Bilan Axe 4 : ASSURER LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE À TRAVERS L’INITIATIVE 3N (LES NIGÉRIENS NOURRISSENT LES NIGÉRIENS)


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Pour assurer la sécurité alimentaire, le Gouvernement a mis en œuvre le programme d’urgence 2011-2012 et, par la suite, l’Initiative 3N adoptée en avril 2012 qui a pour objectif de mettre les populations nigériennes à l’abri de la famine et de leur garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus.

 

Pour atteindre les résultats fixés à l’horizon 2015, une impulsion supplémentaire a été donnée dans la mise en œuvre des programmes d’investissement prioritaires de l’I3N. C’est dans ce sens que le plan d’accélération de l’Initiative 3N a été élaboré pour la période 2014-2015.

 

La mise en œuvre de l’initiative 3N s’est opérée à travers plusieurs actions dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement et de la gestion des crises et catastrophes.

 

Les autres aspects de l’initiative 3N sont pris en charge dans les secteurs concernés. Il s’agit notamment des routes rurales, intégrées dans le volet équipement, de la commercialisation des produits agropastoraux, intégrée dans le commerce, et de la microfinance prise en charge dans les finances.

 

Encadré : L’Initiative 3N « les Nigériens Nourrissent les Nigériens »  : une composante phare du Programme de Renaissance.

L’Initiative 3N «les Nigériens Nourrissent les Nigériens» est une stratégie nationale de sécurité alimentaire et nutritionnelle dont l’objectif global est de : «contribuer à mettre les populations nigériennes à l’abri de la faim et leur garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus». 

 

L’I3N est un programme intégré de promotion de développement en milieu rural dont l’opérationnalisation se fait à travers la mise en place d’un kit de service pour chaque commune rurale, village et ménage en fonction du niveau d’équipement déjà réalisé, des potentialités agro-écologiques du terroir (pluviométrie, fertilité des sols, vocation agricole, etc.), du type de production ciblée (agriculture pluviale, cultures irriguées, élevage, pêche, cueillette, etc.) et des besoins spécifiques du groupe cible.

 

Ces kits couvrent les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement, de la nutrition, de la commercialisation et du développement communautaire. Ce dernier comprend notamment la création au niveau d’une commune d’une mutuelle d'épargne et de crédit, d’une mutuelle de santé communautaire, d’une radio communautaire, des pistes rurales de desserte, d’un centre polyvalent de formation et d'encadrement des producteurs, d’un fonds communal de sécurité alimentaire et d’un observatoire de suivi de la vulnérabilité, alerte et prévention des crises.

 

Elle est articulée autour de 5 axes stratégiques que sont :

 

Axe n° 1 : Accroissement et diversification des productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques ;

Axe n° 2 : Approvisionnement régulier des marchés ruraux et urbains en produits agricoles et agroalimentaires ; 

Axe n°3 : Amélioration de la résilience des populations face aux changements climatiques, crises et catastrophes ; 

Axe n°4 : Amélioration de l’état nutritionnel des nigériennes et des nigériens ;

Axe n° 5 : Création d’un environnement favorable à la mise en œuvre de l’Initiative 3N 

 

Dans le cadre de la mise en œuvre de cette initiative, il a été effectivement mobilisé entre 2012 et juin 2015, 1.194,3 milliards de FCFA sur une prévision de 1.000,6 milliards, soit un taux de réalisation de 119,35%, réparti comme suit :

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A ces efforts s’ajoutent la mobilisation de 155 milliards de FCFA dans le cadre de la mise en œuvre du programme d’urgence 2011-2012, élaboré pour répondre aux effets de la mauvaise campagne agricole de cette période.

 

Cet important investissement a permis globalement à l’I3N d’atteindre ses objectifs, car dès 2012, la cible n°1 de l’OMD 1 visant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim a été atteinte. En plus, les performances du secteur primaire enregistrées sur la période 2011-2015 ont induit une croissance de 9%.

 

D’une manière générale, la mise en œuvre du programme d’urgence et du plan d’investissement a permis, entre autres, d’approvisionner les producteurs ruraux en intrants, de réaliser et de réhabiliter des aménagements, des ouvrages de collecte d’eau, de sécuriser et d’intensifier le système de productions animales, de gérer durablement les terres et les écosystèmes, de valoriser les produits forestiers, de prévenir et de gérer les crises alimentaires et autres catastrophes.

 

Agriculture

 

Les principaux objectifs fixés à ce secteur visent :

-         l’amélioration du rendement des cultures pluviales en faisant passer la production céréalière brute annuelle de 3 à 5 millions de tonnes ;

-         l’amélioration de la contribution de l’agriculture irriguée au PIB agricole de 20% en 2011 à 30% à l’horizon 2015  en portant les superficies irriguées de 85.000 à 125.000 ha par :

o   la réhabilitation et la confortation de 10.000 ha ;

o   l’aménagement de 10.000 ha de nouvelles terres ;

o   la réalisation de 20.000 ha de petite irrigation ;

o   la réalisation ou la réhabilitation de 700 ouvrages de mobilisation des eaux pour porter les superficies des cultures de décrue à 50.000 ha en 2015 ;

-         la résorption du déficit céréalier ;

-         la promotion des filières agricoles porteuses des produits à haute valeur marchande.

 

Dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’accélération de l’initiative 3N, il est prévu à fin décembre 2015 la mise en place de 255 plateformes de services intégrés ou maisons de paysans dans toutes les communes rurales du pays. La maison du paysan est un ensemble cohérent d’infrastructures et de services diversifiés mis en place au niveau des communes pour accompagner les producteurs et les entreprises agricoles en vue d’améliorer leur productivité.

 

A cet effet, le Gouvernement a mis en place des semences au niveau des régions. Il s’agit de 39.698,29 tonnes de semences pluviales de céréales (mil et sorgho), de 7.536,18 tonnes de semences légumineuses (niébé et arachide), de 3.370,16 tonnes de semences de céréales irriguées (maïs, sorgho, riz et blé), de 42.961,3 kg de semences potagères, de 6.115 tonnes de semence de pommes de terre et de 88,20 millions de boutures de manioc et patate douce. Le tableau suivant donne la répartition de ces semences et boutures fournies par région.

 

Tableau N°12 : Répartition des semences et boutures par région

  Source   : MAG

Source : MAG

 

En plus des semences, d’autres intrants agricoles ont été mis à la disposition des producteurs. Ils sont composés de 134.284,4 tonnes d’engrais, de 354.315 litres de pesticides et de 1.261.474 sachets de fongicides. A cela, s’ajoutent 1.735 appareils de traitement (ULV) et 3.762 appareils de traitement à pression. Le tableau suivant donne la répartition de ces intrants par région.

 

Tableau N°13 : Répartition des autres intrants agricoles et appareils de traitement phytosanitaire par région

 

   Source    : MAG

Source : MAG

Par ailleurs, des kits communaux, villageois et ménages ont été mis en place.

 

Pour les kits communaux, le Gouvernement a réalisé 98 magasins de stockage, mis en place 218 points de vente par la Centrale d’Approvisionnement en Intrants et Matériels Agricoles (CAIMA) et construit 8 comptoirs d’oignon opérationnels.

 

Par ailleurs, la Société de Transformation et de Commercialisation de l’Oignon du Niger (SOTRACO-Niger SA), qui a lancé ses activités le 29 septembre 2015, a une capacité de conservation de 22.000 tonnes d’oignon et de transformation en poudre de 7.000 tonnes.

 

Pour les kits villageois, il a été créé 151 boutiques d’intrants, dotées de 1.139,36 tonnes d’engrais, et 1.213 banques céréalières dotées de 18.781,15 tonnes de céréales.

 

Quant aux kits ménages, ils portent sur la réalisation de 5.053 parcelles de maraîchage de 250 m2 en moyenne par femme.

 

En plus des kits villageois et ménages, d’autres matériels composés de 12.569 kits à traction animale, 65.568 kits de matériels aratoires, 4.552 charrettes, 2.273 tracteurs, 211 motoculteurs, 216 petites unités de transformation et 167 batteuses ont été mis en place.

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Le Gouvernement a fait de la culture irriguée, un élément clé du plan d’accélération de la mise en œuvre de l’initiative 3N. Dans ce cadre, il a réalisé 4.123 ha de nouveaux AHA, réhabilité 3.864 ha de AHA, conforté 7.260 ha de AHA et aménagé 20.073 ha de superficies de petite irrigation.

 

Le programme d’irrigation est soutenu par la mobilisation conséquente des eaux de surface, à travers la réalisation de 30 mini-barrages (16 nouveaux et 14 réhabilités), de 78 seuils d’épandage (68 nouveaux et 10 réhabilités) et l’aménagement de 110 mares.

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Par ailleurs, l’identification de sites potentiels d’ouvrages (nouveaux ou à réhabiliter) s’est poursuivie sur toute l’étendue du territoire national pour renforcer ce programme d’irrigation. Le nombre de sites potentiels est estimé à 751, dont 94 barrages (67 nouveaux et 27 à réhabiliter), 386 seuils (282 nouveaux et 104 à réhabiliter) et 271 aménagements de mares (237 mares, 15 nouveaux Ouvrages de Contrôle des Mares (OCM) et 19 à réhabiliter). Il est estimé que la réalisation ou la réhabilitation de ces ouvrages permettra de mobiliser plus de 500 millions de mètres cube d’eau et de mettre en valeur sous irrigation plus de 48.000 ha de terres.

 

D’autres ouvrages et des équipements conséquents ont été mis en place. Il s’agit de 30.939 motopompes, 88 pompes immergées, 18.738 forages maraîchers, 4.304 puits maraîchers, 693.010 ml de réseau californien, 534.661 ml de barbelé et 268.128 ml de grillage. La répartition de ces ouvrages et équipements par région est donnée dans le tableau suivant.

Tableau N°14 : Matériels et ouvrages pour les cultures irriguées

 

  Source : MAG

Source : MAG

Toutes ces interventions ont permis d’enregistrer une production céréalière de 23.561.289 tonnes en 5 ans, soit une moyenne annuelle de 4.712.258 tonnes, et de 1.477.631 tonnes de productions irriguées en 4 ans, soit une moyenne annuelle de 369.408 tonnes pour un objectif annuel de 400.000 tonnes, soit un taux de réalisation de 92,35% (voir tableau ci-dessous).

Tableau n 15 : Évolution des productions agricoles 2011-2015

   Source    : MAG

Source : MAG

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Élevage

 

Les engagements portent sur la réalisation de 5.000 points d’eau pastoraux, l’installation de 500 fermes modernes, la mise en place de 200.000 kits petit élevage, la mise en place de 266 centrales d’approvisionnement communales, le renforcement du dispositif de lutte contre les principales maladies du cheptel et de surveillance épidémiologique (taux de vaccination prévu : 80%, 80% et 50% respectivement pour la PPCB, la PPR et la pasteurellose des camelins) et le développement des cultures fourragères irriguées sur 10.000 ha.

 

Afin d’atteindre ces objectifs, le Gouvernement a réalisé plusieurs actions visant la modernisation de l’élevage, la sécurisation des systèmes pastoraux et agropastoraux, la maitrise des conditions sanitaires des animaux et la valorisation des productions animales ainsi que le renforcement des capacités des services d’élevage.

S’agissant de la modernisation de l’élevage, plusieurs actions ont été réalisées en vue de l’amélioration de la compétitivité du système pastoral nigérien. A cet effet, 1.917 vaches ont été inséminées, 344 fermes modernes et 47 fermes avicoles appuyées pour leur installation, 54.669 kits ménages et 28.889 kits volailles mis en place.

 

Dans le même cadre, des actions de reconstitution des petites unités familiales ont été réalisées. Ce qui a permis de distribuer 285.036 petits ruminants, 15.174 ovins, 4.110 bovins d’embouche, 261 chameaux, 2.113 vaches laitières, 1.603 taurillons géniteurs ainsi que 31.508 pintades et poules aux populations vulnérables. Dans le cadre de l’opération Habbanayé, 640 vaches inséminées ont été distribuées aux groupements féminins solidaires Habbanayé dans les 8 régions du pays et 210 chamelles distribuées aux jeunes ruraux.

Le tableau ci-après récapitule ces réalisations sur l’ensemble du territoire national.

Tableau N°16 : Répartition des animaux et kits ménages par région

  Source   : MEL

Source : MEL

Pour faire face aux déficits fourragers, le Gouvernement a mis en place 105.834 tonnes d’aliments bétail, 48 tonnes d’aliments concentrés, 105.576 blocs multi-nutritionnels, 3.000 pierres à lécher, 340 broyeurs, 355 banques d’aliments bétail et 53 centrales communales d’approvisionnement.

Dans le même sens, 18.864 ha de cultures fourragères, comprenant le bourgou, la dolique et les cultures à double fin niébé, arachide et sorgho (fourrages et grains), ont été aménagés.

Ces réalisations concernent toutes les régions du Niger et se répartissent comme suit :

Tableau N°17 : Répartition des aliments bétail et broyeurs par région

 

  Source   : MEL

Source : MEL

A ces quantités d’aliments pour bétail mises à la disposition des régions, s’ajoutent 300 tonnes d’aliments bétail et 400 blocs multi-nutritionnels acquis par le Centre de Multiplication du Bétail et mis à la disposition des Centres Secondaires de Multiplication du Bétail pour l’alimentation des animaux desdits centres.

Par rapport à la sécurisation des systèmes pastoraux, les réalisations ont porté sur le balisage de 12.103 km de couloirs de passage, la récupération de 29.973 ha de parcours, la construction d’une station de pompage, 539 puits pastoraux ainsi que la réhabilitation de 193 autres, la réalisation de 17 forages et la réhabilitation de 15 autres.

   Source    : MHA

Source : MHA

Dans le cadre de la maitrise des conditions sanitaires des animaux terrestres et aquatiques et la sécurité sanitaire des aliments, 52.496.138 animaux ont été vaccinés contre les maladies à déclaration obligatoire et les maladies pseudo-hydro-telluriques. Les taux de vaccination sont de 71,25% pour les bovins, 67% pour les petits ruminants et 56,75% pour les camelins pour des objectifs respectifs de 80%, 80% et 50%. La vaccination de la volaille contre la maladie de New Castle a été également effectuée et a concerné environ 600.000 sujets. Il a été aussi construit 170 parcs et couloirs de vaccination.

Tableau N°19 : Nombre d’animaux vaccinés par région

   Source :    MEL

Source : MEL

   Source :    MEL

Source : MEL

Au niveau de la valorisation des productions animales, 50 marchés à bétail ont été construits, 23 autres réhabilités, 3 abattoirs semi-modernes, 5 abattoirs de capacité moyenne et 44 aires d’abattage ont été construits et un centre de collecte de lait et 6 mini laiteries ont été créés. Ces actions ont significativement amélioré le taux d’exploitation du cheptel qui passe de 10% en 2011 à 20% en 2015.

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Pour rendre le secteur plus dynamique, les capacités des services d’élevage ont été renforcées à travers l’élaboration de documents stratégiques, la formation et le recrutement des ressources humaines et la dotation en moyens logistiques et équipements.

 

Par rapport aux documents stratégiques, la Stratégie de Développement Durable de l’Elevage et son Plan d’actions (SDDEL-2013-2035), celle de Gestion des Ressources Humaines et celle de Communication ainsi que le plan de formation du personnel et les textes complémentaires de l’Ordonnance sur le pastoralisme ont été élaborés.

 

Au niveau de la formation et du recrutement des ressources humaines, 151 agents sont en formation de longue durée dont 79, pour les niveaux Ph.D et masters. De plus, 1.499 autres agents ont reçu des formations de courte durée dans diverses thématiques dont, entre autres, 950 femmes en techniques d’élevage de la chèvre rousse, 32 femmes en techniques d’aviculture et 198 producteurs en fabrication des blocs multi-nutritionnels.

 

Le recrutement a concerné 700 agents, dont 489 cadres et 211 auxiliaires, intégrés à la fonction publique pour étoffer le personnel du Ministère en charge de l’élevage. Avec ce recrutement, le ratio d’encadrement s’est nettement amélioré et passe d’un cadre d’élevage pour 51.210 UBT en 2012 à un cadre pour 19.635 UBT en 2014.

 

En matière de logistique et d’équipements, 72 véhicules, 182 motos et plusieurs autres équipements (ordinateurs, matériels de pesée, glacières, GPS, imprimantes, réfrigérateurs, kits d’inséminateurs, etc.) ont été acquis.

 

Par ailleurs, dans le cadre de renforcement des capacités des centres de multiplication du bétail, le Gouvernement s’est engagé dans un processus de repeuplement et de spécialisation des CSMB. Ainsi, 545 bovins ont été acquis et répartis entre les centres secondaires de multiplication de bétail d’Ibécétène (360 génisses de race Azawak) et de Fako nord Dakoro (175 génisses et 10 géniteurs)

 

Il y a lieu de noter la mise en place de 10 plateformes d’innovation multi- acteurs (8 pour la filière lait, 1 pour l’aviculture et 1 pour le kilichi), de 7 machines à glace, 21 réfrigérateurs solaires, 390 glacières et 8 groupes électrogènes.

 

Pour améliorer la communication au sein du ministère et ses démembrements, il a été mis en place l’internet haut débit au niveau des directions centrales et des 8 directions régionales, l’intranet au niveau central et un site web pour le ministère.

 

Enfin, pour renforcer les capacités d’encadrement de proximité des éleveurs, le Centre de Formation des Volontaires de l’Elevage a été transformé en une Ecole de Surveillants d’Elevage (ESE).

 

Environnement

 

Les principaux engagements du Gouvernement sont de récupérer 260.000 ha de terres dégradées, de fixer 65.000 ha de dunes mouvantes, d’ouvrir 166.000 kml de bandes pare-feu, de lutter contre les plantes envahissantes sur 46.000 ha (dont 40.000 ha de terrestre et 6.000 ha d’aquatique), de produire 48 millions de plants forestiers sur 148.000 ha et d’ensemencer 190.000 ha de parcours.

 

Les actions entreprises ont permis de récupérer 245.020 ha de terres dégradées, de fixer 37.041 ha de dunes vives, d’ouvrir 110.330,72 kml de bandes pare-feu, de traiter 26.779 ha de plantes envahissantes terrestres, de faucarder 1.907,38 ha de plantes envahissantes aquatiques, de produire 37.107.558 plants et de reboiser 135.175 ha de superficie. A ces actions, s’ajoute l’empoissonnement de 265 mares pour améliorer la qualité nutritionnelle des populations.

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Dans le domaine de la salubrité 719.190,44 tonnes de déchets solides et 1.850 tonnes de déchets plastiques ont été collectées et évacuées à fin 2014 avec des taux respectifs de 93,40% et 100% de réalisation.

La répartition par région de ces réalisations est donnée dans le tableau suivant.

Tableau N°21: Réalisations dans le domaine de l’environnement par région

  Source   : ME/SU/DD

Source : ME/SU/DD

Par rapport aux objectifs, les taux de réalisation sont globalement satisfaisants. Ils sont de 94,24% pour les opérations de récupération des terres, 57% pour la fixation des dunes, 66,46% pour l’ouverture des bandes pare-feu, 91,33% pour le reboisement, 66,95% pour les plantes envahissantes terrestres traitées et 31,79% pour les plantes envahissantes aquatiques faucardées.

 

Le coût de ces travaux est estimé à 71 milliards de FCFA et a engendré 146.925 emplois temporaires de 6 mois.

Dans le cadre du renforcement des capacités, le Gouvernement a adopté une loi de programmation 2011-2015, dotée d’un budget de 8,11 milliards de FCFA. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette loi, 98 véhicules, 88 motos, une vedette, des matériels militaires et équipements informatiques ont été acquis. Il a été construit 39 murs de clôture, 37 bureaux et 32 logements.

 

Le Gouvernement a recruté 1.246 agents du cadre des Eaux et Forêts et 163 auxiliaires.

 

Outre, la loi de programmation, d’importants documents stratégiques ont été adoptés pour améliorer le pilotage du secteur. Il s’agit notamment du Cadre Stratégique National sur la Gestion Durable des Terres (CSN-GDT) et de la loi portant interdiction de la production, importation, commercialisation, utilisation et stockage des sachets et emballages en plastique souple à basse densité.

 

De plus, d’autres documents stratégiques ont été élaborés. Il s’agit du Plan d’actions de forêts urbaines et périurbaines, du Plan Forestier National pour la période 2012-2021, de la Stratégie Agroforesterie, de la Politique Nationale sur le Changement Climatique (PNCC) et le Plan Cadre Décennal sur les Modes de Consommation et de Production Durables (PCD/MCPD).

 

Dans le même sens, la réserve Naturelle Nationale de Termit Tin Touma a été créée. Le Niger a ainsi rempli ses engagements internationaux en matière du pourcentage du territoire consacré à la conservation de la biodiversité, qui passe de 6,6% à 14,29%. Ce qui lui a valu le témoignage officiel du Secrétaire Exécutif de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification lors de sa mission au Niger du 21 au 25 février 2013 et aussi l’admission du Niger au Programme Millenium Challenge Corporation (MCC).

 

Dans le cadre de la gestion de l’environnement pour un développement durable, il a été enregistré la délivrance de 81 certificats de conformité environnementale, le suivi de 45 Plans de Gestion Environnementale et Sociale, la réalisation de 4 inventaires de girafes du Niger et la réhabilitation de la chambre froide du Centre National de Semences Forestières (CNSF).

 

A l’issue de toutes ces réalisations, un certain nombre d’effets induits ont été observés à savoir, la réduction de l’exode rural et la sécurisation des travaux champêtres à travers l’augmentation des revenus occasionnés par les AGR, le développement des compétences locales, l’amélioration de l’état nutritionnel des populations, l’amélioration de la biodiversité et l’augmentation du potentiel agro-sylvo-pastoral.

Programme Kandadji

 

L’objectif global de ce programme est d’accroître l’accès à l’eau pour la population, le développement agricole, la production d’énergie hydroélectrique dans la partie nigérienne du bassin du Niger et la contribution à la réduction de la variabilité saisonnière du débit du fleuve Niger de Kandadji jusqu’aux frontières béninoise et nigériane.

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Le Programme Kandadji est structuré autour de 3 composantes : énergétique, agricole et socio-économique.

 

La composante énergétique correspond à la construction du barrage et de ses ouvrages annexes. Après son lancement, le processus a dû être interrompu le 18 juillet 2013 pour insuffisance de résultats. En effet, après 3 ans d’activité, l’entreprise adjudicatrice n’a pu atteindre qu’un niveau d’exécution de 6%.

 

Suite à cette rupture de contrat, une table ronde a été initiée par le Gouvernement afin de mobiliser des ressources complémentaires pour la réalisation de l’ouvrage. Les bailleurs de fonds ayant pris part à cette table ronde se sont engagés à combler intégralement le gap occasionné par la résiliation du contrat et le besoin de financement complémentaire pour l’ensemble du programme, estimés à 511.467.027.000 FCFA.

 

La maîtrise d'œuvre des travaux de génie civil et équipements hydromécaniques et hydroélectriques du barrage est entièrement financée par la BID pour un montant de 8.410.849.489 FCFA. Le délai d’exécution est de 48 mois et une liste de 7 entreprises pré-qualifiées a été établie et soumise aux partenaires pour avis de non objection. Les consultations seront lancées au mois de mars 2016.

 

La ligne de transport de transport d’énergie, Kandadji-Niamey et poste de Niamey prévue dans le cadre de ce barrage, est co-financée par le FSD, l’OFID, la BADEA et la BID. L’avant-projet détaillé (APD) et le dossier d’appel d’offres (DAO) sont disponibles.

 

Les travaux préalables à la réalisation du barrage sont entièrement financés par le budget national pour un coût total de 7.020.606.815 FCFA. Ces travaux sont à un taux d’exécution de 98% pour la construction d’une cité de 40 villas, un bâtiment administratif R+1, une salle de réunion, un restaurant, un pont provisoire sur le fleuve afin de faciliter le mouvement des engins lors des grands travaux. Ils sont complètement achevés pour ce qui est de la protection des batardeaux et l’entretien des pistes d’accès existantes aux zones des travaux.

 

La composante agricole est axée sur la promotion de la culture irriguée, la pêche et la gestion de l’environnement.

 

Dans le cadre de l’irrigation, un périmètre d’urgence de 2.000 ha a été mis en valeur à l’aval immédiat du barrage dont 500 ha réceptionnés définitivement le 12 juin 2015 et les 1.500 ha de façon provisoire. Dans ce cadre, 2 magasins d’une valeur de 116 millions de FCFA HT sont mis à la disposition des coopératives rizicoles.

 

Ces périmètres irrigués sont destinés à compenser les ménages expropriés en terre agricole dans le cadre des travaux du barrage, et sont financés par l’Etat et la BOAD. En effet, 40% de ces terres (soit 800 ha) ont déjà été exploitées pendant 2 campagnes successives avec un rendement moyen de 5,34 t/Ha.

 

Enfin, des études sont en cours pour la mise en valeur de 8.000 ha, dont 1.500 seront consacrés au développement de l’agrobusiness.

 

Relativement à la pêche, 5 mares sont empoissonnées dans le cadre des interventions du programme Kandadji à savoir celle de Gaîgorou, Mari, Onsolo, Tida et Teguey. Quant aux pêcheurs, ils ont bénéficié d’une formation et ont été équipés avec du matériel de pêche composé de 48 pirogues et accessoires de pêche.

 

Dans le cadre de la protection de l’environnement, les travaux de protection des berges de koris de Garé-Baïbatane, de Doulsou et de Yassane Gorou ont été financés par la BAD pour un délai de 7 mois. Les travaux sont au stade d’élaboration des plans d’exécution.

 

De même, les travaux de protection des berges des koris de Gabou et de Famalé financés par la BOAD sont en instance de démarrage après l’examen des avis d’appel d’offres.

 

En outre, dans le cadre des travaux de CES/DRS, fixation des dunes et mise en défens, 1.100 ha ont été traités avec l’appui de la BOAD et du PAM. A cet effet, des contrats de travaux communautaires ont été signés avec les communes d’Ayorou, de Gorouol et de Bibiyorgou. Les travaux portent sur la mise en défens de 400 ha, la fixation de 400 ha de dunes, la récupération de terre de 1.400 ha, la réalisation de 240 ha de bois collectifs et le traitement biologique de 5 koris et 180 ha de brise vent.

 

Les populations locales ont réalisé près de 9.000 demi-lunes et planté des gommiers, jujubiers et autres arbres fruitiers dans les glacis de « Moulkous », situés au nord du village de Gabou.

 

Dans le cadre de la reforestation, 100 ha de plantations ont été réalisés à Gabou et Famalé et l’ONG adjudicatrice assurera l’entretien pendant un an.

 

La composante socio-économique du programme s’intéresse tout particulièrement à la résolution des problèmes sociaux occasionnés par le déplacement des populations issues des villages environnants des zones de travaux. Il s’agit des travaux de génie civil pour le déplacement des populations dans les sites de recasement, l’indemnisation de la population suite aux différentes pertes subies, l’accès de la population locale à l’eau potable, l’éducation et la santé.

 

Le processus de déplacement de la première vague d’habitants se trouvant dans la zone des travaux de génie civil a démarré en 2012. Les 774 ménages déplacés ont été indemnisés pour la reconstruction de leurs habitations pour un montant de 3.502.373.442 FCFA. Les travaux de construction des habitations sont exécutés à hauteur de 98% à la date du 30 novembre 2015.

 

Les compensations pour pertes de productions concernent 1.562 exploitants. Le cumul décaissé sur fonds propres de l’Etat est de 2.840.518.418 FCFA sur un total de 3.291.129.516, soit un taux de décaissement de 86,30%.

Les compensations payées pour perte de production aux pêcheurs sont estimées à 72.177.500 FCFA et entièrement décaissées.

 

S’agissant des déplacements et réinstallations des populations, environ 350 ménages sont réinstallés sur les nouveaux sites. Le coût global injecté dans la réinstallation de la première vague est de 30.120.066.699 de FCFA, dont 15.716.276.859 FCFA par l’Etat du Niger, 1.329.278.205 par la BAD, 12.877.621.635 FCFA par la BOAD et 196.890.000 FCFA par la BM.

 

Un programme de désenclavement des villages de la rive droite de la retenue du barrage de Kandadji est en cours. Des études sont conduites par le cabinet TECHNI-CONSULT pour la réalisation de la déviation de la RN1W entre GABOU et YASSANE, la construction de deux ponts sur le Gorouol et l’aménagement d’une centaine de kilomètres de pistes en terres en rive droite. Les rapports provisoires d’avant-projet détaillés (APD) ainsi que les DAO sont disponibles.

 

Pour améliorer les conditions de vie des populations dans les sites de réinstallation, des travaux sont en cours de réalisation pour leur alimentation en eau potable avec un taux d’exécution de 99%. Dans le même ordre d’idée, 5 forages ont été réhabilités à Ayorou et la passation d’un marché a été effectuée pour la réalisation de mini AEP à Firgoune, Loga-Baïbatane, Koutougou et Yassane sur financement de la Banque Mondiale.

 

Pour la fourniture en énergie électrique, un contrat a été signé avec la NIGELEC.

 

En plus de la fourniture d’eau et d’électricité, plusieurs infrastructures ont été réalisées à savoir 3 écoles de 21 classes, 1 CSI de type 2, 2 cases de santé, 1 mini AEP multi-villages, 4 mosquées de vendredi, dont une réhabilitée, 11 mosquées de quartier, 2 centres des jeunes, 4 magasins de stockage et 2 aires de jeu.

 

Par ailleurs, 5,225 Km de voirie et 6,763 km de canalisation pour le drainage des eaux de pluies ont été construits par le Génie Militaire avec un taux d’exécution de l’ordre de 90% et 434 latrines individuelles ont été construites.

 

Une étude pour l’élaboration du schéma directeur de développement intégré de la vallée du fleuve Niger est en cours.

 

D’autres études non moins importantes sont également finalisées ou en cours de réalisation. Ces études portent sur la construction de 4.000 ha d’aménagement en amont du barrage, le montage d’un pôle de croissance fondé sur l’agriculture irriguée en aval du barrage, les travaux de réhabilitation des périmètres de Namari Goungou, Toula, Bonféba et Diomana dans le Département de Tillabéry, la réhabilitation de 1.500 Ha, l’analyse Genre de la zone d’intervention du Programme et un sondage sur les comportements- attitudes des populations de la zone cible.

Par ailleurs, 20 microprojets ont été approuvés par le Comité Départemental d’Approbation (CDAP) et 17 projets sont financés pour la réalisation des activités génératrices de revenus (AGR) en faveur de 49 groupements, totalisant 1.191 membres dont 928 femmes de la première vague.

 

Au plan communal, sur 77 dossiers de micro-projets des plans d’investissement annuel, 41 ont été approuvés par le HCAVN. Ces micro-projets concernent la construction de classes, de cases de santé, de CSI, de mairies, d’appuis aux sites maraîchers, d’équipements d’allègement des tâches, des AGR (embouche, petit commerce et vache laitière, etc.).

 

Par rapport à l’appui au secteur pastoral, le Programme Kandadji a bénéficié d’un financement de l’Agence Française de développement (AFD) pour la sécurisation des systèmes pastoraux des 9 communes impactées et les villages d’Inatès et Anzourou. Le HCAVN signera un protocole de partenariat avec le Ministère de l’Elevage pour la mise en œuvre des activités de la convention.

 

Dans le cadre de l’amélioration de la santé de la population, une convention est signée avec la Direction régionale de la santé de Tillabéry pour la formation des agents de santé et le suivi des impacts sanitaires et nutritionnels des populations et une autre avec le groupement d’ONG ADL/Doubani pour des actions de sensibilisation pour l’amélioration de la santé des populations.

 

De plus, des médicaments pour femmes enceintes, des équipements des services sanitaires (instruments de chirurgie, mobiliers et dispositifs médicaux), une ambulance au profit du CSI de Kandadji, 10.000 moustiquaires ont été acquis.

 

Enfin, un musée sera créé pour conserver les monuments historiques du site. Les études du musée sont terminées et sanctionnées par des rapports depuis 2011. La non détermination de l’emplacement exact du musée par le consultant retarde la production des documents d’APD et DAO y relatifs. Une convention a été signée en 2010 avec l’IRSH et une autre avec le Ministère de la culture.

 

Gestion des crises alimentaire et nutritionnelle

 Les principales interventions dans ce domaine sont la reconstitution du stock national de sécurité alimentaire, les opérations de ventes de céréales à prix modérés, de distributions gratuites ciblées, de food et cash for work et de cash transfert.

Le stock national de sécurité alimentaire a été reconstitué à hauteur de 33.379 tonnes en 2015. Son niveau est passé de 22.284,4 tonnes en 2011 à 174.317 tonnes en 2012, suite aux importantes interventions du Gouvernement en vue d’atténuer les effets du déficit céréalier de 2011. Par la suite, la réduction des menaces alimentaires a permis de le réduire à 80.239 tonnes en 2013 et à 46.564 tonnes en 2014.

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Les opérations de ventes de céréales à prix modérés (VCPM) ont porté sur 372.000 tonnes, pour un coût de 111.600.300.000 FCFA.

Les distributions gratuites ciblées (DGC) ont porté sur 282.804 tonnes de céréales pour un coût global de 84.841.098.900 FCFA et ont touché la population en insécurité alimentaire sévère, les personnes victimes des inondations, les réfugiés et les personnes déplacées dues aux crises et conflits armés dans la sous-région (Mali, Nigeria, République Centrafricaine).

En plus, 84.528 tonnes de vivres ont été distribuées sous forme de Food For Work (FFW) pour un coût de 57.390.955.459 FCFA.

Tableau N°22 : répartition des ventes à prix modérés, distributions gratuites ciblées et food for work par région

  Source   : DNGPCCA

Source : DNGPCCA

De plus, des opérations de cash (cash for work et cash transfert) d’un montant de 103 milliards de FCFA ont été réalisées au profit des zones vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Il faut ajouter un montant global de 6.108.235.000 FCFA de cash transfert effectué par le PAM et certaines ONG durant la période de juin à septembre 2015. D’autres opérations de lutte contre la malnutrition ont touché les enfants de bas âge, les femmes enceintes et les femmes allaitantes (blanket feeding) d’une quantité de 39.518 tonnes pour un coût de 27.554.991.147 FCFA.

Tableau N°23 : répartition des cash for work/cash transfert et blanket feeding par région

   Source    : DNGPCCA

Source : DNGPCCA

Pour mieux coordonner la prévention et la gestion des crises alimentaires, un dispositif national, doté d’un Secrétariat Permanent, a été mis en place. Il comprend la CCA, le SAP, la CFS et la CCH, avec un secrétariat permanent installé dans chaque région. Ce dispositif a été doté d’une stratégie d’information et de communication. De plus, une stratégie nationale de réduction des risques de catastrophes, un plan national et 8 plans régionaux de contingence multirisques et des cartes sur les zones à risques d’inondation, de sécheresse, de présence d’ennemis de cultures et de feux de brousse ont été élaborés.