Discours

INTERVENTION DE Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger, A la Réunion de Haut Niveau de la 23ème Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques

Monsieur le Président,
Excellences, Mesdames, Messieurs,
Je voudrais tout d’abord féliciter Son Excellence  Frank Bainimarama, Premier Ministre des Fidji, et son pays que la COP 23 a investi de sa confiance, pour diriger les présentes assises.
Je voudrais également remercier le Président Fédéral SEM Walter Steimer, Madame la Chancelière Angela Merkel et le Gouvernement allemand, pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et pour leur engagement fort dans le partenariat pour le climat. A cet égard je voudrais saluer la contribution exceptionnelle de la République Fédérale d’Allemagne en faveur du développement durable, en particulier au Niger, dans le cadre de la coopération bilatérale exemplaire entretenue par nos deux pays. 
Monsieur le Président ;
Après plusieurs années de dures négociations, la communauté internationale a réussi à faire adopter l’Accord dit de Paris sur le Climat, le 12 décembre 2015. Cet événement historique a suscité, à juste titre, l’enthousiasme de tous les acteurs, au regard du grand défi que venaient de relever les négociateurs du monde entier, celui de rapprocher le plus possible les positions des pays.
Nos pays ont par ailleurs salué la rapidité relative de l’entrée en vigueur de cet Accord universel, intervenue le 04 novembre 2016, moins d’un an après son adoption, marquant ainsi la grande confiance placée dans cet accord et l’engagement de tous pour sa mise en œuvre.
Cependant, malgré l’énorme espoir suscité par l’Accord de Paris, sa mise en œuvre effective demeure un défi persistant. En effet, il est à déplorer que l’équilibre entre l’adaptation et l’atténuation, la définition de mécanismes clairs et performants pour le financement des politiques climatiques des pays en développement, le transfert de technologie et la transparence de l'appui, constituent encore des préoccupations majeures pour l’Afrique. 
A cet égard, le Niger souscrit à la position commune africaine et à celle des pays les moins avancés relativement aux préoccupations susmentionnées et, à l’instar des autres pays en développement, lance un appel aux pays riches pour plus d’engagement et d’effort dans la définition de mécanismes justes et efficaces pour la mise en œuvre effective de l’Accord de Paris.
Monsieur le Président ;
La mise en œuvre de l’Accord de Paris est d’autant plus cruciale pour les pays du Sahel, que les effets des changements climatiques se font durement ressentir sur les écosystèmes et sur les conditions de vie des populations. Au sahel, nous ne le savons que trop, il existe une forte corrélation entre changement climatique et pauvreté et par conséquent entre changement climatique et terrorisme, entre changement climatique et crime organisé, enfin entre changement climatique et migration. Les pays du Sahel ont certes besoin d’un soutien fort de la communauté internationale pour combattre ces fléaux mais une mise en œuvre conséquente de l’Accord de Paris permettra de s’attaquer à une des racines du mal. C’est ce qu’attendent de nous les populations du bassin du Lac Tchad aux prises avec Boko Haram, c’est ce qu’attendent de nous les populations du Nord Mali et du Sahel qui subissent les conséquences des exactions commises par les organisations terroristes. 
Aussi, tout en espérant que la conférence de Bruxelles sur le financement de la force conjointe du G5 Sahel prévue en Décembre prochain soit un succès, attendons-nous également  que la présente COP23 marque des progrès dans le processus de la mise en œuvre de l’Accord de Paris. 
Monsieur le Président,
Permettez-moi de rappeler que pour l’Afrique, l’objectif doit plutôt être la limitation de la hausse de la température à 1,5 degré Celsius. Au regard des contributions prévues déterminées au niveau national adoptées par les parties nous savons que nous sommes loin du compte mais l’Afrique est  restée consciente des responsabilités qui lui incombent vis-à-vis de l’Accord de Paris. C’est pourquoi, le Sommet Africain de l’Action en faveur d’une co-émergence continentale a été organisé à l’initiative de Sa Majesté le Roi du Maroc, lors de la COP 22 de Marrakech. L’une des décisions majeures de ce sommet a été la création de trois commissions dont l’une est dédiée à la région du Sahel et présidée par la République du Niger.
Cette initiative illustre l’engagement des pays africains à contribuer à l’effort mondial de lutte contre les changements climatiques, l’objectif étant d’œuvrer collectivement et solidairement pour une Afrique plus résiliente aux changements climatiques à travers la promotion d’approches novatrices et durables. Ces trois commissions constituent un mécanisme propre à l’Afrique dans sa volonté de mise en œuvre de l’Accord de Paris.
En ma qualité de Président de la commission dédiée au Sahel, j’ai eu l’honneur d’accueillir à Niamey au Niger, le lancement du processus de son opérationnalisation, lors de la première réunion du Groupe de Travail Conjoint des experts des pays membres de ladite commission.  A cette occasion une feuille de route a été validée et devrait nous conduire rapidement à l’élaboration d’un Plan d’Investissement Climatique pour la Région du Sahel et à l’organisation d’une Table Ronde pour son financement.
Je tiens à cet égard à réitérer toute notre reconnaissance à tous les partenaires, qui nous appuient dans ce processus.
Monsieur le Président,

Pays sahélien par excellence, caractérisé par un environnement physique très défavorable, le Niger a développé des politiques publiques visant la réduction de la vulnérabilité de ses populations. Résolument engagé dans la mise en œuvre de sa Contribution Déterminée au niveau National, le Niger poursuit ses efforts de réalisation de son Programme de Renaissance, notamment l’initiative 3N les Nigériens Nourrissent les Nigériens, basé sur de bonnes pratiques en matière de résilience climatique. Des initiatives pour l’aménagement des bassins versants du fleuve Niger et de la cuvette du Lac Tchad sont entreprises pour réduire la vulnérabilité des populations et  renforcer leurs capacités d’adaptation.
Très fortement engagé dans la lutte contre le changement climatique dont il connait et subit les méfaits, le Niger accueillera en début de l’année prochaine une Conférence Internationale sur la Désertification et l’Economie Verte, avec l’appui de diverses organisations régionales et internationales. Cette conférence précèdera la Table Ronde prévue pour le financement du Plan d’Investissement Climatique pour la Région du Sahel et permettra d’examiner et de retenir les mécanismes les plus à même d’assurer le financement approprié. Aussi invitons-nous tous nos partenaires à manifester leur solidarité avec nous en nous faisant l’honneur de leur présence à ces deux rendez-vous que Niamey organise sur le changement climatique.
Pour conclure je tiens à réaffirmer que le Niger est résolu à n’épargner aucun effort pour honorer les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris et en appelle à tous, en particulier les pays les plus développés à tout mettre en œuvre pour l’aboutissement total des nobles objectifs de cet accord.

Je vous remercie

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DISCOURS DE SEM ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER A L’OCCASION DE LA 4ème REUNION DE LA TASK FORCE PRESIDENTIELLE SUR LE PROGRAMME DE LA MONNAIE UNIQUE CEDEAO

Excellence, Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République Togolaise,
Excellence, Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire,
Excellence Monsieur Muhamadu Buhari,  Président de la République Fédérale du Nigéria,
Excellence, Monsieur Nana Akufo-Addo Dankwah, Président de la République du Ghana,
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,
Mesdames et Messieurs les Ministres
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions diplomatiques et Représentants des Organisations internationales,
Mesdames, Messieurs,  
Je voudrais souhaiter à nos illustres hôtes la chaleureuse bienvenue à Niamey et, leur dire combien le peuple nigérien, qui continue de porter avec ferveur les idéaux de solidarité et de coopération qui présidèrent à la création de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAO), se réjouit  de recevoir aujourd’hui la quatrième réunion du comité de haut niveau sur l’accélération du processus devant conduire à une monnaie unique pour les pays membres de notre organisation.
Je tiens à saluer et remercier mon frère et ami Faure Essozimna Gnassingbé, président de la république Togolaise, président en exercice de la conférence des chefs d’Etats et de Gouvernements de la CEDEAO qui a bien voulu honorer de sa présence cette importante réunion du comité de haut niveau, sur un des sujets majeurs de préoccupation en matière d’intégration de nos Etats : la monnaie unique.
Je voudrais saluer et féliciter le Président Alassane  Dramane Ouattara de la Cote d’Ivoire et le Président Muhamadu Buhari du  Nigeria, dont la participation à la Task Force autorise à penser qu’une grande impulsion sera donnée au processus d’intégration monétaire  de la CEDEAO.
Je tiens également à saluer mon frère et ami Nana Akoufo Addo Dankwah, Président de la République du Ghana, qui prend désormais la place de son prédécesseur, le Président John Dramani Mahama,   comme co-Président de notre comité.
Je voudrais enfin, saluer la présence parmi nous de Monsieur Marcel De Souza, Président de la Commission de la CEDEAO, dont la contribution à l’œuvre d’intégration au sein de notre organisation est bien connue.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Pendant que nous travaillons à renforcer l’intégration de nos Etats dans tous les domaines, des forces centrifuges et obscurantistes rament à contre-courant et cherchent à déstabiliser nos Etats par des actes de terreur et de barbarie.
Nous devons condamner fermement ces actes, et déplorer les pertes en vie humaine subséquentes. Les bilans terrifiants des récentes attaques et attentats survenus à Mogadiscio en Somalie, à Maiduguri au Nigeria, à Tonga Tonga et Ayorou au Niger sont une parfaite illustration du drame qui se joue dans nos pays.
A cet égard je vous invite à vous lever et à observer une minute de prière et recueillement à la mémoire des victimes de ces actes de terrorisme et de barbarie.

Je vous remercie 
       

Excellences,
Mesdames et Messieurs,
En février 2015 se tenait ici même à Niamey, la 3ème réunion du comité de haut niveau sur l’accélération du processus devant conduire à la monnaie unique des Etats membres de la CEDEAO, à l’horizon 2020. Les contingences de calendrier ne nous ont pas permis de nous réunir en 2016.
Il importe de rappeler que le programme de la monnaie unique adopté en 1987, après que l’idée eut été lancée en 1983, a été relancé en 2007, par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement qui a demandé à la Commission de la CEDEAO de réexaminer le processus de l’intégration monétaire devant conduire à  la création d’une monnaie unique de la communauté.
La mise en œuvre de cette instruction a abouti, le 25 mai 2009, à l’élaboration et à l’adoption par le Conseil de Convergence, d’une feuille de route pour le programme de la monnaie unique de la CEDEAO, suivant une approche à deux vitesses avec comme principales échéances, 2015 pour la monnaie commune des Etats non membres de l’UEMOA organisés dans la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), et 2020 pour la monnaie unique de la CEDEAO intégrant les deux zones.
A l’issue de l’évaluation de la mise en œuvre de cette feuille de route, le Conseil de Convergence, lors de sa réunion du 17 janvier 2014, a fait ressortir de nombreux défis qui exigent l’abandon de l’approche à deux vitesses, pour aller directement à la création d’une monnaie unique en 2020.
C’est dans cet esprit que le Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, qui s’est tenu en octobre 2013 à Dakar au Sénégal, nous a  confié, le Président de la République du Ghana et moi-même, la lourde et exaltante mission d’impulser une nouvelle dynamique au projet de la monnaie unique de la CEDEAO.
Pour ce faire, nous avions alors convenu, de mettre en place chacun un comité d’experts dont la mission est de nous assister dans la conduite de ce projet, ainsi que de nous réunir de manière alternée au Niger et au Ghana, pour constater l’état d’avancement du programme.
Sous l’égide la commission de la CEDEAO, nous avons mis en place une Task Force composée des Ministres de Finances du Niger et  du Ghana, d’un représentant du Président du Ghana, d’un représentant du Président du Niger, du Président de la Commission de la CEDEAO, du Président de la Commission de l’UEMOA, des huit Gouverneurs des Banques centrales, du Directeur Général de l’Agence Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) et du Directeur général de l’Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO).
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
La présente session, la quatrième du genre, devrait nous permettre de faire avancer ce projet, en capitalisant sur les différents constats auxquels nous sommes parvenus, en formulant des observations allant dans le sens de la réalisation de cette ambition forte de nos pays et, en veillant à ce que les Chefs d’Etat et de Gouvernement qui nous ont mandatés en soient régulièrement informés.
L’élargissement de notre organe de pilotage du processus de la création de la monnaie unique aux Chefs d’Etat du Nigéria et de la Côte d’Ivoire, que nous avons opportunément  sollicité et obtenu, constitue un atout fort qui nous permet de surmonter les obstacles que nous ne manquerons pas de rencontrer. Il s’agit là d’un renfort de poids et d’une avancée importante dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations de la Task Force.
Je dois reconnaitre que, le président Ouattara, de par sa formation et son parcours professionnel au plus haut niveau au sein des institutions monétaires les plus prestigieuses, est très au fait des questions monétaires. En effet avant d’être appelé à la magistrature suprême de son pays, il fut  Vice-Gouverneur puis Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest(BCEAO) et  Directeur du Département Afrique au Fonds Monétaire International(FMI), à des moments où les questions économiques et monétaires étaient au centre des préoccupations des dirigeants. Sa contribution peut être décisive dans l’accélération du processus d’intégration monétaire. 
Le président Buhari quant à lui, est un chef d’Etat avisé, réputé pour sa rigueur et son leadership en matière de prise de décision de gestion dans les situations les plus difficiles. Si j’ajoute le fait que mon frère et ami Nana Akoufo Addo est un économiste, un juriste et un avocat de renom, je ne peux qu’être optimiste  et avoir une confiance absolue sur la capacité de notre comité à produire les réflexions et proposer à nos pairs les décisions les plus appropriées sur les questions monétaires. Enfin je suis sûr que le leadership du président Faure Gnassingbé nous permettre de faire des progrès certains pendant son mandat à la tête de notre communauté. 
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Les trois précédentes rencontres, tenues alternativement à Niamey et à Accra, ont formulé des recommandations tendant à la rationalisation des critères de convergence en vue de les réduire et ou de simplifier les repères, à la rationalisation des institutions avec leur maintien en l’état tout en redéfinissant leurs rôles avant la création de l’Institut Monétaire de la CEDEAO, au financement, par la CEDEAO des activités inscrites dans la feuille de route.
La quatrième réunion de la Task Force devrait faire fonds de ces différentes recommandations pour aller vers les étapes futures de cette entreprise communautaire. Nous devons faire le point de la mise en œuvre effective de ces recommandations, réitérer celles qui n’ont pas fait l’objet de mise en œuvre ou qui l’ont été insuffisamment. C’est le cas de la question de financement par la CEDEAO des activités inscrites sur la feuille de route, de la rationalisation des institutions, du respect des critères de convergence ainsi que du renforcement du mécanisme de surveillance multilatérale.
La mise en place d'une union monétaire est à la fois une décision économique et politique. Les enjeux sont importants et les défis multiples et redoutables. Une monnaie unique, en réduisant les coûts des transactions, en faisant converger les taux d’inflation, et en assurant la transférabilité des capitaux, renforcera les échanges des biens et des services, amplifiera la croissance économique et donc la prospérité des peuples de chacun de nos pays.
Nous devons cependant aborder la question de l’échéance avec réalisme et responsabilité. Les remises en question répétitives des dates de l’avènement de notre monnaie unique, même si elles se justifient, peuvent développer une lassitude et installer un scepticisme dans l’esprit de nos concitoyens. Notre monnaie unique tant annoncée mais jamais au rendez-vous, ne doit pas être perçue, au mieux comme un signe d’impréparation, au pire comme un manque de volonté politique. La monnaie unique CEDEAO ne doit pas être « l’Arlésienne », toujours annoncée mais jamais arrivée.
Nous devons tout mettre en œuvre pour le respect de  la date de 2020, même si nous devrions commencer par une formule novatrice. Par exemple est-il possible d’envisager, suivant une approche gradualiste,  la création formelle par les Etats qui sont techniquement prêts en terme de convergence macroéconomique, d’une monnaie unique qui pourrait circuler comme une unité de compte à partir de 2020, dans un système de compensation dont la mise en place pourrait  provenir d’une harmonisation des systèmes de paiements ?Dans cette hypothèse, les transactions importantes entre les opérateurs économiques de la Communauté seront libellées dans cette monnaie, ainsi que la tenue de  leur  comptabilité. La circulation des signes monétaires pourrait intervenir à une date ultérieure et l’adhésion des autres états se ferait au fur et à mesure de leur aptitude à respecter les critères de convergence.
Du reste une telle formule a été expérimentée avec succès par les pays Européens, qui ont créé l’Euro à onze, comme monnaie unique Européenne, dès la 1er janvier 1999, en commençant par la mise en œuvre d’une politique monétaire unique et la fixation de manière irrévocable des taux de change des monnaies participantes, alors que la circulation fiduciaire ne fut effective qu’en 2002. Les autres pays ont rejoint progressivement au fur et à mesure de leur état de préparation.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Des cinq régions de l’Union Africaine, la CEDEAO apparait comme la sous-région la plus avancée en matière d’intégration économique. Elle enregistre des avancées significatives en matière de libre circulation des personnes et des biens, en matière d’harmonisation de politique et de mise en œuvre de programmes communautaires. A ce rythme elle apportera une contribution remarquable aux programmes continentaux de l’Union Africaine tels que le programme de la zone de libre-échange continentale (ZLEC) dont le projet de protocole est sur le point d’être finalisé. Elle doit continuer à jouer ce rôle d’avant-garde y compris sur le plan de l’intégration monétaire. En effet elle est la première organisation a adopté dès 1987, un protocole portant programme de coopération monétaire avec comme objectif une monnaie commune pour les Etats membres. Les autres organisations régionales  comme la SADEC n’ont fait que  lui emboiter  le pas. Elle se doit donc d’être la première à atteindre l’objectif d’une monnaie commune de manière effective.  
Je souhaiterais réaffirmer notre ferme volonté et notre foi pour le succès de cet objectif communautaire qui nous est si cher, parce qu’il est porteur de prospérité pour nos pays et rappeler ici, que notre démarche doit désormais reposer sur certaines convictions :
-la conviction que l’intégration monétaire doit reposer sur une volonté politique sans équivoque et un leadership des économies les plus fortes de la région; j’ai nommé le Nigeria, le Ghana et la Cote d’Ivoire. 
-la conviction qu’une bonne gouvernance, construite sur une politique budgétaire harmonisée et vertueuse et une politique monétaire prudente, est le gage de la confiance qui sera placée en notre monnaie;
-la conviction enfin qu’une libre circulation effective, des biens et des personnes, donnera à notre  monnaie toute sa valeur et sa dimension privilégiée à l’échelle du continent.
Pour terminer je vous laisse méditer cette citation attribuée au roi Guezo du Dahomey : « La jarre trouée contient l’eau qui donnera au pays le bonheur. Si tous les enfants venaient, par leurs doigts assemblés boucher les trous de la jarre percée, le pays serait sauvé ». Aujourd’hui c’est par l’intégration que nous boucherons les trous de la jarre percée.

Sur ce, je déclare ouverte la quatrième réunion du comité de haut niveau de la CEDEAO sur l’accélération du programme de la monnaie unique.

Je vous remercie de votre attention.

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Déjeuner d’Etat en l’honneur du Président ISSOUFOU MAHAMADOU. PALAIS DU GOUVERNEMENT Australien. Vendredi 13 octobre 2017. ALLOCUTION (TOAST) DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CHEF DE L’ETAT.

Sa Majesté la reine et le peuple d’Australie,
Excellence Général, le Très Honorable, SIR PETER COSGROVE,
Excellence Lady COSGROVE,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je prends la parole et, à l’entame de mon propos, je voudrais réitérer à Son Excellence  le Gouverneur Général du Commonwealth d’Australie, le Très Honorable Général Sir Peter Cosgrove et à l’ensemble du Gouvernement Australien, la gratitude du peuple nigérien, pour l’invitation qui m’a été adressée à l’effet d’effectuer la toute 1ère visite officielle d’un Chef d’Etat nigérien en Australie et de ce fait, jeter les bases d’une coopération bilatérale mutuellement bénéfique et dont le potentiel est immense.
Je suis donc porteur d’un message d’amitié et de fraternité du peuple nigérien au peuple australien, lesquels partagent les mêmes valeurs et les mêmes aspirations dans ce monde globalisé où les distances sont réduites à néant, du fait des progrès technologiques notamment en matière de transport et de communication.
Au demeurant, le Niger et l’Australie se côtoient et travaillent ensemble, notamment dans le cadre du Système des Nations Unies, pour la promotion et la culture de la paix, la sécurité et le développement durable  dans le monde ; ce monde aujourd’hui confronté à des défis multiples et complexes. 
Excellence;
Permettez-moi, sur ce point de rappeler et de saluer votre engagement personnel pour la cause de la paix. Militaire de carrière vous connaissez mieux que quiconque ce qu’est la guerre et ce qu’est la paix. En effet votre carrière dans l’armée australienne, fut tout simplement exceptionnelle avec de très hauts faits d’armes, qui vous ont valu d’importantes décorations et distinctions dont la croix de guerre et la médaille nationale mais surtout une fin de carrière élogieuse comme chef d’Etat-Major Général des forces armées.  Vous avez acquis une renommée internationale, suite à votre succès éclatant dans la conduite, au titre des nations unis,  de la mission de la force internationale pour le Timor Oriental (INTERFET).
Je saisis l’occasion de ma présente visite pour relever et saluer l’attitude de solidarité agissante de l’Australie et sa contribution active à l’endroit des pays en voie de développement dans le cadre du Système des Nations Unies et de la coopération bilatérale. 

Excellence,
J’ai répondu positivement et avec plaisir à votre invitation afin de pouvoir mieux connaitre l’Australie, ce pays fascinant qui présente des similitudes géographiques et géophysiques avec le Niger et qui affiche des réussites exemplaires notamment dans le domaine de l’agriculture, de l’élevage, de l’hydraulique, de la santé, de l’éducation, des mines, de l’énergie solaire, de l’art et de la culture.
Votre pays est envié pour être l’un des pays de l’OCDE les plus ouverts aux investissements directs étrangers et l’un des plus performants avec vingt-six années consécutives de croissance économique, et par ailleurs cinquième mondial et deuxième pays du G20 en termes de PIB par habitant. Je relève avec un grand intérêt que l’Australie est aujourd’hui le 2ème marché de financement de projets en Asie, le 6ème marché d’actions au monde et le 5ème marché mondial d’introduction en bourse. C’est donc à juste titre que votre pays exprime son ambition de participer à la gestion des enjeux globaux notamment à travers le conseil des droits de l’homme et le conseil de sécurité ou il est candidat respectivement pour les périodes 2018-2020 et 2029-2030. Le Niger exprime tout son soutien à ces candidatures. 
Mon pays le Niger, est un pays jeune,  il doit faire face par conséquent à des défis énormes inhérents à toute jeune nation. Mon Gouvernement s’attèle, à relever ces défis, avec l’appui appréciable de partenaires techniques et financiers. Il met en œuvre depuis 2011 le Programme de la Renaissance du Niger, qui vise la renaissance culturelle du pays, la consolidation de ses institutions démocratiques, la sécurité des personnes et des biens, la réalisation des infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et de télécommunication, la faim zéro à travers la mise en œuvre de l’initiative 3N,l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, la promotion de l’éducation et de la formation professionnelle et technique, la santé ainsi que la promotion de l’emploi pour les jeunes.
Permettez-moi d’insister sur les questions de sécurité ; en effet depuis l’effondrement de l’Etat voisin de la Libye, le Niger fait face aux harcèlements de groupes terroristes et criminels à ses frontières et il investit d’énormes sommes dans la sécurité, au détriment des actions de développement économique et social. L’engagement de mon pays dans la lutte contre le terrorisme, les enlèvements crapuleux et autres trafics illicites, est total comme en témoigne sa participation dans la force multinationale mixte pour la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram dans la région du Lac Tchad, sa participation dans la force conjointe des pays du G5 Sahel en gestation, sa participation dans les opérations de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine et au Mali, sa collaboration dans les opérations spéciales avec les pays, comme la France et les USA, engagés dans la lutte contre le terrorisme.
Je tiens aussi à vous dire que je suis impressionné par votre formidable système institutionnel et politique, qui  constitue une source d’inspiration et un modèle, pour avoir insufflé la stabilité et la prospérité qui sont celles de l’Australie d’Aujourd’hui.
Je souhaite vivement que s’établisse entre le Niger et l’Australie une coopération active dans des domaines d’intérêt à convenir, notamment à l’occasion de ma présente visite.
Je salue votre ouverture dans ce sens que j’ai notée tantôt à travers vos propos très prometteurs, Excellence Monsieur le Gouverneur Général, tout comme je salue la disponibilité des différents interlocuteurs que ma délégation et moi-même avons rencontrés à l’occasion de très intéressantes visites.        
En terminant mon propos, je voudrais rendre hommage à Son Excellence Lady COSGROVE qui nous fait l’honneur et l’amitié de partager ces moments de convivialité et j’espère la recevoir, très prochainement, en votre Compagnie au Niger.

Excellence  Monsieur le Gouverneur Général,
Excellence  Lady COSGROVE,
Mesdames et Messieurs,
Je vous invite à lever vos verres et à porter un Toast, pour saluer l’amitié et la fraternité entre les peuples nigérien et australien, pour célébrer la coopération naissante et prometteuse entre le Niger et l’Australie.

JE VOUS REMERCIE.

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Allocution de son excellence monsieur Issoufou Mahamadou, Président de la République du Niger lors du forum des premières dames CEDEAO

Excellence Monsieur le Président de la République Togolaise, et Président en Exercice de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO,
Mesdames les Premières dames,
Monsieur Marcel de Souza, Président de la Commission de la CEDEAO,
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,
Honorables Députés,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques, Consulaires et Représentants des Organisations Internationales,
Honorables Chefs Coutumiers et Religieux ;
Mesdames, Messieurs,
Notre pays vient une fois de plus de faire l’objet d’une attaque de groupes terroristes, attaque qui s’est soldée malheureusement par un nombre important de victimes parmi nos forces de défense et de sécurité et leurs instructeurs Américains.
Les femmes et les enfants paient un lourd tribut au terrorisme de manière directe comme victimes innocentes et de manière indirecte en tant que mère et épouses. Elles viennent une fois de plus de perdre des fils et des maris. A la mémoire de nos soldats tombés sur le champ d’honneur, à la mémoire de toutes les victimes du terrorisme, je vous demande d’observer une minute  de silence.
Je vous remercie
Mesdames, Messieurs,
Le Niger est particulièrement honoré d’accueillir les Premières Dames  des Etats Membres de la CEDEAO dans le cadre du présent forum.
Je voudrais souhaiter la bienvenue et adresser mes vifs remerciements aux premières dames et à toutes les délégations qui ont fait le déplacement de Niamey. Votre présence conforte les liens de fraternité et de solidarité unissant les peuples Africains et illustre fort éloquemment la vitalité et la solidité de l’intégration régionale de nos Etats dans le cadre de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Permettez-moi de saisir cette occasion solennelle pour rendre un hommage mérité à mon frère et ami Faure Gnassingbé, Président de la République Togolaise, et Président en Exercice de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la CEDEAO qui malgré un agenda surchargé a tenu à faire le déplacement de Niamey et honoré de sa présence cet important évènement.
Je tiens à saluer Monsieur Marcel de Souza, Président de la Commission de la CEDEAO, dont le leadership a permis de donner une nouvelle impulsion  aux activités de notre Organisation, confirmant ainsi son rôle de cadre privilégié en matière d’intégration régionale et de développement économique et social de nos pays.
Mesdames les Premières dames,
Trois thèmes d’une grande importance sont inscrits aux débats de votre forum à savoir :
- l’éradication de la fistule obstétricale ;
- la protection de l’enfant contre les abus et l’exploitation ;
- les mutilations génitales et les violences basées sur le genre
Ces trois thèmes intimement liés sont des défis majeurs par rapport auxquels nos populations attendent des réponses appropriées au niveau communautaire et au niveau de chacun de nos Etats.
Du reste ces défis s’inscrivent dans le cadre plus général de la lutte contre la pauvreté et l’ignorance qui sont les terreaux de tous les fléaux y compris le terrorisme et l’extrémisme ; nous en sommes conscients. Notre prise de conscience transparait dans les décisions et engagement adoptés par nos Etats au niveau des instances internationales, régionales et nationales.
Ces engagements traduits sous formes d’orientations et de programmes de développement à moyen et long terme ont tous pour objectif commun la réduction de la pauvreté, et l’élévation du niveau de vie des populations.
Il me plait de rappeler qu’au niveau international,  l’Assemblée Générale des Nations Unies a adopté  le 27 Septembre 2015, le Programme de Développement Durable pour l'horizon 2030, dont l'ambition est d'éradiquer la Pauvreté d'ici 2030 et de ne laisser personne à la traîne dans le processus. Les 17 objectifs de développement durable (ODD) et les 169 cibles visées témoignent de l’ampleur de ce nouveau programme universel et montrent à quel point il est ambitieux. Deux de ces objectifs à savoir l’ODD 3 relatif à la santé et l’ODD 5 relatif à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, cadrent parfaitement avec les thèmes soumis à votre attention.
Au niveau continental je voudrais rappeler le programme 2063 de l’Union Africaine, adopté par nos Etats avec pour objectif un continent intégré et prospère à l’horizon 2063. Dans ce cadre un projet de protocole de la zone de libre-échange continentale sera présenté aux chefs d’Etats et de Gouvernement à l’occasion de leur prochain sommet.
Au niveau sous régional, la CEDEAO poursuit avec vigueur la mise en œuvre de la vision 2020 adopté en 2008, y compris les nombreux programmes sectoriels communs qui l’accompagne et qui visent une plus grande intégration des économies des Etats membres tels qu’un tarif extérieur commun, un marché unique, une monnaie commune, un réseau électrique interconnecté ainsi que des voies de communication interétatiques. A ce sujet le comité monétaire de haut niveau que j’ai l’honneur de coprésider avec SE le Président du Ghana, se réunira le 24 Octobre prochain à Niamey pour évaluer les progrès réalisés et les étapes restantes en vue de la création de la monnaie unique des Etas membres de la CEDEAO.
Au niveau national nous mettons en œuvre un programme dénommé programme de renaissance avec pour objectif de ramener la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 45% en 2015 à 31% en 2021.
C’est dire que nos Etats sont fortement engagés dans la lutte contre la pauvreté et pour l’atteinte des objectifs de développement durable.
Mesdames, Messieurs,
La fistule obstétricale, maladie souvent méconnue de la majorité de la population, survient durant les accouchements prolongés, compliqués ou sans assistance médicale. Elle touche particulièrement les jeunes femmes de 15 à 24 ans, victimes de mariages précoces ou forcés et par conséquent de maternités précoces ainsi que les femmes victimes des mutilations génitales telles que l’excision. Il en est de même pour les femmes en âge avancé, lors de leur dernier accouchement. Cette pathologie affecte près de deux millions de femmes dans le monde dont la plus grande partie en Afrique.
Toutes ces catégories de victimes sont surtout des femmes vivant en milieu rural et souffrant de l’analphabétisme, de la malnutrition et de la pauvreté.
La fistule obstétricale étant par excellence la maladie type liée à la reproduction, ce thème donne l’occasion d’aborder  le problème plus vaste de la santé de la reproduction.
Au niveau mondial il a été observé une baisse du taux de mortalité maternelle de 45% entre 1990 et 2015. Cependant il subsiste une grande disparité car ce  taux est de  15 fois plus élevé dans les pays développement que dans les pays développés. On note également que la moitié seulement des femmes dans les régions en développement ont bénéficié du minimum recommandé de soins de santé. C’est dire qu’il y a encore d’énorme progrès à faire en matière de santé de la reproduction particulièrement au niveau des Etats de la sous-région.
Le programme de renaissance du Niger se fixe pour objectif de développer la Santé de la Reproduction en mettant l’accent sur la santé de la femme, de l’enfant, des jeunes et adolescents, notamment en mettant l’accent sur la planification familiale, la consultation post natale,  l’accouchement assisté, une prise en charge de qualité de la mère et de l’enfant, le développement des stratégies pour renforcer la santé des jeunes et adolescents, l’amélioration de l’accès des femmes et des jeunes filles aux services de santé reproductive et aux informations  y afférentes et de manière générale l’amélioration significative de la couverture des interventions à haut impact pour la santé de la mère.
Certes la mise en œuvre des programmes axés sur la santé de la reproduction permettra de réduire significativement les cas de fistule obstétricale, mais en attendant, que faire pour les femmes victimes et que nous appelons abusivement les fistuleuses, condamnées à vivre l’ostracisme et l’exclusion sociale? Ces femmes ne doivent pas être condamnées à passer le reste de leur vie dans les réduits des hôpitaux. Elles doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge médico-sociale, y compris la chirurgie réparatrice pour améliorer significativement leur condition et leur permettre de reprendre leur place dans la société. Compte tenu de leur état d’extrême pauvreté un élan de solidarité nationale et internationale est nécessaire.
Le Niger a élaboré et démarré la mise en place la stratégie nationale d’éradication de la fistule obstétricale 2016-2020, articulée autour du renforcement de la prévention, de l’augmentation de l’offre et de la capacité de prise en charge thérapeutique et psychologique des femmes victimes, la réintégration socio-économique, le renforcement de la coordination du partenariat et la capitalisation des acquis.
En ce qui concerne la protection de l’enfant contre les violences abus et exploitation, il convient de rappeler que tous nos pays sont parties à la convention internationale sur le droit de l’enfant de septembre 1989 et à la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant de juillet 1990. Ces deux conventions,  ratifiées par nos pays, consacrent des droits et une bonne protection juridique aux enfants. De plus le Niger a adopté en 2013 un document cadre de protection de l’enfant.
Force est de reconnaitre que le problème de la protection de l’enfant dépasse le cadre juridique, qui du reste a très peu de failles ; il est tout simplement lié à notre mentalité et notre attitude par rapport à l’enfant. L’enfant est perçu comme une assurance vie pour subvenir aux besoins des parents à un âge avancé. L’enfant est perçu comme une source de main d’œuvre gratuite corvéable quel que soit son âge pour aider les parents dans les exploitation agricoles et ateliers. Ces attitudes et mentalités, malheureusement très généralisées dans nos sociétés africaines, ne sont pas compatibles avec les dispositions des conventions internationales sur la protection des enfants signées et ratifiées par nos Etats.
Il nous faut donc procéder à une reconversion nécessaire des mentalités afin de percevoir désormais l’enfant comme il se doit, c’est-à-dire une charge pour les parents car il faut assurer son éducation, sa protection et son insertion sociale. C’est dans ce sens que se pose la question de la procréation responsable.
Le programme de renaissance du Niger aborde la question de protection de l’enfant à deux niveaux. Le premier est relatif au changement de mentalité et d’attitude adressé dans l’axe renaissance culturelle avec pour objectif une transformation politique économique et sociale de notre société. Le deuxième niveau est relatif à l’éducation et la santé avec pour objectif la scolarité universelle et une meilleure couverture sanitaire.
Par rapport aux mutilations génitales et aux violences basées sur le genre, il convient de rappeler que nos pays sont parties à la convention des nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes du 18 Décembre 1979. Outre l’interdiction des discriminations, cette convention apporte la protection juridique nécessaire aux femmes contre les violences y compris les mutilations génitales.
Les femmes représentent un peu plus de 50% de la population de nos Etats. Marginaliser 50% de la population c’est geler 50% du potentiel productif de la nation. Aussi nos Etats doivent-ils  protéger les femmes contre l’obscurantisme et les pratiques sociales néfastes telles que les mutilations génitales sous toutes leurs formes ainsi que les violences basées sur le genre et les aider à libérer leur potentiel productif.
Au Niger les amendements nécessaires ont été apportés au code pénal pour criminaliser les mutilations génitales des femmes et les pratiques de violence basée sur le genre. Pour améliorer la contribution des femmes au développement, le Niger mise sur l’éducation de la jeune fille en rendant l’école obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, en améliorant le ratio du nombre de filles par rapport au nombre de garçons à tous les niveaux de scolarité et en renforçant l’autonomisation des femmes à travers les activités génératrices de revenus.
Mesdames, Messieurs,
Je voudrais remercier les premières pour l’intérêt tout particulier qu’elles accordent aux sujets que je viens d’évoquer. Je voudrais aussi saluer et remercier  la CEDEAO et en particulier la commission en charge du genre ainsi que les Ministres des Etats membres de la CEDEAO pour la bonne préparation de ce forum.
Je vous remercie

 

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Déclaration de Son Excellence Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République du Niger, Lors de la Session 2017 des Rencontres Mondiales pour la Paix organisées par la Communauté de Sant ‘Egidio

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer et de remercier Madame Angela Merkel pour l'hospitalité qui nous est toujours offerte chaque fois que nous sommes en Allemagne.

Permettez-moi aussi d'exprimer mes remerciements aux responsables de la Communauté de Sant ’Egidio et en particulier à son Président Monsieur Marco Impagliazzo, pour m’avoir convié aux assises de la présente session.

Je tiens à saluer le travail irremplaçable de Sant ‘Egidio qui, des décennies durant, a mené des initiatives les plus audacieuses pour développer le dialogue entre parties à différents types de conflits, pour rapprocher des dirigeants et des peuples divisés, pour promouvoir la paix dans le monde.

La Communauté Sant ’Egidio, grâce à son travail au niveau international dans l’éducation, l’action humanitaire, la promotion et la protection des droits humains, la promotion du développement économique durable ainsi que la promotion de la compréhension, la tolérance et la solidarité, apporte à l’humanité une contribution inestimable dans le renforcement de la culture de la paix.

Alors qu’elles paraissaient souvent improbables, ces initiatives ont été couronnées de succès parce que Sant ‘Egidio incarne et promeut les valeurs de notre humanité commune ; ces mêmes valeurs, si essentielles, qui doivent pousser tous les peuples du monde, quelles que soient leur religion, leur couleur de peau ou leur appartenance géographique, à la solidarité et à la poursuite des objectifs du bien-être collectif.  La très bonne réputation de Sant ‘Egidio fondée sur son brillant palmarès est bien méritée, parce qu’elle reflète si justement son apport inestimable et unique en son genre dans la résolution des conflits et la promotion de la paix et de la réconciliation.

En tant que dirigeant et acteur de la vie politique nigérienne, des souvenirs vivaces me lient à la Communauté de Sant'Egidio : C’est notamment le cas de l’aide apportée au Niger par Sant’egidio, à un moment où mon pays en avait le plus besoin, à travers l’initiative d’un Pacte Républicain, signé par de nombreuses personnalités politiques Nigériennes en 2010 à Rome, et qui a permis de restaurer le cadre démocratique et institutionnel au Niger. 

C’est aussi le cas pour la visite à Niamey en février 2012 de Monsieur Andrea Riccardi, alors Ministre des Affaires Etrangères à l’occasion de son premier voyage en Afrique, tout comme pour ma propre visite au siège historique de Sant ’Egidio en avril 2017.
Je tiens donc à réaffirmer ici le grand intérêt que le Niger accorde au travail original de Sant ’Egidio, à son magistère bienfaisant au service des peuples du monde.

Mesdames Messieurs,

Permettez-moi de saluer la pertinence du thème des présentes assises à savoir « les chemins de la paix ». La question de la paix est toujours d'une brulante actualité. Il me parait indispensable d'évoquer, ici, certaines des causes profondes des conflits qui secouent le monde.

D'abord les inégalités. Les inégalités qui existent aujourd'hui dans le monde, inégalités entre pays et inégalités à l'intérieur d'un même pays sont générateurs de conflits. L'histoire de ces 30 dernières années montre que le fossé entre riches et pauvres ne fait que s'élargir.

La deuxième cause de conflit que je souhaite aborder est la pauvreté. Des millions d'êtres humains sont toujours exposés à la faim et n'ont accès ni à l'éducation, ni à l'eau potable, ni aux soins de santé. C'est le cas en particulier des femmes et des enfants qui constituent les couches les plus vulnérables dans beaucoup de pays.

L'intolérance est une autre cause de conflit. Étymologiquement, "tolérer" veut dire "souffrir la présence de l'autre". "L'autre", c'est aussi bien une opinion qu'un individu, une culture qu'une société, aussi bien une religion qu'une communauté. Ainsi, appelle-t-on barbares ceux qui sont d'une autre civilisation, ignorant que les cultures s'enrichissent en s'interconnectant. En effet, pour citer un exemple, on oublie souvent que des innovations comme la charrue, le cheval de trait, la boussole, la poudre à canon, l'imprimerie, venaient de Chine, et ont contribué à féconder la civilisation occidentale.

Comme on le sait, le problème clé de la relation à l'autre est la reconnaissance. Il est important de reconnaitre que tous les êtres humains, quels que soient leur origine, leur religion, leur race, leur âge leur sexe, ont la même dignité. Il faut aussi accepter que le monde est culturellement divers. Il faut avoir l'esprit ouvert et construire des ponts entre civilisations et non des murs. Une culture close est une culture qui se refuse à être fécondée par des apports extérieurs.

L'intolérance est inséparable du dogmatisme. Or, avec ou sans Dieu, le dogmatisme est toujours dangereux. Il conduit au terrorisme aussi bien sur le plan politique que sur le plan religieux.
Parler du terrorisme et de l’intégrisme aujourd’hui, renvoie presque exclusivement à la religion musulmane alors qu’historiquement les musulmans se sont montrés tolérants dans leurs sociétés, en Andalousie comme dans l’empire Ottoman à l’égard des Chrétiens comme à l’égard des Juifs. Dans l’histoire passée, l’Islam a eu une tradition d’ouverture et de tolérance, et le Jihad veut dire non pas la guerre sainte mais l’effort de résistance au mal en soi et de réforme de soi vers le bien.

Sur le plan idéologique et historique nous disposons donc de toutes les armes pour combattre le terrorisme jihadiste. Sur le plan militaire, nous nous efforçons de le vaincre dans le bassin du Lac Tchad où la Force Mixte Multinationale composée des contingents de quatre pays (Cameroun, Niger, Nigeria, Tchad) combat Boko Haram. Nous nous efforçons également de le vaincre au Sahel, notamment au Mali avec la force conjointe du G5 Sahel composée des contingents du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad. Cette force manque cruellement de moyens, je profite de la présente tribune pour lancer un appel à la communauté internationale afin de la doter de moyens nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

Mesdames, Messieurs,

Il est important de promouvoir le dialogue inter-religieux et intra religieux. Nous avons le devoir d'en parler, surtout ici en Westphalie où a été enterrée, en 1648, la hache de la guerre des religions. Pour qu’il soit fécond, ce dialogue doit se faire dans le respect, en absence de tout prosélytisme et de tout syncrétisme.

C’est dans cet esprit que nous avons créé au Niger, des comités de dialogue inter-religieux et intra religieux. Ces comités de dialogue inter-religieux et intra religieux sont créés au niveau départemental et au niveau régional pour débattre de toutes questions ayant trait aux pratiques religieuses, ainsi que de tout différent entre associations qu’elles soient de la même obédience religieuse ou non. Compte tenu du succès enregistré par ces comités, un comité National de dialogue inter religieux est en cours de création pour la prise en charge des mêmes questions au niveau national.

La démarche du Niger part du constat que toutes les religions monothéistes prônent les mêmes valeurs positives essentielles à la culture de la paix notamment le pardon, la tolérance, la générosité, l’altruisme, le respect de la personne et de la vie humaine, etc.

Par ailleurs, il a été créé une Haute Autorité à la Consolidation de la Paix (HACP). Elle déploie ses activités sur le territoire national avec beaucoup de succès. Les activités de cette institution ont été recentrées autour des actions de développement pour marquer le lien indéfectible entre paix, Sécurité et Développement. Les actions de la HACP visent ainsi à revitaliser l’économie nationale en produisant des dividendes de paix immédiats au profit des populations cibles. Il s’agit entre autres des activités relatives à l’établissement de services administratifs essentiels, à l’encadrement technique et à l’appui institutionnel aux collectivités des zones sensibles, à la réalisation des services sociaux de bases comme la santé, l’éducation, l’hydraulique.

La HACP a également mis l’accent sur le renforcement des capacités dans la promotion de la coexistence et la résolution pacifique des conflits entre les communautés d’éleveurs et celles d’agriculteurs, à travers des rencontres de la paix. Il s’agit de renforcer la culture du débat démocratique contradictoire et développer les capacités de compromis et de consensus chez les acteurs intéressés ou concernés par les conflits.

Mesdames et Messieurs,

Les inégalités, la pauvreté, l'insécurité provoquée par le terrorisme et les organisations criminelles notamment de trafic de drogue, constituent, comme on le sait, certaines des causes profondes de la migration clandestine contre laquelle nous nous battons au Niger. Ce combat, nous le poursuivrons car il nous parait moralement inacceptable que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants meurent dans le désert et en méditerranée. Nous le poursuivrons également pour la sécurité de notre pays car les passeurs sont à la fois des trafiquants d'armes et d'êtres humains. 

 

Mesdames et Messieurs,

Ce que je viens de dire peut être résumé en quelques mots par cette phrase de Nelson Mandela, ce leader visionnaire qui inspire au-delà de l’Afrique: ‘’ Personne ne pourra se reposer en paix tant que des gens seront courbés par le poids de la faim, des maladies, du manque d’éducation, et tant que des millions d’autres personnes à travers le monde vivront dans l’insécurité et la crainte quotidienne’’

J'encourage donc Sant'Egidio à poursuivre son combat pour la paix, contre la pauvreté et la faim, contre les inégalités, pour le dialogue inter et intra religieux et pour un monde plus juste et plus humain.

Je vous remercie.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU NIGER CHAMPION DE L'UNION AFRICAINE POUR LA ZONE DE LIBRE-ECHANGE CONTINENTALE, A L’OCCASION DE LA TROISIÈME RÉUNION DES MINISTRES AFRICAINS DU COMMERCE

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Monsieur le Premier Ministres,

Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République,

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Commissaire Chargé du Commerce et de l'Industrie, de la Commission de l'Union Africaine,

Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Consulaires,

Mesdames,  Messieurs.

 

Je voudrais avant tout propos souhaiter la bienvenue aux participants à cette  troisième réunion des Ministres africains du Commerce sur la zone de libre-échange continentale. Le Niger et son peuple sont fiers et heureux  d’abriter cette importante rencontre consacrée à la promotion du  développement économique et social et à l’accélération de l’intégration de notre continent.

 

Le Président Kwame Nkrumah, un des pères fondateurs de l’organisation de l’unité Africaine, ancêtre de l’Union Africaine actuelle, disait parlant de l’avenir de notre continent : « l’Afrique doit s’unir ou périr ».  Chaque fois que je regarde la carte de l’Afrique avec ses 54 Etats, j’ai l’impression de regarder un miroir brisé et je mesure la justesse des propos de ce grand leader Africain.

 

Les chefs d’Etat et de Gouvernement Africains ont pris conscience, certes avec un peu de retard, de la nécessité de l’union des  Etats  du continent, et ont engagé un certain nombre d’initiatives dans ce sens, notamment la transformation institutionnelle de l’organisation de l’unité Africaine en Union Africaine et l’élaboration d’un cadre stratégique de développement à long terme dénommé Agenda 2063. L’Agenda 2063 est une vision à long terme qui fixe les objectifs à atteindre par le continent, en 2063,  année du centième anniversaire de la création de l’organisation de l’unité Africaine.

 

L’Afrique, a en effet besoin d’accélérer la mise en œuvre des engagements de la vision 2063, qui constitue désormais le but commun vers lequel doivent tendre toutes les actions.

 

 

L’avenir que nous voulons pour l’Afrique est bien défini. En effet nous nous sommes solennellement engagés à atteindre les aspirations suivantes :

 

-         Une Afrique prospère fondée sur la croissance inclusive et le développement durable ;

-         Un continent intégré, uni sur le plan politique et ancré dans les idéaux du panafricanisme et la vision de la renaissance africaine ;

-         Une Afrique où bonne gouvernance, démocratie, respect des droits de l’homme, justice et état de droit sont à l’ordre du jour ;

-         Une Afrique vivant dans la paix et dans la sécurité ;

-         Une Afrique dont le développement est axé sur les populations, qui s’appuie sur le potentiel de ses populations, notamment celles des femmes et des jeunes, qui se soucie du bien-être des enfants. Et

-         Une Afrique qui agit en tant qu’acteur et partenaires forts, unie et influente sur la scène mondiale.

 

 

C’est  justement pour répondre à ces aspirations que nous avons notamment décidé de la création de la Zone de Libre Echange Continental (ZLEC) d’ici la fin de l’année 2017. Une zone de libre-échangeest un espace économique dans lequel des États membres éliminent entre eux les droits de douaneainsi que les restrictions quantitatives à l'importation. Avec la mise en place de la ZLEC, l’Afrique toute entière, ne sera qu’un marché unique de 1,3 milliards de consommateurs où les produits circulent et s’échangent librement. La ZLEC constituera un cadre harmonisé de production et de commercialisation en mesure de booster la croissance de l’ensemble des Etats du continent. L’Afrique pourra réaliser son ambition de transformation locale de ses matières premières et d’amélioration de son poids dans le commerce mondial.

 

 Du fait de l’importance accordée à ce projet, l’Union Africaine en a fait le premier objectif de son Agenda 2063, et les chefs d’Etat et de Gouvernement portent à sa réalisation une attention particulière. C’est à ce titre qu’ils m’ont fait l’honneur de me désigner champion pour ce projet, c’est-à-dire responsable du suivi de sa préparation à son achèvement, à charge de leur rendre compte lors de nos rencontres au sommet.

 

C’est une responsabilité exaltante qui m’honore et que j’ai acceptée avec le plus grand plaisir car je sais que je peux compter sur votre engagement personnel en tant que Ministres chargés de la promotion du commerce dans vos pays respectifs ainsi que sur le soutien de Chefs d’Etat et de Gouvernements africains.

 

 C’est une charge dont je mesure la gravité au regard des contraintes spécifiques auxquelles pourraient faire face certains pays du continent sur cette question, mais je ne doute pas que la volonté d’intégration des peuples africains primera sur les intérêts particuliers des Etats et sera la boussole qui vous guidera pour  progresser rapidement vers l’atteinte de notre objectif, celui de soumettre à la sanction des autorités de l’union Africaine un projet de protocole consensuel à l’échéance de Décembre 2017.

 

   Mesdames et Messieurs,

 

 Votre réunion d’aujourd’hui constitue par conséquent une étape cruciale pour la concrétisation de la décision des Chefs d'État et de Gouvernement de l'Union Africaine de janvier 2012, relative au Plan d'action pour le renforcement du commerce intra-africain, qui a convenu d'une feuille de route pour la création d'une Zone de Libre-échange Continentale  à l’horizon 2017.

 

Vous avez entre vos mains les conclusions du Forum de négociations de libre échange qui, après six sessions, vous a soumis ses propositions sur le Protocole portant création de la Zone de Libre-Echange Continentale. Il vous appartient de les examiner de manière approfondie, pour apporter le cas échéant, les améliorations nécessaires.

 

Je ne doute pas que vous allez adopter une méthodologie de travail dynamique qui vous permettra de faire de grandes avancées afin que, à  la quatrième session que vous prévoyez de tenir ici à Niamey, au mois d’octobre prochain, vous puissiez  finaliser le projet de protocole,  atteignant ainsi à temps l’objectif de la haute mission qui vous a été assignée.

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

Nous pouvons mettre fin au  paradoxe d’une Afrique qui regorge d’énormes ressources naturelles et dont les populations sont les plus pauvres du monde, une Afrique exportatrice de matières premières sans aucune transformation et dont les pays sont victimes de la détérioration des termes de l’échange, une Afrique dont la contribution au commerce mondial est marginale. Il suffit tout simplement d’avoir  foi dans l’entreprise commune consistant à rassembler les 54 Etats africains dans une zone de libre-échange Continentale, avec un marché de plus d’un milliard d’habitants et un Produit Intérieur Brut de plus de 3400 milliards de dollars.

 

Notre devoir sera alors, en tant qu’africains, de nous investir davantage sur nos propres priorités, sur notre propre marché, et de sortir nos économies de l’extraversion qui les a trop longtemps caractérisée. Et, à cet égard, la jeunesse et les opportunités  offertes par l’économie numérique représentent justement des éléments clés pour créer une nouvelle économie de la production fondée sur le développement  des start-ups propres à élargir la classe moyenne africaine et le développement du continent.

 

 

Il est aujourd’hui déplorable de constater que le commerce intra africain ne dépasse pas 13% des échanges globaux de l’Afrique, faute de filières industrielles endogènes à même de satisfaire les marchés intérieurs. Selon l’Organisation Mondiale du commerce, la part des exportations de l’Afrique destinées à ses propres marchés, ne représentent que 17,7% du total en 2014, contre 36% vers l’Europe et 23% vers l’Asie.

 

La Zone de Libre Echange Continentale pourrait contribuer à développer le commerce intra africain, à améliorer la compétitivité au niveau de l’industrie et des entreprises, en exploitant les possibilités d’une production à grande échelle, l’accès aux marchés continentaux, et une meilleure réaffectation des ressources. Elle constitue,  par conséquent, l’une des conditions de l’affirmation de la place de l’Afrique dans l’Economie mondiale.

 

 

 

 

Mesdames et Messieurs,

 

         L’Afrique s’est résolument engagée dans la voie de son développement économique et social, en adoptant des stratégies volontaristes dans ce sens, dont la lame de fond est l’Agenda 2063. C’est une vision qui est en phase avec les autres initiatives mondiales et en particulier les Objectifs du Développement Durable des Nations Unis.

 

         La bonne gouvernance constitue désormais une exigence que les citoyens africains mettent en avant pour désigner leurs dirigeants et mettre en place les  institutions qu’ils choisissent. Les conséquences de ce choix par les africains ont abouti à une relative stabilité économique dans le cadre des communautés économiques régionales africaines. Cette situation démontre la pertinence des politiques d’intégration de nos pays et la nécessité de la conforter pour garantir nos pays contre les chocs exogènes. Il est en effet incontestable que l’insécurité et le terrorisme, les migrations illégales et les trafics criminels d’êtres humains, qui  sapent nos efforts de développement économique et social, seront plus efficacement combattus par des pays africain prospères et  intégrés.

 

         Il est heureux de constater le niveau élevé d’intégration atteint par les pays africains, au niveau de certaines de nos communautés économiques régionales. Certaines, parmi elles, sont dans une dynamique tripartite, comme c’est le cas au niveau de l’Afrique de l‘Est, australe et centrale, avec l’accélération de la coordination du processus d’intégration entre le Marché Commun de l’Afrique Orientale et Australe (COMESA), la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), et la Communauté de l’Afrique de l’Est (’EAC). C’est ce même esprit qui prévaut au niveau de la CEDEAO, où les efforts d’intégrations sont réels, avec la libre circulation de personnes et des biens et la volonté d’approfondir le processus, y compris en accélérant la mise en place d’une monnaie unique.

 

         C’est dire, Mesdames et Messieurs les Ministres, que les bases de l’intégration africaine à travers le libre-échange continental sont déjà jetées. Il s’agit pour nos pays de garder ce cap qui nous est prescrit par l’Agenda 2063. Il s’agit de renforcer notre engagement dans nos communautés économiques régionales et d’aborder les prochaines étapes de l’Union douanière et de l’Unité de notre continent.

 

Nous pouvons donc être fiers de contribuer ainsi au processus d’intégration de notre continent. Les Ministres de Commerce que vous êtes sont les artisans de cette transformation qualitative de la place de l’Afrique dans le commerce mondial, une place qui tiendra désormais compte du poids véritable de l’Afrique et des africains dans la création de la richesse globale et, par voie de conséquence,  de l’influence du continent sur la scène internationale.

 

Avant de terminer mon propos, je tiens à remercier chacun et chacune de vous pour  votre dévouement au service de l’Afrique, qui vous a permis  d’atteindre dans des délais très courts, le niveau actuel d’avancement dans l’exécution de la mission qui vous a été confiée.

 

Je voudrais aussi vous exprimer l’engagement du gouvernement nigérien à adhérer aux décisions communes qui seront adoptées par nos instances continentales sur la zone de libre-échange continentale. Le Gouvernement nigérien est, en cela, en phase avec les aspirations profondes du peuple nigérien, qui est un fervent partisan de l’intégration. Je ne doute pas que les populations africaines sont animées du même esprit d’unité et d’engagement.

 

Sur ce je déclare ouverte la troisième session de la réunion des Ministres Africains du Commerce sur la zone de libre-échange continentale.

 

 

Je vous remercie de votre attention.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER, CHEF DE L’ETAT, A LA CONFERENCE SUR LE « PARTENARIAT AFRIQUE G20 – INVESTIR DANS UN AVENIR COMMUN »

Excellence Madame la Chancelière;

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;

Mesdames et Messieurs ;

 

Permettez-moi tout d’abord de m’acquitter d’un agréable devoir, à savoir adresser au Gouvernement et au Peuple allemands notre profonde gratitude pour l’accueil chaleureux qui nous a été réservé et pour tous les soins dont nous sommes entourés depuis notre arrivée dans cette ville combien belle et historique de Berlin.

 Qu’il me soit également permis de remercier très sincèrement la Chancelière Fédérale Dr Angela Merkel pour l’intérêt tout particulier qu’elle accorde à l’Afrique.

La présente conférence qui porte sur le partenariat G20-Afrique qu’elle a bien voulu organiser ici à Berlin, en témoigne éloquemment. En témoigne aussi sa décision de faire de 2017, l’année de l’Afrique en Allemagne.

 

Mesdames et Messieurs

 

L’Europe et l’Afrique ont un destin commun. En témoignent la proximité géographique, une partie de leur histoire commune ainsi que les brûlants problèmes de la migration, du terrorisme et de crime organisé. Par ailleurs, le développement de l’Afrique peut soutenir la croissance en Europe et de manière générale dans le monde. L’Afrique a besoin de l’Europe qui, à son tour, a besoin de l’Afrique. Il est donc normal que les deux continents investissent dans un avenir commun. Cela nécessitera, des efforts de part et d’autre dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant. Cela justifie que l’Europe et l’Allemagne pèsent de tout leur poids, au sein du G20, pour qu’un véritable plan Marshall, désormais plan Merkel, soit conçu  et mis en œuvre pour le développement de l’Afrique.

 

Mesdames et Messieurs

Le premier Plan Marshall, celui des Etats-Unis d’Amérique en faveur de 13 pays Européens, a nécessité la mobilisation de 4% du PIB des Etats-Unis pendant cinq ans, de 1947 à 1951. Le plan Merkel en faveur de l’Afrique nécessitera plus de temps et certainement beaucoup de ressources. Déjà, dans le cadre des objectifs de développement durable(ODD), les besoins d’investissement de l’Afrique sont évalués à 600 milliards de dollars par an, jusqu’en 2030. Cela représente environ 1% du PIB des pays du G20 ou 1,5% de celui des pays du G7.

En 2015, le montant de l’aide publique étant seulement de 50 milliards, il est évident qu’il faut d’autres sources de financement pour couvrir ces besoins. Ces sources de financement sont :

-        L’accroissement des recettes fiscales internes des Etats africains dont la pression fiscale moyenne n’est que de 17% contre 35% pour les pays de l’OCDE. Au Niger, notre objectif est un taux de pression fiscale de 20% en 2020 et de 25% en 2030. Pour réaliser cet objectif il faut que l’Afrique cesse d’être un simple réservoir de matières premières et il faut que le commerce entre elle et le reste du monde soit équitable.

-        Les investissements privés qui peuvent être catalysés par l’aide publique au développement. Pour les attirer, les Etats Africains doivent promouvoir la bonne gouvernance politique et économique. Plus précisément il s’agit de garantir les libertés et de lutter contre la corruption. Il s’agit aussi de créer les conditions d’un climat favorable aux affaires, d’assurer la paix et la sécurité.

C’est à tout cela que nous nous attelons au Niger où les libertés sont garanties, la lutte contre la corruption progresse, les réformes sur le climat des affaires se poursuivent, une lutte implacable est menée contre le terrorisme et le crime organisé, pour garantir la paix et la sécurité. Le Niger a également mis en place un excellent cadre de partenariat public-privé.    

Par ailleurs, l’accélération de l’intégration peut aider au développement du Continent. C’est le lieu de rappeler que le processus de mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale doit déboucher sur un accord d’ici la fin de l’année. La réunion des Ministres du Commerce qui se tient à Niamey les 15 et 16 Juin 2017 constitue une étape importante de ce processus.

 

Mesdames et Messieurs

L’Afrique a une vision, celle qui est définie dans l’agenda 2063. Elle a aussi une structure démographique favorable avec un actif démographique qui peut être transformé en dividende économique.                                                                                                                                                    

Il s’agit là de deux conditions favorables à la mise en œuvre d’un plan Merkel dont les objectifs doivent être centrés sur :

-        Le développement du capital humain.  Au Niger nous avons décidé de consacrer 25% de nos ressources budgétaires à l’éducation notamment celle des jeunes filles. Nous mettons un accent particulier sur la formation professionnelle et technique qui représentera 40% du système éducatif en 2020. Nous mettons également l’accent sur l’accès aux soins de santé notamment en matière de santé de la reproduction afin de relever le défi de la transition démographique

-         Les infrastructures routières, ferroviaires, énergétiques et de télécommunication. Il s’agit ici de créer les conditions d’une meilleure compétitivité de l’économie et d’exploiter les avantages offerts par la révolution numérique.

-        La promotion du développement agricole qui se traduit au Niger par la mise en œuvre de l’initiative 3N « les Nigériens nourrissent les Nigériens » qui vise la faim zéro en 2021. La promotion du développement agricole est le meilleur instrument de lutte contre la pauvreté qui, en Afrique, est rurale et féminine. La promotion de développement agricole suppose, bien entendu, la lutte contre le changement climatique qui dégrade les terres cultivables.

 

Mesdames et Messieurs

« J’ai voyagé à travers l’Afrique. Je n’ai pas vu de mendiants ni de voleurs. J’ai vu des personnes avec de hautes valeurs morales et je pense que nous ne pouvons pas conquérir ce pays à moins que nous ne brisions/ effacions la colonne vertébrale de cette nation qui est sa spiritualité et son héritage culturel. Par conséquent je propose que l’on remplace son ancien système éducatif et culturel, ainsi quand les Africains penseront que ce qui vient de l’étranger et en particulier de l’Angleterre est meilleur que ce en quoi ils croyaient, ils perdront l’estime de soi, leur culture et ils deviendront ce que nous voulons qu’ils soient, à savoir une véritable nation dominée ». Ces mots sont de Lord Macaulay qui, le 2 février 1835, prononçait un discours devant le parlement Britannique. Pour que le plan Merkel réussisse, l’Afrique doit se redresser, retrouver cette estime de soi indispensable aux grandes ambitions. Elle doit renaitre sur le plan culturel et se moderniser sur le plan social, politique et économique. Elle doit aussi être mieux représentée au sein des instances internationales notamment au sein du conseil de sécurité conformément à la position commune définit dans le consensus d’Ezulwini.

 

Je vous remercie.

 

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER, CHEF DE L’ETAT A L’OCCASION DE LA SIXIEME REUNION DU COMITE DE HAUT NIVEAU SUR LA SECURITE ALIMENTAIRE DANS L’ESPACE UEMOA

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur le Président de la Commission de l’UEMOA,

Mesdames, Messieurs,

Je vous remercie, tous, d’avoir marqué de votre présence la sixième session du Comité de Haut Niveau sur la Sécurité Alimentaire et nutritionnelle dans l’espace UEMOA. Je vous souhaite naturellement un excellent séjour au Niger.

Depuis six ans, notre Comité a eu à se réunir une fois par an pour entériner l'information relative au statut alimentaire de notre région sur la base des analyses du dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires et du Réseau de Prévention des Crises Alimentaires, pour partager les expériences sur les approches pertinentes en matière de développement agricole et de promotion de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Le Comité est aussi un cadre d'orientation stratégique et technique.

 

Sa présente session est consacrée à l’examen de la situation agropastorale 2016-2017 et aux perspectives de la campagne d’hivernage 2017-2018. Elle se tient dans un contexte particulier marqué par la persistance de la situation sécuritaire dans le Sahel et le Bassin du Lac Tchad, l’apparition dans la région, de la chenille légionnaire d’automne après l’épidémie de la fièvre de la vallée du Rift.

 

A cette situation s’ajoutent, la crise alimentaire qui sévit dans la région, malgré la bonne production agricole enregistrée l’année passée, et la baisse des revenus des populations due à la récession économique au Nigeria.

 

Prenant en compte l’importance des échanges intracommunautaires dans le renforcement de la sécurité alimentaire, lors de la cinquième session, j’avais insisté sur le respect des textes communautaires en matière de libre circulation ainsi que le développement des infrastructures terrestres (routières, ferroviaires) mais aussi, la prise en compte de l’impact des échanges au sein de la CEDEAO sur la sécurité alimentaire.

J’avais également demandé d’inscrire à l’ordre du jour de la prochaine session, la possibilité d’ouverture du Comité aux Ministres en charge de l’Environnement, de la Pêche et de l’Aquaculture.

 

Lors de la précédente session, j’avais également insisté sur la nécessité de disposer d’une énergie en quantité suffisante et à faible coût mais également sur :

 

-      l’instauration d’un mécanisme de suivi des recommandations et la nécessité de systématiser l’état de leur mise en œuvre, à chaque réunion des Ministres de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche de l’UEMOA ;

-      l’amélioration de la maîtrise de l’eau ;

-      l’accroissement de la productivité agricole ;

-      le renforcement de la qualité de stockage des produits ;

-      le suivi des statistiques agricoles et l’information des marchés agricoles ;

-      la systématisation de l’estimation de la production fourragère chaque année.

 

Je me réjouis de constater que sur l’essentiel de ces sujets, des mesures ont été prises par les acteurs concernés, en particulier les Organes et Institutions de l’Union, tel qu’il ressort des conclusions de la réunion des Ministres qui vient de se tenir.

 

Mesdames et Messieurs,

Le rapport de la réunion des Ministres fait ressortir pour la campagne agricole 2016-2017, une situation agricole globalement satisfaisante avec toutefois, la persistance dans tous les Etats membres, à l’exception de la Côte d’Ivoire, de zones avec des populations en situation de crise alimentaire.

S’agissant de l’élevage, un déficit fourrager et hydrique dû à l’épuisement des ressources fourragères et au faible remplissage des points d’eau de surface, est noté dans les zones pastorales et agro-pastorales des pays sahéliens.

C’est le lieu pour moi d’inviter les Organes et Institutions de l’UEMOA ainsi que les partenaires techniques et financiers à prendre les mesures diligentes en vue de faire face à cette situation d’urgence.

Au demeurant, je voudrais, au nom de mes collègues Chefs d’Etat, vous féliciter pour votre engagement dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans notre espace.

L’élaboration du Programme communautaire décennal pour la transformation de l’agriculture pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans l’espace UEMOA constitue une réponse appropriée en vue d’une solution durable.

A cet égard, j’exhorte la Commission de l’UEMOA à accélérer et intensifier sa mise en œuvre.

Il me plait d’évoquer la contribution du Niger depuis 2011 en matière de développement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Dans la mise en œuvre de l'initiative 3N, le Niger a mis l'accent à la fois sur les solutions structurelles et sur les solutions d'urgence.

Les solutions structurelles ont porté sur:

-      l'accroissement des productions sous-irrigation et des cultures de décrue;

-      L'accroissement et la diversification de la production par la modernisation des cultures pluviales;

-      La sécurisation des systèmes de production animale avec intensification des systèmes à cycle long et à cycle court;

-      La gestion durable des terres et des écosystèmes;

-      La valorisation des produits forestiers ligneux et non ligneux;

-      L'approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agro-alimentaires;

La maîtrise de l'eau et la mise en place de la maison du paysan sont au centre des solutions structurelles.

Par ailleurs, chaque année, le Gouvernement élabore et met en œuvre un plan de soutien pour faire face aux situations d'urgence. Ce plan est axé sur les opérations d'achat des céréales pour le Système National de Sécurité (SNS), les opérations de distribution gratuite ciblée, les appuis en semences d’urgence, les opérations de vente à prix modérés d’aliments bétail aux éleveurs vulnérables, les ventes à prix modérés des céréales aux ménages vulnérables, la mise en œuvre de Programmes cash for work et la réalisation de Bandes pare feux visant à sécuriser les ressources naturelles et à lutter contre la pauvreté ; les Appuis  en vivres aux cantines scolaires.

 

Mesdames et Messieurs,

La vigilance dans le suivi de la situation agropastorale qui démarre doit être accrue surtout dans ce contexte où les questions sécuritaires et humanitaires ont un impact considérable sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations.

Ce constat est d’ailleurs fait au Niger où l’afflux de nombreux réfugiés et déplacés dans la région de Diffa a fortement dégradé la situation alimentaire des populations.

Je suis convaincu qu’avec la conjonction de tous nos efforts et de l’appui de la Communauté internationale, nous arriverons à contenir toutes ces difficultés.

 

C’est sur cette note d’espoir que je déclare ouverte la sixième réunion du Comité de Haut Niveau sur la Sécurité alimentaire et nutritionnelle.

 

Je vous remercie de votre attention.

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ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER A l’ OCCASION DE LA VISITE DE NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA

Je voudrais, avant tout, exprimer l'immense plaisir que nous avons de vous recevoir aujourd'hui à Niamey.

Nous sommes heureux d’accueillir un frère et un ami, un dirigeant d’un pays avec lequel nous partageons une riche histoire commune, constamment revivifiée par des générations de nigériens, qui ont adopté votre beau pays, si accueillant et si prospère.

 

         Nous sommes aussi heureux d’accueillir le digne représentant du pays de Kwame N’Krumah, fervent défenseur et précurseur de l’intégration Africaine, que nous admirons tous pour son combat courageux en faveur de la dignité et du développement de l’Afrique.

 

Le peuple nigérien et son Gouvernement sont fiers de vous recevoir pour votre première visite au Niger juste cinq mois après votre prise de fonction.

Monsieur le Président,

Votre pays, le Ghana, en accédant à l’indépendance dès 1957, sous le leadership de Dr Kwame Nkrumah, a fortement inspiré les autres pays africains dans leur lutte pour l’émancipation et l’indépendance.

Le combat du Ghana et de ses dirigeants a débordé des frontières nationales pour embrasser l’ensemble du continent dans une perspective de décolonisation totale et d’unité.

Dans ce combat, des six pères fondateurs du Ghana, communément appelés the « big six », trois sont vos parents directs : je veux parler de J. B. Dankwa votre grand-oncle, de William Ofori Atta votre oncle et Edward Akufo Addo votre père.

Aujourd’hui c’est à votre tour de porter haut le flambeau de cette lutte. En effet c’est à vous que le peuple Ghanéen, dans sa recherche de concrétisation de son désir de changement, a fait confiance en vous portant à la magistrature suprême, lors du scrutin du 7 Décembre 2016.

Votre pays le Ghana se distingue aujourd’hui par son fort ancrage dans l’affirmation du processus démocratique dans notre sous-région. Il a su, par la maturité politique de son peuple, par la force de ses institutions, par son attachement aux valeurs démocratiques, toujours surmonter les écueils susceptibles d’affecter la paix sociale.

Vous êtes un des acteurs de cette réussite. Vous avez contribué au succès du modèle démocratique du Ghana en tant qu’acteur majeur de la politique ghanéenne depuis des décennies, que ce soit en qualité de gouvernant ou d’opposant. Votre élection à la présidence de la République consacre, à juste titre, le choix avisé  des ghanéens sur une personnalité capable de prendre efficacement en charge les défis de l’heure. Elle démontre  aussi la vitalité de la démocratie ghanéenne qui respire bien, et qui permet une alternance pacifique.

 

Il s’agit là d’un choix judicieux car vous êtes un avocat de renom et un homme politique aguerri. En effet, qui d’autre que l’avocat connait mieux les problèmes de son client et est en mesure de leur trouver une solution. Vous avez commencé votre carrière politique très jeune comme secrétaire général du parti PMFJ (People’s Movement  for Freedom and Justice) qui avait conduit la campagne du non au  referendum constitutionnel de 1978, contre une constitution imposant un parti unique sous la coupe du régime militaire. Membre fondateur du NPP (New Patriotic Party) en 1992, vous avez été régulièrement élu au parlement de 1996 à 2008 au titre de la circonscription d’Abuakwa sud. Membre du gouvernement de 2001 à 2007 vous avez successivement occupé les postes de ministre de la justice puis des Affaires Etrangères.

Les faits les plus marquants de votre carrière politique furent sans aucun doute votre participation à trois reprises aux élections présidentielles de 2008, 2012 et 2016. Votre patience, votre courage et votre ténacité sont hors normes tant vous étiez si près de la victoire à chacun de ces scrutins. Nous avons tous en mémoire votre score de 49.13% au premier tour des élections de 2008 et vous avez pourtant perdu au deuxième tour avec 49,77%. Cela ne vous a pas empêché de vous représenter en 2012, de perdre et de vous représenter une fois de plus en 2016 année ou vous avez fait l’objet d’un vote populaire massif.    

 

Monsieur le Président,

 

L’Afrique a besoin d’hommes d’Etat comme vous. Du reste je suis convaincu que sous votre direction, le Ghana connaitra une profonde mutation économique et sociale. Je note d’ailleurs que vous arrivez à la tête du Ghana au moment où au niveau de la CEDEAO nous avons décidé de mettre en œuvre le tarif extérieur commun, au moment où nous avons décidé d’accélérer la libre circulation des personnes et des biens, au moment où nous avons décidé de hâter le pas vers la mise en place d’une monnaie commune, sous la direction d’un comité de haut niveau dont vous et moi assurons désormais la présidence conjointe. Je suis sûr que tous ces chantiers, y compris celui relatif à la monnaie, connaitront des avancées certaines sous votre magistère.

 

Monsieur le Président,

Le mouvement des populations entre nos deux pays  constitue un bel exemple d’intégration de nos peuples, qui ont toujours voulu s’établir et résider dans l’un ou l’autre de nos deux pays, conférant ainsi à nos relations une dimension spéciale.

 

Cela est un avantage et une avancée considérable pour le processus d’intégration sous régional, que les dirigeants de nos deux pays ont toujours su préserver et encourager, contribuant ainsi à l’intégration des peuples, sans laquelle on ne peut parler de véritable intégration.

 

Nous avons le devoir, sur le plan bilatéral, d’encourager les services compétents de nos deux pays à  élaborer, adopter et mettre en œuvre des initiatives dans tous les domaines d’intérêt commun, afin de satisfaire aux attentes fortes de nos concitoyens.

 

Nous avons également le devoir de renforcer et de mettre en œuvre les différents accords qui lient nos deux pays, qui souffrent  souvent du manque de suivi ou de la pleine application des dispositions ambitieuses qu’ils comportent, toutes tendues vers le rapprochement et le brassage de nos deux peuples.

 

Nous avons le devoir de multiplier les consultations bilatérales à des niveaux divers, notamment à notre propre niveau ou à celui de nos Ministres, pour suivre la voie que nous ont montré nos concitoyens. Le Commission Mixte entre nos deux pays doit pouvoir tenir des sessions régulières pour apporter les solutions qu’il faut aux questions qui se posent, afin que nous puissions, ensemble, peser davantage dans le processus d’intégration régional.

Votre présente visite est certainement l’occasion de les renforcer d’avantage. Elle est l’occasion pour nous de partager nos analyses sur les menaces terroristes et criminelles dont sont victimes     les pays de la sous-région, notamment ceux du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad ou sévit Boko Haram. Elle est l’occasion pour les dirigeants des deux pays miniers et pétroliers que nous sommes de partager nos expériences respectives en vue de mieux tirer profit de l’exploitation de nos ressources naturelles dont les prix sont malheureusement en baisse ces dernières années.  

Je tiens à féliciter votre Gouvernement pour les mesures qu’il met en œuvre afin de contenir cette situation que connaissent les pays africains en général, grands fournisseurs de matières premières, mais trop longtemps lésés par les termes de l’échange, qui les confinent à une place très peu enviable dans le commerce international.

 

Monsieur le Président,

Je voudrais, avant de terminer mon propos, vous réitérer les sentiments sincères d’amitié du peuple nigérien au peuple frère ghanéen et, vous réaffirmer tout l’intérêt que nous attachons à cette visite,  qui revêt pour le Niger une ‘’dimension triple’’  parce que:

 

- C’est une visite qui conforte la dynamique naturelle des citoyens de nos deux pays et que j’ai le grand plaisir d’accomplir aujourd’hui en compagnie de Votre Excellence ;

 

- Parce que c’est aussi une visite qui permet de revitaliser les relations bilatérales entre nos deux pays, dans les domaines d’intérêt commun ;

 

- Parce que c’est enfin une contribution symbolique, mais assez forte de par sa qualité, au processus d’intégration de notre sous-région.

 

Je vous remercie.

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ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE ISSOUFOU MAHAMADOU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER A l’ OCCASION DE LA VISITE DE NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU GHANA

Monsieur le Président, NANA ADDO DANKWA AKUFO ADDO, cher frère et ami

Je voudrais, avant tout, exprimer l'immense plaisir que nous avons de vous recevoir aujourd'hui à Niamey.
Nous sommes heureux d’accueillir un frère et un ami, un dirigeant d’un pays avec lequel nous partageons une riche histoire commune, constamment revivifiée par des générations de nigériens, qui ont adopté votre beau pays, si accueillant et si prospère.

Nous sommes aussi heureux d’accueillir le digne représentant du pays de Kwame N’Krumah, fervent défenseur et précurseur de l’intégration Africaine, que nous admirons tous pour son combat courageux en faveur de la dignité et du développement de l’Afrique.

Le peuple nigérien et son Gouvernement sont fiers de vous recevoir pour votre première visite au Niger juste cinq mois après votre prise de fonction.
Monsieur le Président,
Votre pays, le Ghana, en accédant à l’indépendance dès 1957, sous le leadership de Dr Kwame Nkrumah, a fortement inspiré les autres pays africains dans leur lutte pour l’émancipation et l’indépendance.
Le combat du Ghana et de ses dirigeants a débordé des frontières nationales pour embrasser l’ensemble du continent dans une perspective de décolonisation totale et d’unité.
Dans ce combat, des six pères fondateurs du Ghana, communément appelés the « big six », trois sont vos parents directs : je veux parler de J. B. Dankwa votre grand-oncle, de William Ofori Atta votre oncle et Edward Akufo Addo votre père.
Aujourd’hui c’est à votre tour de porter haut le flambeau de cette lutte. En effet c’est à vous que le peuple Ghanéen, dans sa recherche de concrétisation de son désir de changement, a fait confiance en vous portant à la magistrature suprême, lors du scrutin du 7 Décembre 2016.
Votre pays le Ghana se distingue aujourd’hui par son fort ancrage dans l’affirmation du processus démocratique dans notre sous-région. Il a su, par la maturité politique de son peuple, par la force de ses institutions, par son attachement aux valeurs démocratiques, toujours surmonter les écueils susceptibles d’affecter la paix sociale.
Vous êtes un des acteurs de cette réussite. Vous avez contribué au succès du modèle démocratique du Ghana en tant qu’acteur majeur de la politique ghanéenne depuis des décennies, que ce soit en qualité de gouvernant ou d’opposant. Votre élection à la présidence de la République consacre, à juste titre, le choix avisé des ghanéens sur une personnalité capable de prendre efficacement en charge les défis de l’heure. Elle démontre aussi la vitalité de la démocratie ghanéenne qui respire bien, et qui permet une alternance pacifique.

Il s’agit là d’un choix judicieux car vous êtes un avocat de renom et un homme politique aguerri. En effet, qui d’autre que l’avocat connait mieux les problèmes de son client et est en mesure de leur trouver une solution. Vous avez commencé votre carrière politique très jeune comme secrétaire général du parti PMFJ (People’s Movement for Freedom and Justice) qui avait conduit la campagne du non au referendum constitutionnel de 1978, contre une constitution imposant un parti unique sous la coupe du régime militaire. Membre fondateur du NPP (New Patriotic Party) en 1992, vous avez été régulièrement élu au parlement de 1996 à 2008 au titre de la circonscription d’Abuakwa sud. Membre du gouvernement de 2001 à 2007 vous avez successivement occupé les postes de ministre de la justice puis des Affaires Etrangères.
Les faits les plus marquants de votre carrière politique furent sans aucun doute votre participation à trois reprises aux élections présidentielles de 2008, 2012 et 2016. Votre patience, votre courage et votre ténacité sont hors normes tant vous étiez si près de la victoire à chacun de ces scrutins. Nous avons tous en mémoire votre score de 49.13% au premier tour des élections de 2008 et vous avez pourtant perdu au deuxième tour avec 49,77%. Cela ne vous a pas empêché de vous représenter en 2012, de perdre et de vous représenter une fois de plus en 2016 année ou vous avez fait l’objet d’un vote populaire massif.

Monsieur le Président,

L’Afrique a besoin d’hommes d’Etat comme vous. Du reste je suis convaincu que sous votre direction, le Ghana connaitra une profonde mutation économique et sociale. Je note d’ailleurs que vous arrivez à la tête du Ghana au moment où au niveau de la CEDEAO nous avons décidé de mettre en œuvre le tarif extérieur commun, au moment où nous avons décidé d’accélérer la libre circulation des personnes et des biens, au moment où nous avons décidé de hâter le pas vers la mise en place d’une monnaie commune, sous la direction d’un comité de haut niveau dont vous et moi assurons désormais la présidence conjointe. Je suis sûr que tous ces chantiers, y compris celui relatif à la monnaie, connaitront des avancées certaines sous votre magistère.

Monsieur le Président,
Le mouvement des populations entre nos deux pays constitue un bel exemple d’intégration de nos peuples, qui ont toujours voulu s’établir et résider dans l’un ou l’autre de nos deux pays, conférant ainsi à nos relations une dimension spéciale.

Cela est un avantage et une avancée considérable pour le processus d’intégration sous régional, que les dirigeants de nos deux pays ont toujours su préserver et encourager, contribuant ainsi à l’intégration des peuples, sans laquelle on ne peut parler de véritable intégration.

Nous avons le devoir, sur le plan bilatéral, d’encourager les services compétents de nos deux pays à élaborer, adopter et mettre en œuvre des initiatives dans tous les domaines d’intérêt commun, afin de satisfaire aux attentes fortes de nos concitoyens.

Nous avons également le devoir de renforcer et de mettre en œuvre les différents accords qui lient nos deux pays, qui souffrent souvent du manque de suivi ou de la pleine application des dispositions ambitieuses qu’ils comportent, toutes tendues vers le rapprochement et le brassage de nos deux peuples.

Nous avons le devoir de multiplier les consultations bilatérales à des niveaux divers, notamment à notre propre niveau ou à celui de nos Ministres, pour suivre la voie que nous ont montré nos concitoyens. Le Commission Mixte entre nos deux pays doit pouvoir tenir des sessions régulières pour apporter les solutions qu’il faut aux questions qui se posent, afin que nous puissions, ensemble, peser davantage dans le processus d’intégration régional.
Votre présente visite est certainement l’occasion de les renforcer d’avantage. Elle est l’occasion pour nous de partager nos analyses sur les menaces terroristes et criminelles dont sont victimes les pays de la sous-région, notamment ceux du Sahel et ceux du bassin du Lac Tchad ou sévit Boko Haram. Elle est l’occasion pour les dirigeants des deux pays miniers et pétroliers que nous sommes de partager nos expériences respectives en vue de mieux tirer profit de l’exploitation de nos ressources naturelles dont les prix sont malheureusement en baisse ces dernières années.
Je tiens à féliciter votre Gouvernement pour les mesures qu’il met en œuvre afin de contenir cette situation que connaissent les pays africains en général, grands fournisseurs de matières premières, mais trop longtemps lésés par les termes de l’échange, qui les confinent à une place très peu enviable dans le commerce international.

Monsieur le Président,
Je voudrais, avant de terminer mon propos, vous réitérer les sentiments sincères d’amitié du peuple nigérien au peuple frère ghanéen et, vous réaffirmer tout l’intérêt que nous attachons à cette visite, qui revêt pour le Niger une ‘’dimension triple’’ parce que:

- C’est une visite qui conforte la dynamique naturelle des citoyens de nos deux pays et que j’ai le grand plaisir d’accomplir aujourd’hui en compagnie de Votre Excellence ;

- Parce que c’est aussi une visite qui permet de revitaliser les relations bilatérales entre nos deux pays, dans les domaines d’intérêt commun ;

- Parce que c’est enfin une contribution symbolique, mais assez forte de par sa qualité, au processus d’intégration de notre sous-région.

Je vous remercie.

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