Le Président Issoufou Mahamadou a présenté mardi son rapport sur la ZLEC au 29ème Sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou,  Champion de l’Union Africaine (UA) pour la  Zone de Libre Echange Continentale (ZLEC), a présenté mardi, 4 juillet 2017, son rapport aux dirigeants africains participant au 29ème Sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba, en Ethiopie.
Désigné en janvier dernier par ses pairs, lors du 28ème Sommet de l’UA, Leader  du processus de négociations de la ZLEC, le Président Issoufou Mahamadou a axé son rapport sur les mesures prises pour assurer le respect de l’échéance fin 2017 pour la finalisation du document juridique et des annexes portant sur la création de la ZLEC.
Parlant des principaux événements organisés au cours des six derniers mois, de janvier à juin 2017, le Leader des questions de la ZLEC a insisté sur les conclusions de la 3ème Réunion des Ministres du Commerce de l’Union Africaine tenue en juin 2017 à Niamey, notamment l’Accord sur les modalités de libéralisation du commerce des biens.
Ces modalités, a-t-il précisé, donnent suffisamment de flexibilité et de temps à nos pays pour opérer les ajustements nécessaires et mettre en œuvre les importants engagements qu’ils prendront dans le cadre de la ZLEC.
« Les Ministres du Commerce ont fixé l’objectif ambitieux de 90% pour la libéralisation, qui prend en compte l’objectif global d’intégration de notre continent », a indiqué le Chef de l’Etat.
La Réunion des Ministres du Commerce a été un réel succès sur deux plans, a dit le Président Issoufou Mahamadou. Elle a donné des directives claires pour les négociations des textes juridiques et a également réaffirmé l’engagement des ministres à respecter la décision du Sommet relative à la mise en place de la ZLEC d’ici à décembre 2017, a-t-l soutenu.
SEM Issoufou Mahamadou a informé ses pairs que les Ministres du Commerce  ont indiqué que la ZLEC et le programme d’intégration économique ne devraient pas entrer en concurrence avec d’autres questions sur l’ordre du jour du Sommet de janvier 2018 qui sera déjà surchargé, mais devraient plutôt faire l’objet d’un sommet extraordinaire, au cours du premier trimestre de l’année prochaine.
Par ailleurs, le Chef de l’Etat a invité ses pairs à demander aux Ministres du Commerce « d’entreprendre des activités nationales de sensibilisation de l’ensemble des parties prenantes afin que tous les citoyens des pays africains soient pleinement informés des efforts faits pour mettre en place la ZLEC. »
Il les a assurés qu’il jouera pleinement son rôle, en collaboration avec le Président de la Commission de l’UA et le Commissaire en charge du Commerce et de l’Industrie,  « pour conduire le processus de mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale, dans les délais prévus. »
La finalité, c’est une Afrique avec un marché unique, parlant d’une voix forte, a-t-il ajouté.
« Notre motivation de réussir la mise en place de la ZLEC est dictée par notre vision d’une Afrique intégrée, prospère et en paix », a souligné SEM Issoufou Mahamadou.
Contrairement aux négociations internationales dans lesquelles nous sommes engagées, « la  Zone de Libre Echange Continentale traduit notre désir de créer nos propres opportunités et de trouver nos propres solutions», a-t-il affirmé.
« Notre mission historique, c’est de réaliser l’intégration économique de notre continent, et nous ne trahirons pas cette mission »
Lors d’une conférence de presse immédiatement après la présentation de son rapport, le Président Issoufou Mahamadou a dit avoir rendu compte aux Chefs d’Etat africains, de l’évolution des négociations en vue de la mise en œuvre de la ZLEC, conformément à la mission qu’ils lui ont confiée en janvier dernier.
« L’Afrique est trop divisée, trop balkanisée. J’ai coutume de dire que chaque fois que je regarde une carte de l’Afrique, j’ai le sentiment d’avoir en face de moi un miroir brisé. Effectivement, on note qu’il y a 80.700 kms de frontières en Afrique. Si vous ajoutez à cela des obstacles tarifaires et non tarifaires, il est normal que le commerce intra africain ne représente que 13 pour cent de l’ensemble de nos échanges », a fait remarquer le Chef de l’Etat.
« Nous, Chefs d’Etat, nous avons décidé de changer cela, de donner une impulsion et de stimuler le commerce intra africain en supprimant les obstacles à ce commerce, en supprimant les obstacles tarifaires,  en surmontant  les obstacles non tarifaires », a-t-il indiqué, précisant qu’ils ont un agenda pour atteindre cet objectif, conclure les négociations, lancées en 2015, d’ici à la fin de cette année.
« Depuis six mois, nous avons beaucoup progressé. Nous avons tenu à Niamey des réunions des Experts et des Ministres du Commerce qui ont représenté un grand pas en avant vers la conclusion des accords sur la libre circulation et le libre échange des marchandises et sur le commerce des services », a affirmé le Leader des questions de la ZLEC.
« Notre ambition, c’est un taux d’ouverture des marchés à hauteur de 90 pour cent et la plupart des pays sont d’accord avec ce niveau d’ambition », a-t-il poursuivi, précisant que « sept Etats ont émis des réserves. Ils souhaitent que ce niveau d’ouverture soit limité à 85 %. »
Le Président de la République a cependant indiqué que le futur accord qu’ils vont  signer tiendra compte du cas particulier de certains Etats.
« Par rapport à ces sept pays, nous allons continuer les discussions dans l’espoir de les amener à la position majoritaire d’ouverture à hauteur de 90 % », a-t-il  dit.
Le Président Issoufou Mahamadou a annoncé qu’en novembre et décembre 2017, les Ministres du Commerce vont se réunir à Niamey pour poursuivre les négociations.
Cette réunion sera suivie de celle des Ministres de la Justice pour entériner les propositions qui seront faites par les Ministres du Commerce.
Le prochain Sommet des Chefs d’Etat, qui pourrait être un Sommet Extraordinaire, va se consacrer au débat sur l’Accord de Libre Echange Continental, a-t-il souligné.
En conclusion, le Champion de l’UA pour la ZLEC, après avoir rappelé que chaque génération a sa mission historique qu’elle peut accomplir ou qu’elle peut trahir, a affirmé que « notre mission historique, c’est de réaliser l’intégration économique de notre continent, et nous ne trahirons pas cette mission. Nous en prenons l’engagement devant nos peuples».
Le Chef de l’État était accompagné dans ce déplacement de M. Mahamadou Ouhoumoudou, Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République, M. Ibrahim Yacoubou, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur,  M. Sadou Seydou, Ministre du Commerce et de la Promotion du Secteur Privé, Mme Kaffa Rakiatou Christelle Jackou, Ministre de la Population et Mme Lamido Ousseini Salamatou Bala Goga, Ministre Déléguée auprès du Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération, de l’Intégration Africaine et des Nigériens à l’Extérieur, chargée de l’Intégration Africaine.

Moctar Ahameyed