Discours de SEM Issoufou Mahamadou, lors de l’ouverture Officielle de la Table Ronde de Mobilisation des Ressources du Projet Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD)

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Excellences Messieurs Les Chefs D’État Et De Gouvernements ;

Excellences Mesdames Les Premières Dames ;

Monsieur Le Président De L’assemblée Nationale ;

Monsieur Le Premier Ministre ;

Monsieur Le Président De La Commission De La CEDEAO ;

Madame La Directrice Exécutive Du Fonds Des Nations Unies Pour La Population ;

Mesdames Et Messieurs Les Ministres,

Honorables Députés ;

Mesdames Et Messieurs Les Partenaires Au Développement Et Représentants Du Secteur Prive Et De La Société Civile ;

Honorables Invites ;

MESDAMES ET MESSIEURS ;

 

Le Niger est heureux de vous accueillir aujourd’hui à Niamey, à l’occasion de la table ronde sur la  mobilisation des ressources au profit de l’autonomisation des filles et des femmes, dans le cadre du projet « Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel, SWEED.

Le SWEDD est une vision commune que le Niger partage avec six autres pays sur les enjeux et défis du développement de notre continent, notamment ceux relatifs à l’accélération d’une transition démographique porteuse d’une plus grande autonomisation des femmes et d’un  développement du capital humain, qui sont, comme vous le savez, des leviers irremplaçables d’accélération de la croissance économique et d’augmentation du bien-être des populations africaines, en particulier dans la région du Sahel.

Je voudrais à cet égard me réjouir du partenariat ambitieux qui existe entre les  pays concernés et les partenaires au développement, notamment la Banque Mondiale, les Nations Unies et l’Union Africaine, visant à respecter les engagements pris en Novembre 2013, ici même à Niamey, pour atteindre l’objectif principal du SWEDD qui est « l’accélération de la transition démographique en vue de créer les conditions d’un Dividende Démographique à travers le renforcement de l’autonomisation des femmes » dans la région du Sahel. Cette vision, qui est la nôtre, est en phase avec l’Agenda 2063 et les objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 des Nations Unies. En effet l’autonomisation des femmes et des jeunes est une des sept aspirations de l’agenda 2063 de l’Union Africaine.

Je suis heureux de relever ici l’engagement personnel de mes frères, Patrice TALON, Président de la République du Bénin, Christian Roch KABORE, Président du Burkina Faso, Alassane OUATTARA Président de la République de Côte d’Ivoire, Ibrahima Boubacar KEITA Président de la République du Mali, Mohamed Ould ABDEL AZIZ Président de la République Islamique de Mauritanie, Idriss Deby ITNO Président de la République du Tchad, qui sont si résolus à faire avancer l’émergence de notre Continent, à travers cette initiative régionale qu’est le projet SWEDD.

Je tiens également à saluer l’action des Premières Dames de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, qui œuvrent chaque jour pour l’amélioration des conditions de vie des femmes, des jeunes et des adolescents dans nos pays. Le soutien qu’elles apportent à la mise en œuvre de la campagne de communication pour le changement social et de comportement reproductif dans le cadre du projet SWEDD est très précieux, en ce qu’il permet d’entrevoir un avenir meilleur pour les populations de nos pays, en particulier notre jeunesse.

Par ailleurs l’année 2019 marquant les 50 ans de son existence, je saisis l’occasion de notre présente rencontre pour souhaiter de vive voix un joyeux anniversaire au Fonds des Nations Unies pour la Population.

Mesdames et Messieurs,

La structure démographique de nos pays, avec une forte proportion de jeunes, ne doit plus être perçue comme un handicap mais une chance si nous savons l’exploiter. L’ambition du SWEED est de transformer cet actif démographique en dividende économique. Pour ce faire, il faut accélérer la transition démographique, réduire les inégalités de genre, soigner, éduquer et former notre jeunesse tout en lui offrant des emplois.

A cet effet, le SWEED met l’accent sur une communication pour le changement social et le comportement dans le Sahel, sur le scolarisation et l’autonomisation des femmes et des filles, sur le renforcement de la santé de la reproduction ainsi que l’amélioration des capacités des leaders locaux à tous les niveaux.

La mise en place des programmes de formation, de requalification et d’insertion des jeunes en vue de la capture du dividende démographique est comparable à une chaîne de solidarité. C’est pourquoi nous avons intégré le dividende démographique dans nos plans nationaux de développement. Nous avons l’engagement des leaders religieux, des chefs traditionnels, de la société civile dans son ensemble, des médias, et surtout l’engagement d’une jeunesse de plus en plus informée, mature et citoyenne.

Le Niger est convaincu que l’atteinte du Dividende démographique par nos pays résultera de la mise en place d’un ensemble cohérent de réformes structurelles de grande envergure et d’investissements dans un cadre macroéconomique stable et planifié. Une des conditions de notre décollage économique est la réduction des taux de dépendance et donc l’accroissement du nombre de nos actifs par habitant, de nos capacités d’investissement et d’autonomisation des femmes et des filles.

Le secteur privé, avec son savoir-faire, permettra de compléter cette chaîne et d’offrir à l’Afrique toute entière une alternative crédible et viable de financement de son développement et ce, conformément à l’Agenda 2063 et aux objectifs de développement durable.

Par ailleurs l’accélération de la transition démographique exige l’élimination des mariages d’enfants, des grossesses précoces et des grossesses à risques, notamment rapprochées, tardives et très nombreuses, qui sont largement responsables de la persistance de taux de mortalité maternelle et infantile toujours trop élevés malgré les progrès réalisés. La scolarité de la jeune fille au moins jusqu’à l’âge de 16 ans et la santé de la reproduction sont les deux instruments essentiels de la transition démographique.

Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,

Le projet SWEDD a été développé pour répondre aux défis que je viens de décrire. Depuis son lancement à Niamey en novembre 2015, sa mise en œuvre a enregistré des progrès remarquables grâce à la conjugaison des efforts entre nos Etats et les Partenaires, à travers plusieurs initiatives dont notamment :

- L’engagement des Premières Dames, des réseaux de jeunes, des leaders traditionnels et religieux, des journalistes, des parlementaires, des juristes, des communicateurs traditionnels et des artistes de renom ;

- L’engagement du secteur privé avec la tenue d’un forum de partenariat public-privé en décembre 2018 ;

- La création des Espaces Sûrs et des Clubs de Maris et futurs Maris pour donner une seconde chance aux filles déscolarisées et non scolarisées ;

- La création de trois centres d’excellence pour le Master en Sciences Infirmières et Obstétricales à Abidjan et Bamako ;

- La mise en place d’observatoires nationaux du dividende démographique, pour ne citer que ceux-là.

Ces résultats encourageants confortent la pertinence de cette table ronde dont le thème est Investir dans l’autonomisation des femmes et le capital humain en tant que stratégie de développement pour la croissance. Nos travaux rentrent également dans la droite ligne des recommandations des pays de l’Union Africaine issues de la revue de la Déclaration d’Addis-Abeba sur la Population et le Développement (AADPD), qui ont qualifié le projet SWEDD d’exemple de partenariat régional, qui mérite d’être soutenu, renforcé et porté à l’échelle du Continent.

C’est pourquoi, dans la perspective de la consolidation et de l’extension des acquis de cet important instrument, nous tenons à réaffirmer notre engagement à accroître les investissements au profit de l’autonomisation des femmes et des filles, afin de permettre à un plus grand nombre d’entre elles de réaliser leur plein potentiel.

Je voudrais ici, rassurer nos partenaires, ainsi que les organisations de la société civile et le secteur privé, que nous veillerons à créer un environnement national propice aux investissements. Nous renforcerons chaque jour la confiance des investisseurs à travers une communication fluide et transparente, la sécurisation des personnes et des biens, la mise en place de mesures d’incitation fiscale et surtout l’instauration de la bonne gouvernance à travers notamment la poursuite des réformes dans secteurs de la justice, de la douane, des impôts, des droits de l’homme, de  l’équité et de l’égalité de genre.

Mesdames et Messieurs

Notre continent vit un moment décisif de son histoire avec le lancement, demain de la zone de libre-échange continentale africaine. Ce projet constitue un tout cohérent avec les autres plans et programmes  de l’agenda 2063 de l’union africaine notamment le plan de développement des infrastructures en Afrique, le plan de développement industriel de l’Afrique, le plan de développement agricole de l’Afrique. L’agenda 2063 est en réalité une mise à l’échelle du continent des plans que nos gouvernements exécutent au niveau national. Dans la même démarche, le partenariat entre les 7 pays concernés par le projet SWEDD, mérite d’être porté à l’échelle du continent. Cela contribuera à la réalisation de la vision de l’Afrique que nous voulons : « une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée et gérée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale. »

Je vous remercie

NIAMEY, LE 6 JUIN 2019

Moctar Ahameyed