Programmes cash for work et la réalisation de Bandes pare feux visant à sécuriser les ressources naturelles et à lutter contre la pauvreté ; les Appuis  en vivres aux cantines scolaires.

 

Mesdames et Messieurs,

La vigilance dans le suivi de la situation agropastorale qui démarre doit être accrue surtout dans ce contexte où les questions sécuritaires et humanitaires ont un impact considérable sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

Ce constat est d’ailleurs fait au Niger où l’afflux de nombreux réfugiés et déplacés dans la région de Diffa a fortement dégradé la situation alimentaire des populations.

Je suis convaincu qu’avec la conjonction de tous nos efforts et de l’appui de la Communauté internationale, nous arriverons à contenir toutes ces difficultés.

 

C’est sur cette note d’espoir que je déclare ouverte la sixième réunion du Comité de Haut Niveau sur la Sécurité alimentaire et nutritionnelle.

 

Je vous remercie de votre attention.

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ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER A l’ OCCASION DE LA VISITE DE NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA

Je voudrais, avant tout, exprimer l'immense plaisir que nous avons de vous recevoir aujourd'hui à Niamey.

Nous sommes heureux d’accueillir un frère et un ami, un dirigeant d’un pays avec lequel nous partageons une riche histoire commune, constamment revivifiée par des générations de nigériens, qui ont adopté votre beau pays, si accueillant et si prospère.

 

         Nous sommes aussi heureux d’accueillir le digne représentant du pays de Kwame N’Krumah, fervent défenseur et précurseur de l’intégration Africaine, que nous admirons tous pour son combat courageux en faveur de la dignité et du développement de l’Afrique.

 

Le peuple nigérien et son Gouvernement sont fiers de vous recevoir pour votre première visite au Niger juste cinq mois après votre prise de fonction.

Monsieur le Président,

Votre pays, le Ghana, en accédant à l’indépendance dès 1957, sous le leadership de Dr Kwame Nkrumah, a fortement inspiré les autres pays africains dans leur lutte pour l’émancipation et l’indépendance.

Le combat du Ghana et de ses dirigeants a débordé des frontières nationales pour embrasser l’ensemble du continent dans une perspective de décolonisation totale et d’unité.

Dans ce combat, des six pères fondateurs du Ghana, communément appelés the « big six », trois sont vos parents directs : je veux parler de J. B. Dankwa votre grand-oncle, de William Ofori Atta votre oncle et Edward Akufo Addo votre père.

Aujourd’hui c’est à votre tour de porter haut le flambeau de cette lutte. En effet c’est à vous que le peuple Ghanéen, dans sa recherche de concrétisation de son désir de changement, a fait confiance en vous portant à la magistrature suprême, lors du scrutin du 7 Décembre 2016.

Votre pays le Ghana se distingue aujourd’hui par son fort ancrage dans l’affirmation du processus démocratique dans notre sous-région. Il a su, par la maturité politique de son peuple, par la force de ses institutions, par son attachement aux valeurs démocratiques, toujours surmonter les écueils susceptibles d’affecter la paix sociale.

Vous êtes un des acteurs de cette réussite. Vous avez contribué au succès du modèle démocratique du Ghana en tant qu’acteur majeur de la politique ghanéenne depuis des décennies, que ce soit en qualité de gouvernant ou d’opposant. Votre élection à la présidence de la République consacre, à juste titre, le choix avisé  des ghanéens sur une personnalité capable de prendre efficacement en charge les défis de l’heure. Elle démontre  aussi la vitalité de la démocratie ghanéenne qui respire bien, et qui permet une alternance pacifique.

 

Il s’agit là d’un choix judicieux car vous êtes un avocat de renom et un homme politique aguerri. En effet, qui d’autre que l’avocat connait mieux les problèmes de son client et est en mesure de leur trouver une solution. Vous avez commencé votre carrière politique très jeune comme secrétaire général du parti PMFJ (People’s Movement  for Freedom and Justice) qui avait conduit la campagne du non au  referendum constitutionnel de 1978, contre une constitution imposant un parti unique sous la coupe du régime militaire. Membre fondateur du NPP (New Patriotic Party) en 1992, vous avez été régulièrement élu au parlement de 1996 à 2008 au titre de la circonscription d’Abuakwa sud. Membre du gouvernement de 2001 à 2007 vous avez successivement occupé les postes de ministre de la justice puis des Affaires Etrangères.

Les faits les plus marquants de votre carrière politique furent sans aucun doute votre participation à trois reprises aux élections présidentielles de 2008, 2012 et 2016. Votre patience, votre courage et votre ténacité sont hors normes tant vous étiez si près de la victoire à chacun de ces scrutins. Nous avons tous en mémoire votre score de 49.13% au premier tour des élections de 2008 et vous avez pourtant perdu au deuxième tour avec 49,77%. Cela ne vous a pas empêché de vous représenter en 2012, de perdre et de vous représenter une fois de plus en 2016 année ou vous avez fait l’objet d’un vote populaire massif.    

 

Monsieur le Président,

 

L’Afrique a besoin d’hommes d’Etat comme vous. Du reste je suis convaincu que sous votre direction, le Ghana connaitra une profonde mutation économique et sociale. Je note d’ailleurs que vous arrivez à la tête du Ghana au moment où au niveau de la CEDEAO nous avons décidé de mettre en œuvre le tarif extérieur commun, au moment où nous avons décidé d’accélérer la libre circulation des personnes et des biens, au moment où nous avons décidé de hâter le pas vers la mise en place d’une monnaie commune, sous la direction d’un comité de haut niveau dont vous et moi assurons désormais la présidence conjointe. Je suis sûr que tous ces chantiers, y compris celui relatif à la monnaie, connaitront des avancées certaines sous votre magistère.

 

Monsieur le Président,

Le mouvement des populations entre nos deux pays  constitue un bel exemple d’intégration de nos peuples, qui ont toujours voulu s’établir et résider dans l’un ou l’autre de nos deux pays, conférant ainsi à nos relations une dimension spéciale.

 

Cela est un avantage et une avancée considérable pour le processus d’intégration sous régional, que les dirigeants de nos deux pays ont toujours su préserver et encourager, contribuant ainsi à l’intégration des peuples, sans laquelle on ne peut parler de véritable intégration.

 

Nous avons le devoir, sur le plan bilatéral, d’encourager les services compétents de nos deux pays à  élaborer, adopter et mettre en œuvre des initiatives dans tous les domaines d’intérêt commun, afin de satisfaire aux attentes fortes de nos concitoyens.

 

Nous avons également le devoir de renforcer et de mettre en œuvre les différents accords qui lient nos deux pays, qui souffrent  souvent du manque de suivi ou de la pleine application des dispositions ambitieuses qu’ils comportent, toutes tendues vers le rapprochement et le brassage de nos deux peuples.

 

Nous avons le devoir de multiplier les consultations bilatérales à des niveaux divers, notamment à notre propre niveau ou à celui de nos Ministres, pour suivre la voie que nous ont montré nos concitoyens. Le Commission Mixte entre nos deux pays doit pouvoir tenir des sessions régulières pour apporter les solutions qu’il faut aux questions qui se posent, afin que nous puissions, ensemble, peser davantage dans le processus d’intégration régional.

Votre présente visite est certainement l’occasion de les renforcer d’avantage. Elle est l’occasion pour nous de partager nos analyses sur les menaces terroristes et criminelles dont sont victimes     les pays de la sous-région, notamment ceux du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad ou sévit Boko Haram. Elle est l’occasion pour les dirigeants des deux pays miniers et pétroliers que nous sommes de partager nos expériences respectives en vue de mieux tirer profit de l’exploitation de nos ressources naturelles dont les prix sont malheureusement en baisse ces dernières années.  

Je tiens à féliciter votre Gouvernement pour les mesures qu’il met en œuvre afin de contenir cette situation que connaissent les pays africains en général, grands fournisseurs de matières premières, mais trop longtemps lésés par les termes de l’échange, qui les confinent à une place très peu enviable dans le commerce international.

 

Monsieur le Président,

Je voudrais, avant de terminer mon propos, vous réitérer les sentiments sincères d’amitié du peuple nigérien au peuple frère ghanéen et, vous réaffirmer tout l’intérêt que nous attachons à cette visite,  qui revêt pour le Niger une ‘’dimension triple’’  parce que:

 

- C’est une visite qui conforte la dynamique naturelle des citoyens de nos deux pays et que j’ai le grand plaisir d’accomplir aujourd’hui en compagnie de Votre Excellence ;

 

- Parce que c’est aussi une visite qui permet de revitaliser les relations bilatérales entre nos deux pays, dans les domaines d’intérêt commun ;

 

- Parce que c’est enfin une contribution symbolique, mais assez forte de par sa qualité, au processus d’intégration de notre sous-région.

 

Je vous remercie.

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ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER A l’ OCCASION DE LA VISITE DE NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA

Monsieur le Président, NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO, cher frère et ami

Je voudrais, avant tout, exprimer l'immense plaisir que nous avons de vous recevoir aujourd'hui à Niamey.
Nous sommes heureux d’accueillir un frère et un ami, un dirigeant d’un pays avec lequel nous partageons une riche histoire commune, constamment revivifiée par des générations de nigériens, qui ont adopté votre beau pays, si accueillant et si prospère.

Nous sommes aussi heureux d’accueillir le digne représentant du pays de Kwame N’Krumah, fervent défenseur et précurseur de l’intégration Africaine, que nous admirons tous pour son combat courageux en faveur de la dignité et du développement de l’Afrique.

Le peuple nigérien et son Gouvernement sont fiers de vous recevoir pour votre première visite au Niger juste cinq mois après votre prise de fonction.
Monsieur le Président,
Votre pays, le Ghana, en accédant à l’indépendance dès 1957, sous le leadership de Dr Kwame Nkrumah, a fortement inspiré les autres pays africains dans leur lutte pour l’émancipation et l’indépendance.
Le combat du Ghana et de ses dirigeants a débordé des frontières nationales pour embrasser l’ensemble du continent dans une perspective de décolonisation totale et d’unité.
Dans ce combat, des six pères fondateurs du Ghana, communément appelés the « big six », trois sont vos parents directs : je veux parler de J. B. Dankwa votre grand-oncle, de William Ofori Atta votre oncle et Edward Akufo Addo votre père.
Aujourd’hui c’est à votre tour de porter haut le flambeau de cette lutte. En effet c’est à vous que le peuple Ghanéen, dans sa recherche de concrétisation de son désir de changement, a fait confiance en vous portant à la magistrature suprême, lors du scrutin du 7 Décembre 2016.
Votre pays le Ghana se distingue aujourd’hui par son fort ancrage dans l’affirmation du processus démocratique dans notre sous-région. Il a su, par la maturité politique de son peuple, par la force de ses institutions, par son attachement aux valeurs démocratiques, toujours surmonter les écueils susceptibles d’affecter la paix sociale.
Vous êtes un des acteurs de cette réussite. Vous avez contribué au succès du modèle démocratique du Ghana en tant qu’acteur majeur de la politique ghanéenne depuis des décennies, que ce soit en qualité de gouvernant ou d’opposant. Votre élection à la présidence de la République consacre, à juste titre, le choix avisé des ghanéens sur une personnalité capable de prendre efficacement en charge les défis de l’heure. Elle démontre aussi la vitalité de la démocratie ghanéenne qui respire bien, et qui permet une alternance pacifique.

Il s’agit là d’un choix judicieux car vous êtes un avocat de renom et un homme politique aguerri. En effet, qui d’autre que l’avocat connait mieux les problèmes de son client et est en mesure de leur trouver une solution. Vous avez commencé votre carrière politique très jeune comme secrétaire général du parti PMFJ (People’s Movement for Freedom and Justice) qui avait conduit la campagne du non au referendum constitutionnel de 1978, contre une constitution imposant un parti unique sous la coupe du régime militaire. Membre fondateur du NPP (New Patriotic Party) en 1992, vous avez été régulièrement élu au parlement de 1996 à 2008 au titre de la circonscription d’Abuakwa sud. Membre du gouvernement de 2001 à 2007 vous avez successivement occupé les postes de ministre de la justice puis des Affaires Etrangères.
Les faits les plus marquants de votre carrière politique furent sans aucun doute votre participation à trois reprises aux élections présidentielles de 2008, 2012 et 2016. Votre patience, votre courage et votre ténacité sont hors normes tant vous étiez si près de la victoire à chacun de ces scrutins. Nous avons tous en mémoire votre score de 49.13% au premier tour des élections de 2008 et vous avez pourtant perdu au deuxième tour avec 49,77%. Cela ne vous a pas empêché de vous représenter en 2012, de perdre et de vous représenter une fois de plus en 2016 année ou vous avez fait l’objet d’un vote populaire massif.

Monsieur le Président,

L’Afrique a besoin d’hommes d’Etat comme vous. Du reste je suis convaincu que sous votre direction, le Ghana connaitra une profonde mutation économique et sociale. Je note d’ailleurs que vous arrivez à la tête du Ghana au moment où au niveau de la CEDEAO nous avons décidé de mettre en œuvre le tarif extérieur commun, au moment où nous avons décidé d’accélérer la libre circulation des personnes et des biens, au moment où nous avons décidé de hâter le pas vers la mise en place d’une monnaie commune, sous la direction d’un comité de haut niveau dont vous et moi assurons désormais la présidence conjointe. Je suis sûr que tous ces chantiers, y compris celui relatif à la monnaie, connaitront des avancées certaines sous votre magistère.

Monsieur le Président,
Le mouvement des populations entre nos deux pays constitue un bel exemple d’intégration de nos peuples, qui ont toujours voulu s’établir et résider dans l’un ou l’autre de nos deux pays, conférant ainsi à nos relations une dimension spéciale.

Cela est un avantage et une avancée considérable pour le processus d’intégration sous régional, que les dirigeants de nos deux pays ont toujours su préserver et encourager, contribuant ainsi à l’intégration des peuples, sans laquelle on ne peut parler de véritable intégration.

Nous avons le devoir, sur le plan bilatéral, d’encourager les services compétents de nos deux pays à élaborer, adopter et mettre en œuvre des initiatives dans tous les domaines d’intérêt commun, afin de satisfaire aux attentes fortes de nos concitoyens.

Nous avons également le devoir de renforcer et de mettre en œuvre les différents accords qui lient nos deux pays, qui souffrent souvent du manque de suivi ou de la pleine application des dispositions ambitieuses qu’ils comportent, toutes tendues vers le rapprochement et le brassage de nos deux peuples.

Nous avons le devoir de multiplier les consultations bilatérales à des niveaux divers, notamment à notre propre niveau ou à celui de nos Ministres, pour suivre la voie que nous ont montré nos concitoyens. Le Commission Mixte entre nos deux pays doit pouvoir tenir des sessions régulières pour apporter les solutions qu’il faut aux questions qui se posent, afin que nous puissions, ensemble, peser davantage dans le processus d’intégration régional.
Votre présente visite est certainement l’occasion de les renforcer d’avantage. Elle est l’occasion pour nous de partager nos analyses sur les menaces terroristes et criminelles dont sont victimes les pays de la sous-région, notamment ceux du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad ou sévit Boko Haram. Elle est l’occasion pour les dirigeants des deux pays miniers et pétroliers que nous sommes de partager nos expériences respectives en vue de mieux tirer profit de l’exploitation de nos ressources naturelles dont les prix sont malheureusement en baisse ces dernières années.
Je tiens à féliciter votre Gouvernement pour les mesures qu’il met en œuvre afin de contenir cette situation que connaissent les pays africains en général, grands fournisseurs de matières premières, mais trop longtemps lésés par les termes de l’échange, qui les confinent à une place très peu enviable dans le commerce international.

Monsieur le Président,
Je voudrais, avant de terminer mon propos, vous réitérer les sentiments sincères d’amitié du peuple nigérien au peuple frère ghanéen et, vous réaffirmer tout l’intérêt que nous attachons à cette visite, qui revêt pour le Niger une ‘’dimension triple’’ parce que:

- C’est une visite qui conforte la dynamique naturelle des citoyens de nos deux pays et que j’ai le grand plaisir d’accomplir aujourd’hui en compagnie de Votre Excellence ;

- Parce que c’est aussi une visite qui permet de revitaliser les relations bilatérales entre nos deux pays, dans les domaines d’intérêt commun ;

- Parce que c’est enfin une contribution symbolique, mais assez forte de par sa qualité, au processus d’intégration de notre sous-région.

Je vous remercie.

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, A LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU FORUM ECONOMIQUE MONDIAL

Sa MajestéAbdallah II Roi de Jordanie,

Sa Majesté Felipe VI Roi d’Espagne,

Sa Majesté Rania Abdallah II, Reine de Jordanie,

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Mesdames et Messieurs

Je voudrais avant tout, féliciter sa Majesté le RoiAbdallah II et la Reine RaniaAbdallah ainsi que le Gouvernement Jordanien, pour avoir bien voulu abriter cette importante réunion du Forum Economique Mondial consacrée au Moyen Orient et à l’Afrique du Nord.

Cette initiative atteste de l’engagement de la Jordanie dans la coopération internationale et dans la promotion de la paix et du développement dans le monde en général et dans la sous- région Moyen-OrientAfrique du Nord en particulier.

Je voudrais également féliciter les organisateurs de cette rencontre, en particulier le Professeur Klaus Schwab pour la pertinence des thèmes proposés, thèmes ayant un rapport direct avec la situation socio-politique de la sous-région. Je veux parler des crises et conflits internes

qui minent certains Etats, du défi humanitaire associé à ces conflits, du défi de création d’emploi dans une zone où la jeunesse constitue la majorité de la population ainsi que des questions liées à la variation et au changement climatique.

Comment dans ce contexte pourrions-nous créer les conditions d’une transformation générationnelle ?

 

Mesdames, Messieurs,

Pour faciliter une transformation générationnelle, il faut nécessairement la sécurité et la paix dans le monde. Or, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord, et le Sahel, où se trouve mon pays le Niger, sont malheureusement secoués par des conflits dont certains durent depuis des décennies. La situation s’est davantage dégradée ces dernières années avec l’intervention d’organisations non étatiques, terroristes, criminelles, mouvements identitaires et centrifuges. Nous devons mettre rapidement fin à ces conflits. C’est à cela que nous nous employons au Niger, où nous faisons face à la fois aux

conséquences du chaos Libyen ainsi qu’à la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du Mali et dans le bassin du LacTchad.

Que ce soit en Libye, au Mali, dans le bassin du LacTchad ou en Irak, en Syrie ou au Yémen, nous estimons que la lutte contre le terrorisme est inséparable du combat contre les organisations criminelles de trafic de drogue, de trafic d’armes et des migrants.Au Niger, nous menons de front la lutte contre toutes ces menaces. Je suis convaincu que nous sortirons vainqueurs de cet affrontement. En particulier, s’agissant du terrorisme, sa défaite est certaine,

car les peuples musulmans, enAfrique comme au Moyen Orient, sont avec nous dans ce combat. Les musulmans Nigériens par exemple, savent que l’Islam est une religion du juste milieu. Ils savent que l’Islam n’aime pas la violence. Ne dit-ont pas que la “fitna" est pire que le meurtre? L’Islam ne dit-il pas que tuer un seul homme innocent, c’est tuer toute l’humanité? L’adhésion de nos peuples au combat contre le terrorisme constitue la principale garantie de notre victoire sur cet ennemi.


Mesdames, Messieurs,

Pour faciliter une transformation générationnelle, il faut aussi mettre l’accent sur la lutte contre la pauvreté et les inégalités. Celles-ci ont partout servi de terreau au terrorisme. Nous pensons que l’éducation est le meilleur instrument de lutte contre les inégalités et contre la pauvreté.

C’est pourquoi au Niger, nous avons rendu l’école gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans.

C’est pourquoi nous nous sommes aussi fixé comme objectif de promouvoir la formation professionnelle et technique, notamment celle des jeunes filles. L’éducation et la formation professionnelle et technique nous permettront d’exploiter la structure démographique de nos pays au sein desquels la jeunesse est dominante, en transformant notre actif démographique en dividende économique. Pour la réalisation de ces objectifs nous avons l’intention de nous appuyer sur les possibilités que nous offre la révolution numérique, qui facilite l’innovation et développe l’esprit d’entreprenariat. En plus de l’éducation, notre objectif est de nous en servir notamment dans les domaines de la télé- médicine, et de l’agriculture intelligente. Le Niger est d’ailleurs membre de SmartAfrica, alliance qui regroupe tous les pays africains ayant pour objectif d’exploiter les possibilités que nous offre la révolution numérique, notamment en matière de restructuration et de croissance économique.

 

 

Mesdames, Messieurs,

Au Niger, nous mettons l’accent sur la création d’un climat favorable aux affaires. Nous sommes le pays de l’Afrique au sud du Sahara qui a fait le plus de réformes dans ce domaine en 2016. En effet, nous sommes convaincus que le secteur privé constitue un des moteurs de la transformation que nous appelons de tous nos vœux. Nos économies ont davantage besoin d’investissements directs étrangers, notamment dans les infrastructures. Un cadre de partenariat public-privé a été mis en place pour exploiter les opportunités qui existent non seulement dans la mise en valeur des ressources naturelles (uranium, or, pétrole etc…) mais aussi dans les domaines agro-pastoral et industriel.Toutes ces mesures nous permettent d’amplifier la croissance de notre économie. Le taux de celle-ci a été en moyenne de 6% ces 5 dernières années. De manière générale, l’Afrique de l’Ouest connait en ce moment une croissance économique soutenue et dynamique, qui permet d’affirmer que l’Afrique est le continent de l’avenir. Il faut croire donc en l’Afrique et venir y investir.

 

 

Mesdames, Messieurs,

Les guerres en Irak, en Libye, en Syrie, auYémen, dans le Sahel, ont touché des dizaines de millions de personnes, provoquant un désastre humanitaire sans précédent.Avec la pauvreté, et les conséquences du changement climatique, elles sont à l’origine des drames humanitaires et des flux migratoires que connait le monde aujourd’hui.Au Niger par exemple, nous accueillons sur notre territoire plusieurs centaines de milliers de réfugiés et de déplacés. Nous sommes aussi témoins, en tant que pays de transit, de la mort de plusieurs milliers de migrants à travers le désert. À ces morts viennent s’ajouter ceux qui périssent en Méditerranée. Face à ce drame, le Niger a conçu et met en œuvre un plan de lutte contre la migration irrégulière qui porte non seulement sur des mesures sécuritaires mais aussi sur des mesures de développement économique et social.  La communauté internationale doit organiser la solidarité la plus large possible en faveur des victimes de toutes les catastrophes humanitaires que nous connaissons aujourd’hui, au Sahel comme au Moyen-Orient.  Mais au-delà de l’urgence, nous avons le devoir de nous attaquer aux causes profondes de ces drames, notamment à travers une gouvernance politique et économique mondiale plus juste et plus humaine. Par ailleurs, il est

dommage que la promesse faite, il y a cinquante ans, de porter l’aide publique au développement à 0.7% du PIB des pays donateurs n’ait pas été tenue.Aujourd’hui les pays de transit et d’origine des migrants ont surtout besoin d’investissements. C’est grâce à l’investissement et donc grace au développement et à la création d’emplois qu’on parviendra à fixer les candidats à la migration dans leurs pays d’origine. Sinon le développement de la libre circulation des biens, des services et des capitaux, la mondialisation accélérée par moyens de transport et les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication vont amplifier le processus de migration.   Je suis convaincu que les rencontres organisées par le Forum Economique Mondial, peuvent en convaincre les opinions. J’en félicite une nouvelle fois les organisateurs et renouvelle mes remerciements à sa Majesté le RoiAbdallah II et à la Reine RaniaAbdallah pour leur généreuse hospitalité.

Je vous remercie de votre attention.

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Discours de Cloture du Président de la République au Sommet Transform Africa 2017 à Kigali-12 Mai 2017

 

Excellence Paul Kagamé, Président de la République du Rwanda, cher frère

 

Messieurs les Chefs d’Etat, Mesdames les Premières Dames, 

Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais tout d’abord vous remercier, Mr Le Président pour m’avoir donné l’honneur de faire ce message de clôture au nom de mes homologues ici réunis. C’est l’occasion pour moi de saluer votre leadership et de vous remercier pour votre hospitalité.

Ces trois jours de notre sommet, ont été riches en échanges dans le domaine TIC et notamment sur le thème des villes intelligentes. 

La révolution numérique qui est encours est une véritable opportunité pour l’Afrique. Elle nous permettra de restructurer notre économie, de renforcer sa croissance et de lutter contre la pauvreté et les inégalités notamment à l’égard des femmes.

Je voudrais aussi mettre un accent particulier sur la Session sur les Femmes et de Jeunes Filles dans les TIC, séance qui a abouti à la déclaration de Kigali sur le genre. Nous sommes

convaincus que les TIC renforceront les opportunités en matière d’éducation et de création d’emploi pour les femmes et les jeunes filles, conditions essentielles pour leur émancipation. Je

voudrais réitérer ici l’engagement de nos Gouvernements de façon unie de ne ménager aucun effort pour l’égalité de traitement et d’opportunité pour tous les genres. 

A ce propos nous partons tous enrichis des expériences positives du Rwanda en la matière. 

Par ailleurs, elle permettra à l’Afrique d’exploiter sa structure démographique à travers la transformation de son actif démographique en dividende économique.  

Ce sommet, classé sous le thème des‘’villes intelligentes...’’a aussi permis la participation de Maires de plusieurs villes et Communes Africaines et a vu la Publication du‘’Blue-Print’’ des villes intelligentes. Je tiens à dire à quel point nous avons été, depuis notre arrivée, impressionnés par la ville de Kigali, qui est le parfait exemple d’une ville intelligente et connectée.

Je félicite tous les jeunes qui ont participé aux différentes activités, tout particulièrement les gagnants des différentes compétitions tout le long de la semaine. 

Ce type de rencontres nous donne l’occasion de nous remettre en cause, de mesurer nos progrès, définir nos challenges et enfin de tracer de nouveaux objectifs encore plus ambitieux que ceux que nous avons réalisé. Une chose est sure: notre détermination n’a d’égal que notre croyance en l’avenir de nos enfants. Le moment est venu pour nous de passer à l’action. C’est ce que confirment les décisions de la 5eme réunion du conseil d’administration de Smart Africa, qui nous a permis de faire le bilan de la mise en œuvre des décisions prises au précèdent conseil d’administration qui s’est tenu à Addis Abeba. Des nouvelles mesures ont été prises à l’occasion de ce conseil, notamment s’agissant de la stratégie du Réseau Commun Africain, One Africa Network, et des villes intelligentes et durables pour l’Afrique.

 

Mes félicitations vont au Comité d’organisation de Transform Africa ainsi qu’au Secrétariat de SmartAfrica.

Permettez-moi encore une fois en mon nom personnel et au nom de toute la conférence de remercier le Président Paul Kagamé, la Première Dame Jeannette Kagamé ainsi que le Peuple Rwandais tout entier pour l’accueil chaleureux et fraternel dont nous avons été l’objet depuis notre arrivée dans la très belle Ville de Kigali. 

Vive l’Afrique,

Je vous remercie,

 

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, A LA CEREMONIE D’Ouverture de Transfrom Africa Kigali 11 Mai 2017

Excellence MonsieurLe Président, cherfrère et ami Paul Kagame,

Excellence Messieurs les Chefs d’Etat membres du Conseil d’Administration de l’Alliance SmartAfrica,

Monsieurle Secrétaire Exécutif de l’Alliance SmartAfrica, Distingués Participants au Sommet Transform Africa, Mes dames, Messieurs

Après la première révolution industrielle, celle de la machine à vapeur et du chemin de fer, et la deuxième révolution industrielle, celle de l’électricité, le monde vit aujourd'hui une révolution plus profonde: la révolution numérique. Cette révolution a déjà transformé radicalementlequotidiendemillionsd’hommesetdefemmes.L’Afriquenedoitpassetenir à l’écart de cette transformation sans précédent. Le Niger l’a compris, c’est pourquoi nous avons décidé d’adhérer à l’alliance SmartAfrica.

 

Lire l’intégralité de cet important discours.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A L’OCCASION DE L’OUVERTURE DE LA 60ème SESSION COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES

Monsieur  le Président de l’Assemblée Nationale

Monsieur le Premier Ministre,

Monsieur le Haut Représentant du Président de la République,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement, 

Mesdames et Messieurs les Députés Nationaux,

Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales,

Madame la Présidente de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Honorables Chefs traditionnels,

Distingués invités, en vos rangs,  grades, titres et qualités,

 

Je voudrais souhaiter la bienvenue à tous les participants à cette 60ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des peuples.

 Le Niger est honoré d’accueillir cette rencontre de Niamey et, par ma voix, vous exprime toute la fierté et le plaisir qui sont les nôtres, en vous recevant aujourd’hui.

La présente session est d’autant plus symbolique qu’elle coïncide avec le 30ème anniversaire de la commission, trente ans dédiées à  la promotion et à la protection des droits humains, mais aussi trente ans de progrès et d’amélioration continue des institutions africaines dans ce domaine.

Je voudrais, par conséquent, réitérer mes félicitations à la Présidente de la Commission et à son équipe pour le travail abattu dans le cadre de l’organisation de cette réunion et pour leur dévouement au service des Etats membres.

 

Mesdames et Messieurs,

L’homme et ses droits sont au centre du Programme de Renaissance du Niger. Tous les droits humains y sont pris en compte, à commencer par le droit à la vie, le droit à la sécurité et à la paix, droits aujourd’hui menacés par des organisations non étatiques notamment terroristes et criminelles ainsi que des forces identitaires et centrifuges.

De la Libye au Mali, du Bassin du Lac Tchad à la Somalie, en passant par la République Centrafricaine, le Soudan du Sud et la République Démocratique du Congo, ces organisations n’attachent aucune valeur à la vie humaine. Egorger, violer, mutiler, persécuter sont devenus des actions d’une banalité déconcertante.

Face à ces menaces et pour garantir le droit à la vie, à la sécurité et à la paix, le programme de renaissance s’est fixé pour objectif de renforcer les capacités de renseignement et les capacités opérationnelles de nos forces de défense et de sécurité. Depuis 2011, le gouvernement investit chaque année en moyenne, plus de 10% des ressources budgétaires à la réalisation de cet objectif. Cela nous a permis de faire de l’armée nigérienne la 3eme armée de la CEDEAO après celles du Nigéria et du Ghana.

Les efforts réalisés sont louables. Néanmoins la gravité des menaces dépassant les capacités d’un seul Etat, notre pays milite ardemment en faveur de la mutualisation des moyens à l’échelle du continent et même au-delà. Nous attachons ainsi beaucoup d’importance à la mise en place de la force Africaine en attente, à la mise en place des forces mixtes multinationales sur le modèle de celle qui existe dans le bassin du Lac Tchad où le Cameroun, Le Niger, Le Nigeria et le Tchad font face, main dans la main, à Boko Haram.

 

Mesdames et Messieurs,

L’homme ne peut jouir dans leur plénitude, des droits à la vie, à la sécurité et à la paix en l’absence de trois valeurs fondamentales : la liberté, l’égalité et la justice.

Celles-ci ne peuvent être garanties que par des institutions démocratiques fortes et stables. En effet la faiblesse de la démocratie a été souvent une des causes de l’effondrement des Etats. Seul un Etat démocratique fort peut gérer la relation parfois antagonique, qui existe entre certains droits humains. Par exemple la relation entre l’ordre et la liberté.

 Sans ordre la liberté se transforme en anarchie et sans liberté l’ordre se transforme en dictature. Seul un Etat démocratique fort peut trouver le bon équilibre entre ces deux valeurs. Un Etat démocratique fort, ce n’est pas seulement cet Etat capable d’assurer le monopole de la violence sur un territoire déterminé. Un Etat démocratique fort c’est aussi l’ascendant moral qui assure l’autorité à travers notamment la bonne gouvernance politique et économique.

C’est cette dimension de l’autorité morale de l’Etat qui nous a amené à signer la déclaration de la « Montagne de la Table » assurant une totale liberté de la presse. C’est elle qui nous conduit à promouvoir une lutte implacable contre la corruption ; à soutenir les efforts de construction d’un Etat moderne, c’est-à-dire impartial donc au-dessus du népotisme et autre communautarisme. Un Etat démocratique fort est un Etat où règne l’Etat de droit c’est-à-dire un Etat où tous les rapports ont régis par la loi. C’est la loi qui réconcilie l’ordre et la liberté.

 

 Mesdames et Messieurs,

Dans mon discours d’investiture, le 7 avril 2011, j’avais indiqué qu’une de mes ambitions est de réaliser l’alliance de la liberté et du pain. C’est là une façon d’exprimer le lien qui existe entre démocratie et développement, entre droits politiques d’une part et droits économiques et sociaux d’autre part. La sécurité, la paix, la démocratie sont, en effet, aussi indispensables au développement que celui-ci en constitue une garantie.

Les droits économiques et sociaux sont pris en compte dans le programme de renaissance à travers l’initiative 3N »les Nigériens Nourrissent les Nigériens », à travers la réalisation des infrastructures routières, ferroviaires et énergétiques, à travers la promotion de l’éducation, de la santé, l’accès à l’eau potable, l’assainissement et à travers la création d’emplois notamment pour les jeunes.

L’initiative 3N, en faisant la promotion des cultures irriguées, en augmentant les rendements des cultures pluviales, en cherchant à moderniser l’élevage, en assurant l’approvisionnement régulier des marchés, en luttant contre la malnutrition a permis de prouver que sécheresse n’est pas synonyme de famine. L’objectif du programme de renaissance est la faim zéro d’ici 2021.  L’initiative 3N, c’est donc le droit à l’alimentation.

Les infrastructures réalisées depuis 6 ans ont permis d’améliorer la compétitivité économique du pays. Cette compétitivité connaitra une amplification avec la réalisation de la boucle ferroviaire Cotonou- Niamey- Ouagadougou- Abidjan et la construction du barrage hydro-électrique de Kandadji.

Des ressources importantes ont été affectées au secteur de l’éducation permettant de réaliser des infrastructures scolaires, de former et de recruter des enseignants, de mettre à la disposition des élèves des fournitures en quantités suffisantes à tous les niveaux.

Toutes ces actions visent à rendre l’école gratuite et obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, de renforcer la formation professionnelle et technique dont le poids dans le système éducatif sera de 40% en 2021 contre 60% pour l’enseignement général, de renforcer l’enseignement supérieur. Le gouvernement porte une attention particulière à la scolarisation des jeunes filles, condition essentielle à la l’émancipation de la femme.

Dans le domaine de la santé, des interventions à haut impact ont été identifiées et régulièrement effectuées dans les domaines  de la lutte contre le paludisme, la prise en charge des pandémies comme la tuberculose, le VIH SIDA, et les maladies tropicales négligées, ainsi que dans l’amélioration de l’offre de soins avec le recrutement de plusieurs centaines d’agents de santé et  le renforcement des structures sanitaires.

S’agissant de l’eau et de l’assainissement, des de Nigériensde plus en plus nombreux ont aujourd’hui accès à l’eau potable à travers les milliers d’équivalents points d’eau modernes installés grâce à la réalisation de forages et adduction d’eau  multi-villages. Le programme de la Renaissance, se fixe pour ambition de permettre à tous les Nigériens d’avoir accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement d’ici 2021.

  En ce qui concerne l’emploi et en particulier l’emploi des jeunes, descentaines de milliers d’emplois directs et indirects sont créés, dans le secteur public et dans le secteur privé. Le pouvoir d’achat des travailleurs s’est vu renforcé, à travers notamment une forte augmentation des salaires des fonctionnaires. Là encore, le gouvernement s'engage à créer encore plus d’emplois d’ici 2021, en encourageant notamment l’innovation et l’autoemploi des jeunes.

Les droits des groupes vulnérables que sont les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées, constituent également des préoccupations du gouvernement nigérien, qui s’emploie par des mesures hardies, à créer les conditions de leur épanouissement, dans bien de domaines Ici également des progrès notables ont été enregistrés.

 

 Mesdames et Messieurs,

Comme nous venons de le voir le programme de renaissance a une vision holistique des droits humains tels qu’ils sont définis par les traités et déclarations auxquels notre pays est partie.

Il convient de signaler que, pour conforter cette volonté  d’assurer la protection et la promotion des droits de l’homme, une Commission Nationale des Droits Humains, indépendante et conforme aux principes de Paris, veille au respect de ces droits aux côtés des autres institutions de l’Etat.

Quant aux droits dits de dernière génération et plus particulièrement le droit à un environnement sain, sa consécration constitutionnelle est l’illustration parfaite de notre détermination à protéger notre cadre de vie par une lutte constante contre la désertification, et les changements climatiques. Ces combats de tous les instants s’inscrivent dans l’obligation qu’a l’Etat, de « protéger l’environnement dans l’intérêt des générations présentes et futures ».

 

 Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui, les droits humains sont si nombreux qu’aucun Etat ne peut avoir la prétention de les avoir tous satisfaits, tant leur réalisation nécessite des moyens financiers considérables dont ne disposent malheureusement pas toujours les Etats. Cependant, il est heureux de constater que, malgré des moyens limités,  beaucoup d’Etats Africains déploient des efforts considérables pour tendre vers la satisfaction des besoins fondamentaux de leurs citoyens.

Il est heureux de constater une prise de conscience généralisée de l’importance des droits humains et de la nécessité de les promouvoir et de les protéger. Cette prise de conscience a conduit à l’élaboration à l’échelle internationale de lois et conventions célèbres qui servirent de fondement à toutes les constitutions et à tous les textes relatifs aux droits humains. C’est le cas de la « déclaration des droits de l’homme et du citoyen » du 26 Aout 1789 édictée par l’assemblée révolutionnaire Française qui considère que « l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'Homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements ».

C’est le cas également de la déclaration universelle des droits de l’homme du 10 Décembre 1948 de l’Assemblée Générale des Nations qui considère comme « la plus haute aspiration de l’homme l'avènement d'un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, et seront libérés de la terreur et de la misère ».

C’est dire que Mesdames et Messieurs les Commissaires, la surveillance du respect des droits humains dont vous êtes investis constitue une activité essentielle de l’Union Africaine et de l’humanité en vue de garantir la paix et la sécurité dans notre continent et au-delà de notre continent dans le monde entier.

C’est pourquoi vous devez accorder une attention particulière au respect par les Etats membres de leur obligation de rapportage mais aussi aux progrès enregistrés dans la promotion et la protection des droits humains de leurs citoyens respectifs. Pour sa part le Niger accorde une attention particulière aux instruments juridiques internationaux relatifs aux droits de l’homme et il a satisfait aux obligations qui en découlent, notamment celles de rédiger et présenter des rapports périodiques. Le Gouvernement nigérien s’est attelé à promouvoir les dispositions de la Charte Africaine relatives aux droits civils et politiqueset il aenregistré des progrès substantiels  dans le renforcement des dispositions législatives et règlementaires de lutte et de répression de l’esclavage de traite et du trafic des êtres humains.

Les rapports et les recommandations de la Commission sont pour les Etats membres des repères importants qui leur permettent de répondre plus efficacement aux demandes des populations africaines et aux attentes de notre continent dans le domaine des droits de l’homme.

Mesdames et Messieurs

La protection et la promotion des droits humains constituent par conséquent un enjeu mondial et régional. La ratification des différents textes relatifs aux droits de l’homme par nos pays doit être suivie par leur mise en œuvre effective. Cela  nécessite une synergie indispensable de tous les acteurs notamment les populations,  les Gouvernements,  les parlements.

J’en appelle donc à cette prise de conscience de tous et je m’engage à poursuivre dans nos différentes instances, ce plaidoyer en faveur du renforcement de cette unité d’action sur laquelle repose l’intégration des peuples au niveau du continent et de toutes les autres instances régionales et sous régionales, convaincu que seule cette unité peut nous permettre d’offrir à nos peuples l’espérance d’une vie meilleure et de réelles perspectives de développement.

Pour terminer mon propos, je voudrais assurer la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de tout mon soutien et celui de mon pays dans l’accomplissement de sa noble mission ; et je l’invite comme elle l’a toujours fait, à examiner sans complaisance les rapports qui lui seront soumis et à faire aux Etats-parties des recommandations pour améliorer la situation des droits de l’homme sur notre Continent.

Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, Je déclare ouverte, la 60ème session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

 

 

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