Réunion de la Task Force de la CEDEAO sur la monnaie unique : « Nous devons aborder la question de l’échéance avec réalisme et responsabilité », déclare le Président de la République

Le Président de la République, Chef de l’Etat, SEM Issoufou Mahamadou, a présidé mardi, 24 octobre 2017 à Niamey, la 4ème Réunion  de la Task Force Présidentielle sur le programme de la monnaie unique de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Cette réunion s’est déroulée en présence notamment des Présidents du Ghana SEM Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, du Nigéria SEM Muhammadu Buhari, de  Côte d’ivoire SEM Alassane Dramane Ouattara et  du Togo SEM Faure Essozimna Gnassingbé, également Président de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO.
Dr Marcel De Souza, Président de la Commission de la CEDEAO, également membre du Haut Comité  sur la monnaie unique, a également pris part à cette importante rencontre.
La Session Extraordinaire au sommet de l’Organisation tenue à Dakar (Sénégal) le 23 octobre 2013, rappelle-t-on, avait désigné, dans le cadre d’un Haut Comité, SEM Issoufou Mahamadou  et SEM Nana Akufo Addo, pour superviser le processus de création de la monnaie unique de l’espace communautaire.
Le Comité  a ensuite été élargi aux Présidents de la Côte d’ivoire,  du Nigéria et  du Togo, assurant la Présidence en exercice de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO.
Dans une intervention préliminaire,  Dr. De Souza a salué la « clairvoyance du Chef de l’Etat SEM Issoufou Mahamadou, pour avoir réussi à réunir  autour de lui les autres  membres du Comité, malgré l’abondance de leurs calendriers respectifs».
Ouvrant  les travaux, le Président de la République a  déclaré que pendant que « nous travaillons à renforcer l’intégration de nos Etats dans tous les domaines, des forces centrifuges et obscurantistes rament à contre-courant et cherchent à déstabiliser nos Etats par des actes de terreur et de barbarie ».
« Nous devons condamner fermement ces actes, et déplorer les pertes en vies humaines subséquentes », a-t-il affirmé, indiquant que les bilans terrifiants des récentes attaques et attentats survenus à Mogadiscio en Somalie, à Maiduguri au Nigéria, à Tongo Tongo et Ayorou au Niger, sont une parfaite illustration du drame qui se joue dans nos pays ».
Le Chef de l’Etat a par ailleurs révélé  qu’à l’issue de l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route sur la monnaie unique, « le Conseil de Convergence, lors de  sa réunion du 17 janvier 2014, a fait ressortir de nombreux défis qui exigent l’abandon de l’approche à  deux vitesses, pour aller directement à la création d’une monnaie unique en 2020 ».
Pour ce faire, a-t-il dit, les Chefs d’Etat ont convenu de mettre en place chacun un Comité d’experts dont la mission est de les assister dans la conduite de ce projet, ainsi que de se réunir de manière alternée au Niger et au Ghana, afin de constater l’état d’avancement du programme.
La mise en place d’une monnaie unique « est à la fois une décision économique et politique, les enjeux sont importants et les défis multiples et redoutables’’, a dit SEM  Issoufou Mahamadou.
Une monnaie unique, en réduisant les coûts des transactions, en faisant converger les taux d’inflation, et en assurant la transférabilité des capitaux, renforcera les échanges des biens et des services, amplifiera la croissance économique et donc, la prospérité des peuples de chacun de nos pays, a-t-il  souligné.
« Nous devons aborder la  question de l’échéance de la monnaie unique avec réalisme et responsabilité », car les  remises en question répétitives des dates de l’avènement de notre monnaie unique, même si elles se justifient, peuvent développer une lassitude et installer un scepticisme dans l’esprit de nos concitoyens ».
SEM Issoufou Mahamadou a suggéré la mise en « circulation à partir de 2020 » d'une monnaie unique au sein des pays de la CEDEAO « qui sont techniquement prêts ».
L'adhésion des autres Etats pourrait se faire « au fur et à mesure », a-t-il dit.
« Nous devons tout mettre en œuvre pour le respect de  la date de 2020, même si nous devrions commencer par une formule novatrice. Par exemple est-il possible d’envisager, suivant une approche gradualiste,  la création formelle par les Etats qui sont techniquement prêts en terme de convergence macroéconomique, d’une monnaie unique qui pourrait circuler comme une unité de compte à partir de 2020, dans un système de compensation dont la mise en place pourrait  provenir d’une harmonisation des systèmes de paiements ?Dans cette hypothèse, les transactions importantes entre les opérateurs économiques de la Communauté seront libellées dans cette monnaie, ainsi que la tenue de  leur  comptabilité. La circulation des signes monétaires pourrait intervenir à une date ultérieure et l’adhésion des autres états se ferait au fur et à mesure de leur aptitude à respecter les critères de convergence. », a expliqué le Chef de l’Etat.
La  réunion a été sanctionnée par un communiqué final  dans lequel les Chefs d‘Etat ont proposé une piste pour contourner les gros problèmes de convergence économique et financière entre les Etats : « une approche graduelle privilégiant un démarrage avec les pays qui respectent les critères de convergence. »
Les chefs d'Etat ont également réaffirmé leur « engagement à la poursuite et l'accélération de la réalisation de l'agenda de l'intégration économique et monétaire », et demandé au comité ministériel de la CEDEAO de « se réunir dans un délai de trois mois pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d'accélérer la création de la monnaie unique en 2020 ».
Lire l’intégralité du discours prononcé par le Président de la république à l’ouverture de cette réunion.

Moctar Ahameyed